Un peu au-dessus
rent, le prêtre immole la sainte victime ; le prêtre a la même fin que Jésus-Christ, il est identifié avec lui ; donc en un sens il est plus que l'ange.
Quelle fin ! qu'elle est noble, grande, digne de Dieu, supérieure à tout ce qu'on peut même rêver! que nous devons l'aimer!
Comme je l'oublie cependant! Comme je vis souvent sans but ! pour les créatures^ pour moimême! Comme je m'abaisse par là! folie !...
Que je me ranime dans la pensée de ma fin, dans l'estime, dans l'amour de ma fin. Que toutes mes intentions soient dirigées là ; que ce soit mon intention unique, le but de tout mon dévouement, oA. oM. D. G. Que je me dise dès le matin : ad qiiid? Pourquoi cette journée, cette oraison, cette messe, ces sacrifices inévitables, cette prédication, ces confessions ?... q4. m. D. g. Donc que je vive en effet Q/î, M. D. G.
2° Mais comment atteindre cette fin^ Paulo minus ab angelis? — Voyons les anges, quel empressement, quel amour en servant le Seigneur! Quel dégagement des créatures et d'eux-mêmes ! Quelle indifférence! oAbsquedifferentia, tout leur est égal, pourvu qu'ils fassent
i8o RETRAITE DE 1868.
la volonté de Dieu et procurent la gloire de Dieu.
Oui, mais ils n'ont pas un corps..., un corps pour qui les créatures ont des attraits ou des répugnances. Les créatures sont un obstacle à ma iin, encore plus que le corps lui-même. Quelle tentation d'y mettre ma iin, ou d'en être moi-même la fin!
Mais par la volonté de Dieu, les créatures et mon corps même ne sont point obstacles, mais moyens. Et, en effet, tout serait moyen, si l'usage ou le non-usage était bien réglé, si je savais au besoin m'abstenir, garder le mode et la mesure, tantiim quantum, suivre en tout la volonté de Dieu connue, ne choisir, quand je suis libre, que ce qui se rapporte à la gloire de Dieu, c'est-à-dire pour tout cela être indifférent entre les créatures, absque differentia, d'une indifférence de volonté, de jugement, au point de ne pencher que du côté où est la gloire de Dieu. — Où en suis-je pour la pratique?
Que je suis loin des anges, loin de Jésus- Christ qui a tant fait pour m'élever jusqu'à Lui! Nécessité pressante de remédier à ce désordre. N'ai-je pas reculé depuis 25 ans? Ouest mon ancienne ardeur? Comment, moins
PREPARATION A LA MORT. î8i
d'élan en moi ! moins de confiance dans les secours qui m'environnent ! déceptions ! . . . découragement ! Le démon est là ; le repousser.
Aussi bien la mort s'avance... avertissements sinistres...
Je fais encore trop pour ne pas faire davantage, pour ne pas tout faire; ce que j'ai pu autrefois, si je veux, je le puis encore...
Noblesse oblige! Prêtre, religieux, supérieur, chargé de ministères délicats, avec une réputation de prétendue générosité ; chargé du salut, de la perfection de tant d'âmes qui dépendent de moi; obligé de réparer pour elles, pour moi, pour tant de grâces et d'années perdues ; si redevable à la bonté de Jésus qui m'a préservé de chutes plus graves, qui me donne encore cette retraite, qui m'encourage,... que de motifs n'ai-je pas>
Mais que faire donc pour remédier à ce désordre? — Dominer comme les anges les influences du corps et des créatures, par le dégagement, l'indifférence ; me faire indifférent. Et comment? — Estime toujours présente de la fin dernière : Non possum descendere^ ;