‹ Journal de zoologieChapitre 100 sur 130 · GROUPE · texte numérisé non relu

GROUPE

PAR

H. O. €. IHJLBm (i).

Près de la base de Téocène, dans la région des Montagnes- RocheuseSy se rencontrent les restes d'un groupe de Mammifères bien défini, auquel l'auteur du présent Mémoire a ap* pliqué la dénomination de Goryphodontidés (2). Ces animaux offrent un intérêt tout particulier, non-seulement au point de ?ue de leur structure et de leurs affinités, mais encore et surtout parce qu'ils sont les plus anciens des Mammifères tertiaires et qu'ils marquent un horizon géologique distinct dans cette contrée ainsi qu'en Europe.

On ne connaît jusqu'ici qu'un seul genre de cette famille, celui des Coryphodon, établi en 1846, par M. Owen {% sur un fragment de mâchoire inférieure trouvé dans le London- Clay d'Angleterre. D'autres exemplaires ont été découverts

(1) jémeriean Jowrnaî of Science and Arte^ t. XIY, p. 81 ; 1877.

(2) /h4i., UXI,p.4S8;1876.

(3) Brii. fou. Mamm. and Birde^ p. 299.

GORTPHODONTIDÂS. S81

ensuite en France par Hébert (1), mais ils n'ont pas fourni de nouyeaux caractères.

L'identification des ossements découverts en Amérique avec le genre Goryphodon d'Owen et la détermination d'un horizon défini, commun aux deux contrées et contenant les Mammifères terrestres les plus anciens, ont été, de la part de l'auteur, l'objet du Mémoire qu'il a publié en 1876.

Le musée du Taie Collège contient une collection nombreuse d'ossements provenant de l'Utah, du Wyoming, ainsi que du Nouveau-Mexique, qui fournissent des caractères importants.

Parmi ces pièces figurent des portions du squelette appartenant à des animaux que M. Gope a décrits sous le nom de Bathmodon et de Loxophodon, dénominations qui sont synonymes du Coryphodon^ car les restes sur lesquels ces distinctions sont basées, appartiennent, en effet, à ce genre.

Une des espèces, les mieux représentées dans la collection, est le Corypiiodon hamatus, Marsh, qui a fourni un certain nombre de caractères que nous allons examiner.

Le crâne des Goryphodons, par l'ensemble de ses particularités les plus importantes, est du type Périssodactyle. Il est allongé et la portion faciale en est la région la plus caractéristique. La ligne qui s'étend de la mâchoire inférieure, le long du palais, jusqu'au trou grand rond, est presque droite. Les arcades zygomatiques sont élai^es, mais Tos molaire est comparativement grêle et il s'unit avec le maxillaire en avant de l'orbite.

Les maxillaires sont épais et, sur les côtés, ainsi qu'en arrière des canines, les dents y sont généralement fortes. Le lacrymal forme le bord antérieur de l'orbite et son canal est situé en dedans du bord orbitaire. Les os du nez sont grêles en avant et larges postérieurement. Les prémaxillaires sont élar-

(1) jinn.te. nat.f 1856.

gies transversalement et TouTerture des narines est laj^e. Les condyles occipitaux sont bien séparés et il existe des trous condyloidienSi Entre le basisphénoïde et le périotique, se voit une large ouverture. Il y a une apophyse paroccipitale et une apophyse post^lénoïdienne.

La formule dentaire du Coryphodon est la suivante :

s t. 7 e, T prém» ^ m. = 44.

La cavité cérébrale du Coryphodon est-peut être la partie la plus intéressante car elle indique qae le cerveau était d'un type très-inférieur.

Il était très-petit comme chez les Bfammifères de Tépoque éocène, mais son caractère le plus remarquable réside dans le petit volume de ses hémisphères et dans l'élargissement de son cervelet.

Les lobes olfactifs étaient grands et situés tout à fait en avant des hémisphères. Us étaient limités antérieurement par une plaque cribriforme bien ossifiée et en partie divisée par une cloison osseuse verticale. Les lobes cérébraux étaient de forme ovale, très-petits, et dépassaient peu, comme diamètre, celui du canal médullaire. Gomme forme et volume relatif, les lobes olfactifs et les hémisphères de ce genre ressemblaient beaucoup à ceux du Dinoceras. Le cervelet était proportionnellement large et très-élargi transversalement. Cette partie du cerveau égalait presque les hémisphère^ et différait ainsi de ce qui a lieu chez tous les autres Mammifères connus. II existe une fosse pituitaire bien marquée, mais on ne voit pas d'apophyse clinoîde. Les trous pour la sortie des nerfs optiques sont petits, mais ceux des autres nerfs sont très-grands. Le cerveau, dans son ensemble était très-surbaissé et tel qu'on pouvait s'attendre à le rencontrer chez un Mammifère des dépôts éocènes les plus anciens. Ces caractères essentiels du cerveau du Coryphodon

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OBt été déterminés et puUiés par Fautetir (1) il y a déjà plus d*une année.

Les vertèbres du Goryphodon ressemblent, par leurs caractères les plus importants^ à celles du Dinocéras. Les cervicales sont proportionnellement plus grandes.

L'apophyse odontoide de Taxis est comparable à une courte cheville.

Les faces articulaires des . vertèbres cervicales et dorsales sont presque plates. Les vertèbres caudales indiquent que la queue était modérément longue.

Les membres du Goryphodon étaient comparativement courts. L'omoplate est pointue en dessus, comme chez le Dinocéras et rÉléphant. L'humérus ressemble à celui du Dinocéras, mais il est cependant moins massif que chez ce dernier. La crête deltoïdienne s'étend au delà du milieu du corps de l'os. L'extrémité distale de l'humérus est comprimée antéropostérieurement et le côté cubital de l'articulation est beaucoup plus proéminent que le radial ; caractère qui rapproche le Goryphodon du Rhinocéros et l'éloigné du Dinocéras. Le radius est plus petit, comparativement au péroné, que chez le Rhinocéros ; son extrémité inférieure est plus forte que celle du cubilus. Le fémur du Goryphodon est du type Périssodaclyle et présente un troisième trochanter distinct. Le tibia, dans sa position naturelle, n'est pas sur la même ligne que le fémur, comme cela se voit chez l'Éléphant et le Dinocéras, mais est légèrement incliné. Le péroné était entier et son extrémité distale s'articulait avec l'astragale et avec le calcanéum.

Les extrémités du Goryphodon ressemblent beaucoup à celles du Dinocéras. La main et le pied ont chacun cinq doigts courts. Les os du carpe sont plus petits que chez le Dinocé-

(1) Loto cit., U XI, p. 137.

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ras ; ceax de la rangée inférieure présentent des faces articulaires plus courbes que les os du métacarpe : caraclères qui indiquent une plus grande flexibilité dans les pieds. Les phalanges unguéales sont élargies latéralement pour supporter les sabots, au lieu d'être arrondies comme chez le Dinocéras.

L'astragale, et, à un moindre degré, le cuboïde ainsi que le naviculaire sont plus courts que les os correspondants du Dinocéras. L^articulation tibiale de l'astragale est moins convexe tandis que son articulation pour le péroné est plus large et couvre la partie extérieure tout entière du côté tibial de l'os. Les facettes naviculaire et cuboïdale sont plus distinctement séparées et forment entre elles un angle plus grand que chez le Dinocéras. Le calcanéum se rapproche du type Périssodactyle ordinaire, le corps de l'os étant beaucoup plus long que dans le Dinocéras; la surface tuberculeuse inférieure qui se remarque chez l'Éléphant et le Dinocéras, n'existe pas ici. Le cuboïde est d'une forme particulière ; il est sub-triangulaire. La face qui regarde le calcanéum est longue, oblique et atteint presque la facette destinée au cinquième métatarsien. Les articulations métatarsiennes sont dans un même plan et ne sont séparées que par une très-faible saillie. Le naviculaire ne s'articulait que très-faiblement et même ne s'articulait peut-être pas avec le cuboïde, mais il couvre la face antérieure de l'astragale et supportait complètement Tectocunéiforme. Ce dernier os n'est aucunement supporté par Tastragale, comme l'a afiSrmé H. Cope.

Les animaux du genre Coryphodon étaient, pour la plupart, de la taille du Tapir. Quelques-uns étaient cependant plus, petits et d'autres deux fois plus grands. Leur genre de vie était probablement le même. Un examen attentif des caractères de ces Pachydermes indique qu'ils forment une famille distincte d'Ongulés périssodactyles , celle des Coryphodonlidés. Le crâne est nettement du type Périssodactyle et le

CARACTàRES DES 0D0NT0BNITHE8. 385

squelette aiosi que les extrémités ne présentent pas de différences assez accentuées pour justifier rétablissement d'un ordre nouveau.

L'horizon géologique du Corypbodon est Yoi^ de la base de réocène, et doit être assimilé aux couches nommées Glarence*mng inférieur, Yermillon-Creekt série et groupe du Wasatch. Les localités connues sont situées dans TUtah, le Wyoming et le Nouveau-Mexique • Parmi les Mammifères qui s'y trouvent associés à lui, se rencontre YEohippus et un Porcin, VHelohyu», ce qui prouve clairement que nous devons chercher dans les dépôts crétacés pour trouver les ancêtres des Ongulés.

CARACTÈRES DES ODONTORNITHES

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