‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 71 sur 293 · KUSTRIN · texte numérisé non relu

KUSTRIN

partager avec sept officiers d'infanterie et six chasseurs de la garde, qui s’y introduisirent par la croisée.

25. — Le 25, à huit heures, nos chevaux de relais, que j'avais envoyés l’avant-veille à MuncheSerg, croyant pouvoir faire la route de Kustrin en un jour, nous conduisirent en huit heures à cette place forte par des chemins affreux, sables et marais. La veille, il avait fait assez beau. Le lendemain, il plut, et c'était un spectacle désolant de voir nos gens trempés, tenant leurs souliers à la main et marchant pieds nus dans les marais tourbeux qu’à peine nous pouvions traverser avec nos chevaux. Quel triste pays!

La vue de Kustrin est imposante. L’Oder est superbe : devant cette place, ce fleuve a quatre fois la largeur du Rhin. Les fortifications sont bonnes; le corps de la place est bien bâli; il consiste en quelques centaines de maisons et on y compte trois mille habitants. Les édifices publics sont beaux. On y a {trouvé d’immenses magasins. L'hôpital est sur la place; il nous a satisfaits par sa propreté et sa bonne tenue. J'ai voulu savoir si réellement il n’y avait point eu de chirurgiens dans le commencement. Il s’y en est trouvé le 17 ; j’en avais envoyé une division et une sousdivision le 3 et le 9 novembre, et c’est la faute du commissaire et du directeur si le 14, jour de l’ouverture de Phôpital, ils n’y ont pas été appelés, car on ne pouvait pas ignorer leur présence, puisqu'ils faisaient chaque jour signer leurs bons. Quoi qu'il en soit, on a eu ses raisons pour crier ; chacun s’en est mêlé; il n’y a pas eu jusqu’au prince Marat qui n’ait écrit à Sa Majesté qu’il n’y avait pas d'officiers de santé à Kustrin, et tout ce bruit ne signifiait rien, à moins qu'envieux de l'accueil gracieux et favorable que nous avions reçu de l'Empereur quelques jours auparavant on ait voulu en contre-balancer l'effet par des plaintes quelconques, ce qui ne peut être attribué au

prince, mais à quelques instigateurs subalternes. Certain commandant, grand homme dans les petites affaires, a crié aussi. J’ai fait une scène à Phôpital au directeur, à ses ayants cause; j'ai menacé, j'ai donné un démenti aux aboyeurs et prouvé pour ma part qu’il y avait des chirurgiens; que MM. Waghette, Wadrot, Lévêque, Kubhn y étaient avant le 17; on s’est tu et on a frémi quand on m'a vu rédiger un rapport pour Sa Majesté. J'ai profité de cet événement pour prier M. l’intendant général de nous appeler et faire appeler chirurgiens, et non officiers de santé, dénomination vague et générique dans laquelle nous répugnons à être enveloppés et qui d’ailleurs cause des méprises fâcheuses pour nous. Il n’y avait, le 23, à l’hôpital de Kustrin ni médecin, ni RH meoLR voils les officiers de santé avec lesquels on a confondu les nôtres, qui étaient à leur poste. |

26. — Sa Majesté, qui paraissait si tranquille à Berlin, en est partie la nuit du 24 au 25. Nous fûmes bien surpris à Munchebers d'apprendre le 25 au matin qu’elle venait d'y passer : elle arriva à Kustrin le même jour à midi et nous à quatre heures; elle visita les fortifications et ce matin (26) à deux heures, par un temps terrible, elle est

partie pour Posen. C’est aussi là qu’il faut que j'aille : heu- » reux si je ne vais pas plus loin! Je n’ai pu retourner à

Berlin pour mes équipages; M. Coste est parti à midi pour y retourner et y rester; il m’enverra tous mes chevaux, fourgon et collaborateurs.

Aujourd’hui 26, il a plu tout le jour et toute Ja nuit; la constitution estaustrale. Beaucoup de fluxions, de catarrhes, de diarrhées. Le soldat est excédé de fatigue, mal nourri, mal hébergé ; il marche la nuit, est toujours mouillé. 4

Je pars demain avec M. Maugras pour Landsberg et M ensuite pour Driesen, à moitié chemin de Posen, où j'arri- w verai le 29 ou le 30. Mes équipages n’y seront que le «

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