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DOCUMENTS RELATIFS A LA FAUNE DU JAPON

M. P. Gervais, après avoir rappelé à l'Académie des sciences Tintérét anatomique offert par différents objets adressés précédemment au Muséum d'histoire naturelle par le gouyemement Japonais, à la recommandation de M. Janssen, annonce qu'un nouvel envoi, ayant la même origine et également dû à l'obligeante intervention de son confrère, vient de lui parvenir.

Cet envoi renferme un assez grand nombre d'Oiseaux et d'Insectes, catalogués par les soins du savant japonais Riokichi Yatabe, qui figureront avec avantage dans les collections de notre grand établissement national.

Il s'y trouve joint un crâne appartenant à celle des deux espèces d'Ours connues au Japon, qui ressemble si complètement à rOurs d'Europe (Ursus arctos], que les naturalistes l'ont désignée par le même nom.

Mais ce qui mérite plus particulièrement d'être signalé, ce sont des squelettes de Cétacés qui fourniront des renseignements exacts au sujet de trois des espèces de cet ordre de Mammifères que l'on pêche auprès du même pays.

La plus grande de ces espèces appartient au groupe des Rorquals ; c'est le Nagazu-Kuzira, dont un crâne avait déjà été envoyé à Paris, vers la fin de 1875 (l). Ce Balénide paraît être identique avec le Sibbaldius Schlegelii de M. Flower.

La seconde espèce répond au Physeter simus de M. Owen,

(t) Journal de Zoologie, t. VI, p. 1, pi i el ii.

FA1T9 pivsas. M7

si p^u diSéreiU du Physeter brwwpt de BlainviUe, qu'U est douteux que Ton doive l'en séparer. Ses caractères, qui s'éloignent à plusieurs égards de ceux des Cachalots proprement dits (genre Phys$Wr)f ont dû Fen faire séparer géoéri<quement ; c'est le type du genre Kogia, aussi appelé Euphysetes ; les Japonais nomment ce Cétacé UkirKuzira.

La troisième espèce n'avait pas non plus été signalée avec certitude par les naturalistes européens dans les mêmes eaux. Elle y reçoit des pécheurs la dénomination de KoUyKu-stra (1). Ses affinités avec les Grampus ne laissent aucun doute sur le genre auquel il faut l'attribuer ; elle est même très* semblable aux animaux de nos côtes, appartenant à ce genre dont on doit la description à Guvier, et que ce célèbre ana* tomiste a proposé d'appeler Delphifnm griseus et Delphinus Rûtoanuê.

À cette collection, qui prendra si utilement sa place dans les galeries d'anatomie comparée, est joint un ouvrage volumi* neux relatif à la pêche des Cétacés, particulièrement à celle de la Baleine dite de Siebold (Balcma Sieboldii ou B. japmica), et à celle du Mégaptère, espèce qui se distingue surtout des vrais Rorquals par la longueur de ses pectorales.

Cet ouvrage est accompagné d'un nombre considérable de planches, exécutées avec le soin et l'habileté que les Japonais savent apporter dans ces sortes de publications.

On y a ajouté une figure très-bien faite du Nagaco-Kuâra.

(4 juin 1877).

HTiENARCTOS DANS LE CRÂG DE SUFFOLK. ~ Des

débris, appartenant à ce genre éteint de Carnassiers, viennent

(1) P«il4tr« est-G» Id Samalt4da {Gram^m iomakaUu Gniy, ùUol, PrUUh Muym^p P- 301 ; 1866), précédemment sigmtlé par M. ^bûgel comme éum un Orque, sooe le nom de Dêlphinm orea.

238 FAITS DIYBRS.

d*étre signalés, par H* Fiower, dans les dépôts déjà si riches du crag rouge à Waldringfield. C'est là un nouveau et intéressant gisement à ajouter à ceux que Ton avait déjà observés en Europe (1) et aux monts Sivaliks, dans Tlnde.

(Société géologique de Londres; 1877.)

LE TELTPHONUS 6I6ÂNTEUS REGARDÉ COMME ÉTANT VENIMEUX. —M. H. C. Yarrow a envoyé, en 1875, à l'Affwrican Naturalist, un exemplaire de cette espèce d'Arachnide, que Von savait être comme tous ses congénères très-voraces, et il l'a accompagné d'une Note renfermant des détails intéressants au sujet de sa venimosité. Ces détails sont extraits d'une lettre de M. Lewis C. Kennan, de Santa-Fé, Nouveau-Mexique.

Ces renseignements ne laissent aucun doute sur la présence, chez cette espèce, d'un venin particulier. Fendant son séjour à Fort-Buchnam, sur les limites de la Sonora, M. Kennan vit, en effet, un jeune Indien qui fut piqué à la tempe par le Télyphone dont il s'agit et ne s'en remit jamais. Plusieurs Chevaux furent également piqués à la lèvre et ils éprouvèrent, assure-t-on, des désordres aussi graves que ceux qu'en tratne la morsure du Serpent à sonnette, ce qui pourrait bien être exagéré.

Les Télyphones sont d'ailleurs des animaux fort indolents et qui ne piquent qu'après y avoir, en quelque sorte, été forcés.

Le domestique de M. Kennan lui en apporta souvent dans ses mains et dans ses poches, et fut même soupçonné, par son maître, de les faire griller et de les manger comme Crabes terrestres, ce qui ne lui occasionnait aucun mal.

(1) Les gisements européens, où le genre Hyœnarctos nous était oonna» sont les suivants : Alcoî (Espagne), Monte-Bamboli (Italie) , Montpellier et Sansans (France).

La croyance dans la venimosité des Xylophones est générale au Mexique et M. Kennan ne la met pas en doute. [The ame^ TKan Naturalisif juin 1877.)

OULODON GRATI. — Nous venons de recevoir de M. le professeur von Haast, de Christchurch (Nouvelle-Zélande), pour le Muséum de Paris, le squelette d'un exemplaire, de sexe mâle, encore assez jeune, de cette curieuse espèce de Cétacés ziphioïdes. Les affinités de VOuIodon avec le Mesoplodon Sotcerbeme sont remarquables, mais il présente à la mâchoire supérieure, de chaque côté de la région moyenne, une série de petites dents; c'est ce qui a engagé M. v. flaast à le regarder comme constituant un genre à part (1). Nous en donnerons des figures dans une prochaine livraison de YOstéogror fkie des Cétacés.

Les deux premières cervicales de notre Oulodon sont seules soudées entre elles, mais M. v. Haast nous fait remarquer que, chez une vieille femelle dont il a conservé le squelette, les trois vertèbres antérieures de la même région sont dans ce cas. Un squelette, semblable à celui qui vient de nous parve* nir et appartenant également à un jeune sujet de sexe mâle, a été offert par M. v. Haast à M. Flower pour le musée huntérien (collège des chirurgiens).

(i) Proceed. zooL Soc. Landan^ 1876, p. 7.

SUR

LE PHYTOPTUS VITIS;

PAR

JH« d* TOKw9M<

Ce parasite (1), étudié pour la première fois scientifiquement par Malpighi, produit sur les feuilles de la vigne et d'autres plantes des protubérances, galles ou eéeidies (2), ordinairement arrondies, convexes en dessus, concaves en dessous, couvertes d'un duvet blanchâtre au printemps, puis d'un roux plus ou moins rouge. Ces taches, que Halpighi croyait produites par un liquide corrosif déposé par un Insecte, ont été étudiées par un grand nombre de naturalistes : Persoon, Pries, Réaumur, Unger, Schlechtendal, Fée, de Lacaze-Duthîers, Vallot, Pagenstecher, etc., etc., et, dans ces derniers temps, par Landois, Thomas, Sorauer.

(1) Cet Acarien désigné, par Léoo Dufour d'abord, à ce que nous croyons^ puis par Landois, sous le nom de Phytoptui i^î(m, n'est, à notre avis, que la larve du Phyiocopiei epidermi, Acare se reproduisant dès cet état lairaire, comme cela est commun chez ces espèces, par des œufs parthénogénésiqaeSi ce qui explique comment Tauteur n'a jamais trouvé de mâles caractérisés.

(D. J. Pelletan.)

(2) Le mot cœdâium a été proposé récemment par Thomas pour désigner les galles ou protubérances formées sur les plantes par les parasites animaux ou végétaux; on a ainsi des diptér<hcécidie$, acaro^cidies^ mycthcéàdieSy produites par des Céddozoidei ou des Cécidophytei [Giebel'ê ZeUsch, f, d, Geisamm, Natunoiss., v. 42, p. 517].

PHYTOPTUS VITI?. 2^1

Quelques-uns de ces auteurs les considèrent comme des champignons (Taphrina, Erineum, Phillerium) ; pour Falissot de BeauYois, c'était une Algue, pour Unger et autres une hypertrophie des cellules de la feuille ou des poils épidermiques. Des travaux plus récents, notamment ceux de Fée, de Landois, Sorauer, Thomas, ont prouvé que ces productions sont dues à un Âcarien qui, observé par Dujardin, en 1851, sur le tilleul et le noisetier, a été désigné par lui sous le nom de Phytoptus.

Ce parasite pique Tépiderme de la feuille pour en sucer la sève, et la plante, pour réparer la perte qu'elle éprouve de ce côté, produit un excès de sucs d'où résulte l'hypertrophie des cellules épidermiques. Celles-ci s'allongent au-dessus de la surface de la feuille, en forme de poils qui peuvent atteindre jusqu'à 0"",90 sur une feuille de 0""",02 d'épaisseur.

Ces poils, dont la forme est très- variable^ anguleux, contournés, sont unicellulaires (quoique Landois dise le contraire). Us contiennent un protoplasma granuleux, incolore ou légèrement jaunâtre quand il est jeune, d'un jaune plus ou moins brun quand il est âgé. A leur base, l'auteur a toujours trouvé un abondant dépôt d'amidon en fins granules et souvent, dans leur intérieur, quelques petits cristaux de tartrate de potasse, comme on en trouve presque toujours dans les cellules de la vigne. La chlorophylle n'y existe non plus qu'en très-petite quantité. Souvent l'amidon abonde dans les couches du parenchyme sous-épidermique, en raison du grand travail nutritif qui s'opère dans celie partie pour la formation des cellules piliformes. D'ailleurs, le tissu de la feuille est plus ou moins modifié dans toute son épaisseur, sous la tache, par l'afflux des sucs nourriciers et l'épaississement consécutif des parois cellulaires; l'inégalité du travail formateur dans les différentes couches peut expliquer l'incurvation de la feuille dans la partie affectée.

Journal de Zûolooib. ^ T. VI. IS*/?. 10

212 G. BRIOSI.

QuaDt à ranimai qui appartient au genre Phytoptu$ de Dujardin, c'est le Ph. mtis de Landois. Il est invisible h Tœil nu ; son corps est allongé, flexible, presque cylindrique, ef&lé à ses deux extrémités qui se recourbent un peu vers le ventre. En avant, il a deux paires de pattes qui, étendues, dépassent la télé sensiblement; il est marqué de sillons transversaux depuis rinsertion des pattes postérieures jusque auprès de Tanus. Le céphalothorax est uni , séparé de Tabdomen par une petite dépression, mais la tête se confond avec le thorax et se termine en un cône abaissé vers la région sternale.

Le rostre est creusé d'un sillon qui aboutit à l'œsophage. Quand on examine l'animal par sa face ventrale, on voit que ce sillon s'étend longitudinalement et forme une fente eu triangle très-allongé qui se termine, à sa partie postérieure, sur une lèvre triangulaire. Cette bouche peut se fermer par le rapprochement de ses bords latéraux que recouvre la lèvre inférieure en s'allongeant ; elle forme ainsi un tube ou suçoir. Cette cavité parait contenir deux très-fines mandibules lamelleuses, ou plutôt deux stylets terminés en pointe et qui sont quelquefois placés l'un sur l'autre, de manière à ne représenter qu'un point unique. L'animal peut les retracter et les allonger jusqu'à l'orifice antérieur de la bouche, et peut-être même en dehors. C'est à leur aide qu'il pique les feuilles dont il suce le liquide avec la partie céphalique de la bouche transformée en tube.

La longueur de la région thoracique, depuis le point où commencent les sillons transversaux jusqu'à l'extrémité de la tête, est de 26 ft 5 en moyenne, pour des individus mesurant 90 /EA de longueur ; mais le développement de la ligne dorsale incurvée du céphalothorax est, en moyenne, de 30 m- 6.

Le tégument de l'abdomen est marqué de sillons en forme d'anneaux jusque dans le voisinage de l'anus, oii ils cessent tout à coup. M. Briosi n'en a jamais compté plus de 70, ordi-

PHYT0PTU8 VITIS. tj^9

nairement de 60 à 66, à des intervalles de 1 ^« 1 à fi, 7, sur des individus complètement développés. Sorauer a compté, de 50 à 60 anneaux sur le Phyloptui piri, et Landois dit en avoir trouvé de ISO à 130 sur le Phytoptw vilû mesurant chacun 1 fi 3, ce qui est évidemment une erreur, caria somme de tous ces anneaux donnerait une longueur plus grande que celle de tout le corps, puisque, d'après Landois lui-même, la longueur des plus grands sujets (femelles) est de 130 fi sur un diamètre de 35 fc. Avec un fort grossissement, on reconnaît que ces anneaux sont déterminés par des rangées de corpuscules saillants, comme Sorauer la observé sur le Ph. piri.

L'ouverture anale est placée k l'extrémité du corps, au milieu d'une sorte de disque un peu excavé. Sur le corps, on peut compter six paires de poils : deux paires pour la région dorsale, l'une sur le premier, l'autre sur le dernier anneau ; quatre paires pour la région ventrale, la première entre le neuTième et douzième anneau (en comptant à partir du céphalothorax), la seconde entre le vingtième et le vingtdeuxième anneau, la troisième vers le trente-huitième, et la quatrième invariablement sur le cinquième avant-dernier. Les poils de la première paire dorsale sont généralement dressés, divergents, tournés en arrière ; ceux de la dernière paire ven* traie, presque parallèles à l'axe du corps, plus fins et plus courts que tous les autres, sont dirigés vers l'anus. Celte disposition s'accorde avec celle que Sorauer a trouvée sur le Ph. piri.

Les pattes, incolores et presque transparentes, semblent composées de six articles : le premier inséré sur le thorax, correspondant à la hanche des Insectes, porte toujours un poil assez long ; le deuxième, qui est le plus long et le plus robuste, montre deux dilatations annulaires sur le côté de lune desquelles est un autre poil. Puis, viennent trois articles plus courts dont le second porto un troisième poil dirigé en avant,

iih G. BR108I.

assez long pour atteindre l'extrémité du cinquième article. Celui-ci se termine par un style muni d'appendices latéraux, comme une plume, auprès duquel est un petit cylindre courbé en avant et en dessous, un peu plus long que le style barbelé ou épine qu'il semble couvrir et protéger. Ce cylindre, qui forme le tarse ou sixième article, mesure en moyenne 6 /i.c, 6 de longueur et 0 m, 85 de diamètre. La longueur des pattes a été trouvée de 25 f^, sur un diamètre de 2 /^, 25 & la hanche, pour des individus longs de 90 fc Ces membres sont comprimés latéralement.

L'animal se meut avec vitesse, malgré la disposition peu avantageuse de ses pattes dont les deux paires sont très-rapprochées de la télé, tandis que par derrière traîne un abdomen trois fois et demie plus long que le céphalothorax. Il fait ordinairement mouvoir deux pattes à la fois, la droite antérieure avec la gauche postérieure et vice-versa. Quelquefois, lorsqu'il est fatigué, il marche à la manière des Sangsues en se fixant successivement par la tête et par le disque anal qui paraît fonctionner comme une ventouse. Dans la marche, il porte le poids du corps sur le petit cylindre du tarse qui semble articulé et capable de mouvement vertical ; le style plumeui est articulé aussi et peut se mouvoir latéralement. Les pattes et la partie postérieure du corps doivent être munies de muscles relativement très-forts pour que l'animal puisse avoir des mouvements aussi rapides.

Au-dessous de la ligne d'insertion de la seconde paire de pattes, après le deuxième ou le troisième anneau, sont placés les organes génitaux, i l'extérieur, ces organes n'apparaissent que sous la forme d'une sorte de valve, d'écusson ou d'opercule fixé au tégument par en haut, hbre et arrondi par en bas. Celle valve, tantôt ouverte, tantôt fermée, recouvre les organes génitaux proprement dits et les cache à l'œil de Tobservaleur. Une seule fois, sur des milliers d'observations, Tau-

PHÏTOPTUS VITIS. 245

teur a aperçu, au-dessous, une fente entourée d'un fort anneau musculaire et qui, sans doute, représente la vulve. Quant aux organes mâles, ils sont inconnus; dans les deux sexes, les apparences extérieures sont les mêmes. Cependant, il semble qae les mâles soient plus petits^ car sur des individus trauvés à l'état de copulation, il y en a toujours un plus petit que Vautre. Néanmoins, des œufs ont été vus dans des sujets de petite taille, et le seul caractère certain du sexe mâle est, jusqu'à présent, l'absence des œufs dans les organes génitaux.

Scheuten d'abord, puis Sorauer, ont trouvé dans le Phytoptm piri deux formes distinctes, Tune cylindrique correspondant à celle que nous venons de décrire, l'autre beaucoup plus large et gonflée, qu'ils ont supposée représenter le mâle et la femelle. Sur la vigne, MM. Briosi et Landois, à ce qu'il semble, n'ont trouvé que la forme cylindrique.

Une fois seulement, M. Briosi a pu reconnaître l'œsophage, comme un tube à paroi mince qui descend en s'élargissant vers la région dorsale, derrière les organes génitaux qui occupent la place correspondant à l'estomac. L'intestin n'est pas visible dans cette région ; quelquefois seulement on le retrouve dans le voisinage de l'anus.

Dans la région abdominale, on trouve des corps arrondis de diverses grosseurs, des œufs à diflérents états de développement, renfermés dans un ovaire en forme de tube qui commence à la valve génitale et s'étend vers l'anus, le long de la paroi ventrale, en avant de l'intestin. Cet ovaire à sa partie antérieure, où sont les œu£s les plus développés, parait remplir presque toute la cavité abdominale.

Les œufs, au moment de la ponte, sont couverts d'une substance glutineuse à l'aide de laquelle ils adhèrent aux poils de la plante. Ils ont une forme allongée et paraissent d'abord homogènes, pleins d'une matière finement granuleuse. Ils grossissent bientôt, et l'on y dislingue une ligne centrale, puis la

2k6 G. BIUOSI.

forme arrondie de l'embryon. Enfin» avant la rupture de la membrane vitelline, on peut reconnaître Tanîmal entier enroulé sur lui-même, avec les contours de la tête bien distincts, ainsi que les anneaux de Tabdomen. Au moment de réclosion, TÂcare n'a encore aucun poil.

Les plus petits individus mesurés par M. Briosi avaient 45 /n ; ils portaient déjà les poils dorsaux postérieurs qui paraissent se former les premiers et les petits cylindres des tarses. Les plus grands mesuraient 151 fc, 3.

Landois a dit que les individus complètement développés possèdent, en outre, deux paires de pattes rudimentaires ; il ajoute qu'avant d'être propres à la reproduction ils éprouvent quatre mues : la première, au sortir de Tœuf, leur donne les appendices des tarses ; la seconde ne fait qu*augmenter leur taille, mais les deux dernières leur donnent chacune une paire de pattes rudimentaires, ce qui porte le nombre total des paires à quatre comme chez tous les Acariens. M. Briosi n'a jamais pu reconnaître les deux paires de pattes rudinaentaires représentées d'après Landois, par de petits appendices terminés par un poil ; il pense que cette apparence est due à la valve génitale plus ou moins soulevée pour préparer la ponte, et que les poils ne sont pas portés sur des appendices, mais appartiennent à la marge de la valve. Ainsi ces Acares constitueraient bien un genre spécial à deux paires de pattes au lieu de quatre.

Ces Arachnides semblent posséder une extrême résistance vitale. Sorauer et Landois les ont vus pondre après avoir séjourné 20 et 24 heures dans la glycérine, d'où ce dernier auteur conclut que leur respiration ne peut être ni pulmonaire, ni trachéenne, ni même cutanée, mais anale.

On les trouve en toute saison sur la vigne. En automne, ils se cachent sous les écailles des bourgeons d'hiver et peut-être dans les racines oîi Moritz les a trouvés, en janvier et février.

PHYTOPTUS VITIS. 2fc7

et OÙ ils peuvent causer des dégâts semblables à ceux du Phylloxéra vastatrix. M. Briosî en a trouvé, en janvier, engourdis mais vivants, 72 sous les écailles d'un seul bourgeon, 112 dans un autre, 200 dans un troisième, 212 dans un quatrième, et il pense ne pas les avoir comptés tous. Thomas a fait des observations analogues sur les Pirus communis, Prunu$ dotnestica^ Sorbus aucuparia, Tilia grandiflora, Alnus glulinosas Acer camr peslre, etc., etc., et Sorauer en a trouvé vivants dans des bûui^eons d'arbres qui avaient récemment subi un froid de - 22%5 c.

Au printemps ils reprennent leur activité et commencent & pondre sur les feuilles pendant que les bourgeons s'épanouissent. Immédiatement ils y recherchent leur nourriture, ainsi que les jeunes à peine éclos. Aussi, les feuilles, dès leur apparition, portent déjà des galles sous forme de taches à à peine saillantes, d'une couleur peu différente de celle du parenchyme, mais que l'on reconnaît bien en interposant la feuille entre le soleil et l'œil.

Le tort que peut causer le Phytoptus à la vigne a été peutêtre exagéré par Landois qui le compare aux effets de YOidium Tuekeri. En Italie, au moins, où il existe depuis longtemps, il y a peu d'exemples de grands ravages.

Quant au remède, celui qu'a indiqué Landois et qui consiste à brûler à l'automne les feuilles mortes qui portent les galles, est insuffisant puisque les parasites se sont retirés sur la plante. La taille, et la taille très-courte sur les ceps qui ont été le plus attaqués à l'automne précédent, puis l'incinération des sarments coupés, détruisent un grand nombre d'individus retirés dans les bourgeons. Quant aux bourgeons qu'on n'a pu retrancher, on les nettoie en enlevant les jeunes feuilles les plus tachées et les incinérant. Il faut procéder à cette opération en marchant contre le soleil, ce qui permet de distinguer facilement les taches par transparence « Celte pratique

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répétée doit en peu d*année8, combinée avec la taille courte, débarrasser les vignobles de cet incommode yisitear ( 1).

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