‹ Journal des savants (volume 3)Chapitre 107 sur 151 · CHARLES DIEHL · texte numérisé non relu

CHARLES DIEHL

basiliennes, : ‘on verra qu'elles atteignent à l'ouest la région du Cilento au nord celle de Melfi et du Vulture, tandis qu'à l'est elles se rencontrent jusque vers Bari et Trani. Je n'ignore pas que beaucoup de ces fondations sont postérieures à l byzantine, encore qu'il y en ait du x" et du x" siècle bien plus que ne le croit M. Gay. Mais si les pays où elles se rencontrent étaient, au xn° siècle sous la domination normande, au x’ siècle encore sous la domination angevine, si fort attachés à la et au rite grecs, n'est-ce point la preuve évidente de la profonde orientale qu'ils avaient reçue à l'époque byzantine, et n'avonsnous pas, dès lors, le droit et l'obligation de tenir compte des données que nous fournissent ces monuments? Je crains que, pour ne l'avoir int fait, M. Gay n'ait volontairement diminué l'importance de l'œuvre Rue en Jtalie,

IV. Ce qui est certain du moins, c'est que, malgré les défections des vassaux lombards, malgré les révoltes passagères des villes apuliennes, malgré la grande insurrection que Mélo souleva au commencement du xr' sièele, malgré la chute enfin de la domination grecque. l'administration impériale fut en somme bien accueillie par les sujets italiens, et que l'œuvre qu'elle accomplit ne fut point stérile. En échange de la prospérité que leur apporta le gouvernement des basileis, prospérité qu'attestent amplement l'accroissement de la population , la création de villes nouvelles, l'importance commerciale et la richesse croissante des grandes cités apuliennes, les populations indigènes témoignèrent en général à leurs maîtres orientaux, dans les crises les plus graves, ane incontestable fidélité: contre les entreprises des empereurs germaniques aussi bien que contre les attaques des condoitieri normands, elles firent preuve de plus souvent d'un parfait loyalisme, Et ce qui est frappant, cest que les Lombards d'Apulie se montrèrent en ces circonstances aussi attachés au régime impérial que les Grecs de Calabre, aussi ardents à résister à la conquête normande : ce qui prouve bien les avantages que des uns et les autres trouvaient à ce régime, en qui ils voyaient «la plus sûre garantie de leur indépendance ».

Cette irréductible fidélité des sujets à l'empire, le long souvenir que laissa dans ces régions la domination byzantine, les traces profondes dont elle marqua le pays, dans son droit comme dans sa langue, dans son art comme dans les formes de sa religion, ne sont point choses indifférentes pour qui veut connaître et comprendre l'empire bysantin. Elles prouvent de quoi, entre le 1x° et le xx siècle, cette monarchie était capable, quelle force d'expansion elle possédait encore, quelle puissance

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