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maître du logis ; il n’a bien remercié et a dévoré ce grossier aliment; il y avait dans sa chambre, sur de la paille pourrie, quelques blessés attendant le passage d’une voiture pour les transporter plus loin.
Nous avons encore trouvé à Neumarkt le général Walther avec deux forts détachements de grenadiers à cheval de Ja garde : cette ville est excessivement misérable. Entre Neumarkt et Lôbau, nous avons rencontré plus de cinquante chariots de blessés, à chacun desquels étaient attelés deux chevaux du train d’artillerie de la garde ; ce convoi allait à Neumarkt et les chevaux ne devaient pas aller plus loin. C’est le général Lariboisière qui a pris cette bonne mesure pour évacuer les blessés qui encombraient les maisonsde Lôbau, où il est cantonné avec l'artillerie de la garde ; mais comment ces malheureux seront-ils traités à Neumarkt? J’y ai vite envoyé deux chirurgiens. Demain, le même général fera partir de la même manière tout ce qui restera de blessés et de malades dans son quartier général, qui en sera bientôt rempli de nouveau, si tous les jours on ne fait marcher vingt-cinq ou trente voitures.
Nous sommes logés chez le gros juif où restent nos chirurgiens. Le pauvre Boyer, chirurgien-major, que j'y ai laissé malade, il y a six jours, a été en danger : je Pai trouvé très souffrant, ayant beaucoup de fièvre, crachant avec efforts et se plaignant de douleurs au côté gauche; la langue était humide, mais d’un rouge mêlé d’une teinte jauvâtre à sa pointe et sur les bords. M. Thérin, chirurgien-major de l'artillerie de la garde, jeune homme charmant, plein d’attention, de douceur et d’amabilité, lui a donné des soins assidus : il n’a pu lui appliquer un vésicatoire, à cause du trop de chaleur et d'irritation; il lui a fait faire un looch avec un peu d’oxymel scillitique et de kermès et l’a tenu à l’usage d’une tisane béchique. M. Thérin a beaucoup aidé le chirurgien Beauquet dans les nombreux pansements dont il a été accablé. C’est le seul chi-