‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 237 sur 293 · INSIGNES DES GRADES MILITAIRES · texte numérisé non relu

INSIGNES DES GRADES MILITAIRES

« Celle distinction, que leur vie habituelle au bivouac et au milieu des militaires leur rend nécessaire, serait le partage exclusif de la chirurgie d’élite, ou de bataille; elle deviendrait pour les autres chirurgiens qui, la plupart à pied, "composent les autres ambulances, un grand sujet d'émulation et serait un moyen de plus pour empêcher la décadence d’un état tout militaire qui, plus qu'aucun autre, a besoin d’être soutenu et epcouragé par Votre Majesté. »

M. le maréchal Duroc se chargera de cette lettre : je l’en ai prié avec instance, en lui envoyant la note numérative de blessés susceptibles de la gralification de l'Empereur.

La journée à été très froide aujourd’hui: je n’ai dans mon logement ni feu, ni cheminée, ni brasero; je loge chez de très pauvres gens.

J'ai écrit à Sa Majesté le roi de Bavière.

9. — Le temps est superbe. À deux heures a commencé la distribution des gratifications; elle a duré jusquà quatre; M. le maréchal, qui est arrivé à la fin, m'a assuré que Sa Majesté avait lu ma lettre. Puisse-t-elle y faire droit ! Si j’obtenais ce que j'y ai demandé, il se ferait aussitôt une révolution des plus salutaires dans la chirurgie. J'ai vu beaucoup de blessures et de blessés. Un pauvre jeune homme de vingt ans a le trismus; on l’abandonne; personne ne passe dans les salles : quelle pitié |

J'ai fait donner six napoléons à un chirurgien appelé Niesten et autant à un autre nommé Brotit, qui ont été prisonniers à San Fernando et qui y ont essuyé une cruelle maladie : M. le maréchal s’est prêté à cet acte de bienfaisance avec une bonté toute particulière.

10. — Le prince major-général, de qui la chirurgie militaire ne reçut jamais la moindre marque de bienveillance, vient de me répondre qu’il n’était pas possible de m'accorder ce que j'avais demandé; qu’il faudrait qu'un

décret de Sa Majesté déclaràt officiers les chirurgiens de la chirurgie d'élite, ce qui ne pouvait avoir lieu; que l’'Empereur nous avait donné assez de preuves de son estime par les décorations qu’il nous avait accordées, etc. C’est encore une affaire manquée. :

I est difficile d’avoir un plus beau temps. Notre service va bien doucement à lhôpital, où il n’y a point d'infirmiers; les pauvres blessés ,crient, gémissent, et nous crions et gémissons avec eux. Jai vu le général Maison : la balle a passé sous laponévrose plantaire du pied droit; il n’y a point d’accidents. Je lui ai passé un grain d'émé: tique dans une bouteille d’eau de poulet, ce qui lui a procuré douze selles; il avait eu de la fièvre et beaucoup d’agitation ; le voilà bien tranquille à présent. I serait à désirer que tous nos blessés pussent être doucement purgés; leurs blessures n’en iraient que mieux; mais il n’y a personne pour leur donner le bassin, ni pour vider les chaises.

11. — Journée à jamais mémorable pour moi, à cause de ce qu'elle m’a valu. M. le général Savary m'a fait cadeau de quelques belles armures et j’ai trouvé quelques pièces pour mon cabinet. Le temps est ou superbe. Tout va manquer dans notre hôpital; il n’y a Pas eu de vin aujourd’hui.

12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19. — Tous ces jours-ci le thermomètre est descendu pendant la nuit à quatre ou cinq degrés au-dessous de zéro et monté pendant le jour jusqu’à sept ou huit degrés au-dessus. Point de pluie, ni même de brouillard : le temps a élé sec et il y a eu beaucoup de poussière.

- J'ai eu connaissance aujourd’hui 19 de l'arrêté de Sa Majesté portant création d’un bataillon de soldats d’ambulance et injonction aux colonels des régiments d'envoyer

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