‹ Journal de VoyageChapitre 93 sur 294 · Lançant une balle de la grosseur d'un gros œuf d'oic · texte numérisé non relu

Lançant une balle de la grosseur d'un gros œuf d'oic

col. et leur faict tirer non pas si souvant, mais quasi aussi grans coups que de fonte!.

Nous vismes en son chasteau aus champs, deus beufs d'une grandeur inusitée, tout gris, à la teste blanche, que M. de Ferrare lui a donné; car ledit Duc de Ferrarc a espousé une de ses seurs, celui de Florance l'autre, celui de Mantoue une autre*. ll en avoit trois à Hala, qu'on nomoit /es /roisReïnes ; car aus filles de l'Empereur on done ces titres là, come on en appelle d’autres Contesses ou Duchesses, à cause de leurs terres; et leur donne-t-on le surnom des Royaumes que jouit l'Empereur. Des trois, les deus sont mortes; la troisicsme y est encore, que M. de Montaigne ne sceut voir”. Elle est renfermée come religieuse, et a là recucilly et estably les Jesuistes.

Ils tiennent là que ledit Archiduc ne peut pas laisser ses biens à ses enfans, et qu'ils retournent aus successeurs de l'Empire; mais ils ne nous sceurent faire entandre la cause, et ce qu'ils disent de sa fame, d’autant qu'elle n'étoit point de lignée convenable, puis qu'il l'espousa', et chacun tient qu'elle étoit legitime, et les enfans, il n'y a pas d'apparance. Tant y a qu'il faict grand amas d'escus, pour avoir de quoy leur donner.

Le mardy nous partismesau matin et reprimes notre chemein, traversant cete pleine, et suivant le santier des montaignes. À une lieue du logis montames une petite montaigne d'une heure de hauteur, par un chemin aysé. À mein gauche, nous avions la veue de plusieurs

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