HENRI 1V ET RICHELIEU
hardiesse, au point de vue supérieur qui doit dominer notre histoire et en régler l'économie ? Ge point de vue, c'est celui qui conduit à dégager et à établir la prépondérance des grandes phases de notre vie nationale, caractérisée tour à tour par l'expansion au dehors et par l'activité intérieure, par le développement économique. La lutte contre la maison d'Autriche, terminée par les traités qui nous en assurent les fruits, n'offre-telle pas autant d'unité que les guerres religieuses auxquelles les dix premières années du règne de Henri IV ont été légitimement rattachées ?
Les deux parties d'inégale étendue consacrées aux douze dernières et au règne entier de Louis XI présentent encoré plus d'analogies que de contrastes. Ceux-ci, toutefois, sont peut-être pes apparents que celles-la. Ils résultent moins des différences morales des deux personnages tiennent la première place que du caractère distinctif des deux pri rt auxquelles elles se rapportent. C'est sous les traits d'un pacificateur et d'un initiateur du travail national que nous sp , dans la seconde moitié de son règne, un prince qui avait passé la première, comme il s'en vantait lui-même, « à sauter par-dessus tant on murailles de villes; et ve qui occupe surtout l'historien de cetie. seconde moitié, cest de savoir comment le gouvernement, comment le pays s'y sont pris pour rétablir les fonctions indispensables de la vie sociale, pour exploiter des richesses naturelles, pour en.créer de nouvelles, pour fortilier, par le développement de la richesse privée, la puissance nationale. Avec Richelieu, ce n'est plus sur lui-même, c'est au dehors que:se porte l'effort du a sous ce prince de la sainte Église, c'est l'échiquier diplomatique et mili= taire qui réclame toute l'attention de J'historien. Si di t pourtant que soit, sous Henri IV et sous Richelieu, le domaine principal de Tactiité française, il y a, dans le gouvernement comme dans la politique extérieurs: de l'an et a l'autre, une telle suite, une telle conformité de vues qu'on a pu considérer le cardinal comme l'héritier du roi. Ge n'est pas seulement l'histoire qui a découvert après coup cette permanence d'esprit et de desseins ; Richelieu le premier s'en est prévalu, Pour établir we projets du cardinal contre la maison d'Autriche étaient-déjà ceux du rai, il suffira de rappeler que le second allait engager, à la veille desa mort, la guerre ouverte que le premier devait entreprendre vingt-cinq ans plus tard. I est vrai que les traités conclus par Henri IV avec: lUnion évangélique et le duc de Savoie ne justifient pas, par le concours qu'ils mettaient à sa disposition, les vues ambitieuses que lui prête Richelieu et
19 Discours du roi au parlement de Paris, 7 janvier 1599. . SAYANTS. 6o