LAMBERT
IV. Les caractères morphologiques des dents caractérisent donc nettement les trois grands groupes humains.
En premier lieu» les éyidences se réunissent pour séparer plus profondément la race noire des races jaune et blanche ; ces deux dernières ont incontestablement plus de ressemblance réciproque sous ce rapport qu'elles n'en ont avec la race noire. Ainsi, si les incisives varient peu dans les trois groupes, les canines ont dans la race noire un volume et une longueur plus considérable (le volume mesurant 9 à 11 millimètres et la longueur de la couronne 14 à 15 et même 16 millimètres] que dans les autres groupes.
La cuspide interne de la première prémolaire inférieure est peu marquée, tandis que l'externe est très-saillante dans la race noire; de plus, la seconde de ces dents est plus volumineuse de 1/â à 1 millimètre que la première.
Ces dents sont, au contraire» sensiblement les mêmes dans les races blanche et jaune.
Mais le rameau malais semble combler l'intervalle qui existe entre la race jaune et la race noire, en établissant une transition entre elles non-seulement par le volume des dents, mais aussi par le nombre des cuspides qui surmontent la couronne des grosses molaires inférieures, cuspides qui sont au nombre de cinq sur la troisième seulement chez un certain nombre, sur la première et la troisième chez d'autres et enGn sur les trois dents pour la plupart des crânes.
La gradation ascendante de la première à la troisième y est aussi sensiblement plus marquée que dans les autres familles appartenant à la race jaune.
Les races natives américaines présentent des caractères dentaires tellement identiques à ceux qu'on observe dans certaines familles de la race noire, que j'ai cru devoir les placer dans cette race.
C'est surtout par les grosses molaires que les grands groupes
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de l'espèce humaine se caractérisent aa point de Tue du sys* lème dentaire, en présentant de l'un à l'autre de ces groupes des difiërences très-notables.
Nous y suivons, en effet, une gradation dont les deux ex* trémes sont la race blanche (rameau européen] et la race noire (Australiens, Néo-Calédoniens et Tasmaniens).
£n effet, dans la race blanche, la première grosse molaire inférieure est la plus forte, la deuxième présentant de 1/2 à 1 millimètre de moins que la première, et la troisième une décroissance de volume analogue relativement à la deuxième.
L'inverse a généralement lieu et souvent encore dans des proportions plus marquées chez la race noire où il existe une progression croissante de la première à la troisième.
En second lieu, le nombre des cuspides qui surmontent la couronne de ces dents est de quatre en général dans la race blanche, et lorsqu'il en existe une cinquième, c'est sur la première qu'on la trouve, tandis que dans la race noire il existe cinq cuspides sur la troisième et souvent aussi sur la première ou la seconde ou sur les trois dents simultanément.
Enfin, aux grosses molaires supérieures, le diamètre antéro* postérieur est plus petit que le bilatéral dans la race blanche ; ces deux diamètres sont généralement égaux, au contraire^ dans la race noire, et le volume de ces dents se rapproche du volume moyen de leurs homologues inférieures dans cette dernière race, tandis qu'elles sont moins volumineuses que ces dernières dans la race blanche.
Y. — Les races humaines varient également entre elles par la direction des dents. En effet, elles sont droites dans la race blanche où il n'existe pas de prognathisme dans la plupart des familles, tandis qu'il est très-léger dans quelquesunes; il est plus prononcé dans la race jaune et surtout dans la race noire où il est généralement très-accentué et où les dents affectent une direction très-oblique d'arrière en avant.
Journal dx Zoolog». — T. VL 4877. 17
858 MBSSIN6.
YI. — Les caries dentaires sont moins fréquentes dans les races inférieures que dans la race blanche.