‹ Journal de VoyageChapitre 122 sur 294 · À trés bon compte · texte numérisé non relu

À trés bon compte

sulemant il y a de la fumée où est l'eau, mais le rochier mesme fume par toutes ses crevasses et jouintures, et rand chaleur partout, en maniere qu'ils en ont percé aucuns endroits, où un home se peut coucher, et de cete exhalation se rechauffer et mettre en sueur : ce qui se faict soubdeinemant. Il mit de cet’ eau en la bouche, apres qu'elle fut fort reposée pour perdre sa chaleur excessive : il leur trouva le goust plus salé qu'autre chose.

Plus à mein droite‘, nous decouvrions l’abbaie de Praie, qui est fort fameuse pour sa beauté, richesse et courtoisie à recevoir et treter les etrangiers?. Il n’y voulut pas aler, faisant état que toute cette contrée, et notamment Venise, il avoit à la revoir à loisir, et n'estimoit rien cete visite ; et ce qui la lui avoit fait entreprandre, c’estoit la faim extreme de voir cete ville. Jl disoit qu'il n'eut sçeu arrester ny à Rome, ny ailleurs en Italie en repos, sans avoir reconnu Venise, et pour cet effaict s'étoit detourné de chemin. Il a laissé à Padoue, sur cet'esperance, à un maistre François Bourges, François, les œuvres du Cardinal Cusan, qu'il avoit acheté à Venise.

De Abano, nous passames à un lieu nommé S. Pietro, bas, et avions toujours les montaignes à notre main droite, fort voisines. C’est un pais de preries et pascages qui est de memes tout en fumée en divers

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