‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870Chapitre 14 sur 174 · I. Luc, II · texte numérisé non relu

I. Luc, II

VU Jésus, puisque je puis le contempler sans cesse. Ne pas redescendre de ces hauteurs sacrées , Adieu au monde, à ses biens, à ses vanités! Nunc dimittîs... Ah! si je pouvais le dire en toute vérité ! Si le jour de cette mort mystique que Notre-Seigneur attend de moi depuis si longtemps, était enfin venu ! Pourquoi pas encore? C'est que je ne suis pas assez rempli de la crainte de Dieu, timoratus^ comme Siméon ; pas assez plein du Saint-Esprit, comme lui; que je n'ai pas assez pieusement, comme Siméon, contemplé Jésus le seul salutaire. Que mes regards, que mon cœur purifiés, circoncis restent donc à jamais fixés en lui, nunc dimittis ! Que je reste après la retraite dans ce nunc dimittis. Comme il va bien après le transeamus ! La révélation est là, revelationem gentium : la gloire de Dieu est là.

II. — Signum cui contradicetiir. — Ne plus contredire Jésus. Que je suis malheureux d'avoir si souvent contredit Jésus ! Mais comment est-il signe de contradiction ?

Le signe annoncé par l'ange, c'est un enfant dans une crèche, c'est-à-dire l'humilité, la pauvreté, la souffrance. Les agneaux et les colombes ne contredisent pas : ils comprennent,

ils bénissent. Mais les orgueilleux se révoltent, se scandalisent : signum cui contradicetur. Que je sois dans mes rapports avec Jésus comme les colombes et les agneaux.

Mais alors, moi aussi je serai signum cui contradicetur!... Il le faut bien, puisque je suis son prêtre, que je porte son nom, que je remplis sa mission. Il le faut, surtout si je veux imiter son humilité, sa pauvreté, sa circoncision de cœur... Ne pas m'en étonner, ne pas m'en scandaliser. Le serviteur n'est pas plus grand que le maître ; c'est la condition ordinaire de la vérité et de la vertu.

Vienne donc la contradiction ! Mais de quelque part qu'elle vienne, Jésus, préparez, fortifiez mon cœur, gardez mon cœur uni au vôtre. Pour qu'un cœur soit le signe de contradiction du prophète, il faut que ce soit un Cœur de Jésus.

LA CHANANEENNE*.

I. A quoi bon prier? — Voyez la Chananéenne ; mère affligée , elle implore , et Jésus

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