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COQUILLES CALCAIRES DES CETJFS

dans la formation dite formation de Gosau, du nom de la localité voisine de Neustadt, province de Vienne, où Ton en constate la présence, et l'on peut supposer qu'il se rencontre aussi auprès de Yilieveyrac (Hérault), certaines vertèbres que j'ai reçues de cet endroit, paraissant devoir lui être également attribuées. Saint-Chinian, dans le même département, etEspéraza, dansFAude, gisements qui dépendent aussi du système garumnien de M. Leymerie, m'ont également fourni des fossiles qui provenaient d'animaux de la même faune.

M. Matberon, a retiré, il y a déjà longtemps, des couches détritiques inférieures de Rognac, l'un des gisements garumoiens de la Provence qui a fourni des débris de l'Hypsélosaure , « deux segments de sphère ou d'ellipsoïde, à l'oc- « casion desquels plusieurs géologues ont, dit-il, souvent « exercé leur patience, » et il en parle en ces termes dans « son Mémoire : a Tout bien considéré, il paraîtrait que ce « sont des fragments d'œuf. Ces œufs étaient encore plus gros « que ceux du grand Oiseau que Geoffroy Saint-Hilaire a « nommé jEpyornis. ï> Cependant l'auteur n'ose pas se prononcer sur la véritable nature de ces fragments, et il se demande s'ils « représentent les vestiges de deux œufs d'un « Oiseau gigantesque, ou bien s'ils sont les restes de deux « œufs d'Hypsélosaure. »

Ayant eu l'automne dernier, l'occasion de voir ces coquilles d'œufs énigmaliques dans la riche collection réunie a Marseille par M. Matheron, j'ai eu l'idée de faire l'examen microscopique de leur structure, espérant arriver à résoudre par cet examen la question, restée jusqu'ici sans solution, de leur véritable origine, et j'ai prié mon savant ami de m'en fournir les moyens, ce à quoi il s'est prêté avec une bonne grâce dont je ne saurais trop le remercier. Pour arriver à des conclusions plus précises, j'ai fait préparer non-seulement des coupes de ces coquilles, mais aussi de coquilles d'œufs prove-

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nant de différents ordres de la classe des Oiseaux, ainsi que de coquilles également calcaires tirées d*œufs de la Tortue» de la Chélonée, du Crocodile et du Gecko.

On sait que la substance calcaire des coquilles d'œufs ne se dépose pas sous un état purement amorphe dans la gangue organique de ceux qui sont revêtus d'une coque endurcie. Elle ressemble sous ce rapport à celle qui consolide les coquilles des Mollusques et se montre au microscope sous la forme de cristaux diversement disposés, qui sont tantôt à Télat spathique, tantôt à Tétat d*arragonite, conservant dans Tunet dans Tautre cas les caractères optiques de ces deux variétés cristallines du carbonate. de chaux. De Bournon, Lejrdolt, G. Itose, Carpenter et beaucoup d'autres ont étudié les coquilles des Mollusques sous ce rapport ; celles des œufs des Oiseaux ont été l'objet de remarques spéciales de la part de MM. Des Cloizeaux (1), Landois, Blasius, etc., et M. Harling a montré, par ses recherches de morphologie synthétique (2)« comment on obtient artificiellement de semblables cristallisations.

C'est sur Texamcn de deux grandes espèces d'Oiseaux, appartenant à l'ordre des Brévipennes ou Coureurs, l'Autruche d'Afrique et le Casoar Émeu de l'Australie, que M. Des Cloizeaux s'est fondé pour assimiler la structure des coquilles des œufs provenant des Oiseaux aux coquilles formant le test des Mollusques, et c'est aussi aux œufs des Oiseaux du même groupe que je me suis d'abord adressé pour essayer de reconnaître à quelle classe d'animaux, Oiseaux ou Reptiles, avaient appartenu les fragments trouvés dans les couches inférieures du gisement de Rognac.

Les œufs des Oiseaux brévipennes ont en effet la coque épaisse et résistante, comme c'est aussi le cas pour ceux de l'animal resté indéterminé, qui ont été recueillis en Provence.

(1) Mamiel de Mméralogie, t. II, p. 95 ; 1874. (3) Iii-4 ; Amsterdam, 1873.

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Si ces derniers étaient un peu moins épais que chez TiEpyornis, ils avaient au moins l'épaisseur propre à ceux de l'Autruche et étaient par conséquent beaucoup plus épais que chez le Nandou, l'Emeu et le Dinornis, Oiseaux dont le dernier est^ comme Tifipyornis, un animal de genre éteint. Toutefois, ils ne proTiennent certainement pas d'une espèce du même groupe qu'eux, et, en efiEet, on n'y observe point les caractères spéciaux de structure qui sont propres aux œufs des Brévipennes, que je viens de mentionner. La surface extérieure des œofs fossiles à Rognac est fortement granuleuse, au lieu d'être plus ou moins lisse comme chez les Brévipennes, ou ondulée comme cela a parfois lieu chez l'iEpyornis. La coupe, suivant l'épaisseur, prend une apparence plus fibreuse, et, si Ton fait des lames parallèles à la surface, pour les soumettre au mi^ croseope, on ne voit pas dans les points qui répondent à la partie intermédiaire les figures triangulaires, si apparentes au même endroit dans la coquille des œufs des Brévipennes ; figures triangulaires qui, d'après les résultats que j'ai pu obtenir jusqu'à ce jour, sont exclusivement propres aux Oiseaux de cet ordre. Ces triangles ne forment pas toujours des figures bien régulières dans chaque sorte de coquille, et leur groupement, ainsi que leurs dimensions, ne sont pas les mêmes dans les dififérentes espèces. Ils semblent être dus à la seclion transversale de courtes pyramides, plus ou moins serrées les unes contre les autres, qui accompagneraient la portion striée intermédiaire à la couche externe ou vitrée, dont les éléments sont plus confus, et à la couche interne ou profonde qui se compose à son tour de plaquettes irrégulièrement polygonales, serrées les unes contre les autres de manière à constituer un pavage de petites dalles transparentes sur lesquelles se voit, sous la forme de rosaces plus ou moins confuses, une agglomération de petits cristaux en forme d'aiguilles.

9S PAVL GEBTAIS.

Ces plaquettes et leurs rosaces cristallines existent aussi audessous de la couche confuse extérieure, dans tous les œufs des autres Oiseaux que j'ai examinés jusqu'à ce jour, mais en présentant souvent pour chaque genre quelque particularité de détails, ce qui pourrait les faire employer à la reconnaissance des œufs eux-mêmes, surtout quand il s'agit de fragments fossiles, et peut-être aussi leur donner quelque valeur pour la classification. Cependant il ne faut pas se dissimuler que ces difiEërences sont le plus souvent si faibles, qu'il sera, dans bien des cas, difficile d'en tirer un parti sérieux ; aussi est-il habituellement plus aisé d'en donner des figures que de les décrire d'une manière comparative.

Comme l'Aptéryx^ si souvent classé avec les Brévipennes, ne leur ressemble cependant pas dans tous les points de son organisation, j'ai voulu savoir quels étaient les caractères microscopiques de son œuf, et je me suis assuré, au moyen d'un fragment qui m'en a été envoyé par H. Osbert Salvin, de Cambridge, que sous ce rapport il rentre dans la catégorie des œufs dépourvus des figures triangulaires distinctives de la coquille des Brévipennes. C'est là un fait qui mérite d'être signalé, parce qu'il vient à l'appui de l'opinion, récemment émise par M. Boucard, que le genre Aptéryx ne doit pas être associé aux Brévipennes véritables, mais regardé comme formant à lui seul un ordre.

Les plaquettes de la couche interne de l'œuf des oiseaux sont en contact les unes avec les autres par leurs bords ; chez la Tortue mauritanique, la Chélonée d'Agassiz et le Crocodile, elles sont moins serrées, laissant souvent des vides entre elles; chez ce dernier, les petits cristaux formant leurs rosaces sont plus nets et ils sont difiëremment disposés, suivant qu'il s'agit des deux premiers de ces animaux ou du troisième.

Je ne les retrouve pas dans l'œuf du Gecko, dont la coquille

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