INTRODUCTION. XIII
ce sieur Ogier, auteur de la censure du P. Garasse (1). » Mais il s'attira en même temps la colère du fougueux Jésuite. Son anonymat n'avait pas été bien gardé; il avait d'ailleurs dû le violer lui-même en signant de son nom : François Ogier, prieur commendataire de Chomeil, un acte judiciaire interdisant à un libraire de vendre son livre imprimé en fraude.
Garasse ne lui fit pas attendre longtemps sa réponse (2). « Ne vous ayant jamais connu, lui écrivait-il, que de la même façon qu'Achille connaissait Thersite, c'est-à-dire par les grimaces que vous me faisiez l'année passée assistant à mes prédications, je discourais ainsi sur le sujet qui vous avait piqué : ou M. Ogier est intéressé par mon livre de la Doctrine curieuse, ou il n'y a aucun intérêt; s'il y est intéressé, il se met en très mauvaise posture, car il se range au nombre des libertins; s'il n'a aucun intérêt en mon livre, je suis marri qu'il ait eu tant de temps à perdre. » Le prenant directement à partie, « car celui qui répond paie », il lançait contre lui les accusations
(1) Lettre du 28 avril 1624.
(2) Apologie, du P. F. Garasse. Paris, 1624, in-12.