‹ Journal du corsaire Jean Doublet de Honfleur [microforme]Chapitre 103 sur 113 · LL : di cs · texte numérisé non relu

LL : di cs

Relation de la prise d'un navire de guerre anglois garde coste d'Irlande de nouvelle fabrique par le sieur Doublet de Honfleur, capitaine du comte de Revel.

Le sieur Doublet, comandant le Comte de Revel, ayant trouvé à la mer le sieur Creton du Pignonvert, capitaine de l'Estoille, tous deux corsaires de Saint-Malo, firent société ensemble pour aller de compagnie croiser dans le Nord où ledit sieur Doublet est extrèmement pratitien et bon pilote.

Le 28e juillet dernier, estans par le travers de l'isle de Forre en Irlande, à 15 lieux de Londondery, l'Estoille fist signal à 4 heures du matin qu'il voyoit un bastiment soubz le vent. Ils arrivèrent tous deux dessus. Ce navire fist d’abord le fier se tenant soubz ses deux huniers à mi-mâts, mais voyant que ces deux navires approchaient il fist servir ses basses voiles ct hisser ses huniers tout hauts pour gaigner pays, mais le comte de Revel qui alloit mieux que luy arriva tout court par la pouppe et luy demanda en anglois d'où estoit le navire, à quoy il répondist de Londres et qu'il alloit au destroit. Ledit sieur Doublet fist arborer son pavillon blanc et tirer son canon et la mousquetcric. L’anglois en fist de mesme et couppa au dit sieur Doublet le poing de sa misaine et le bras et faux bras du vent du petit hunier Le sieur Doublet couppa à l'Anglois la drisse de son grand hunier qui faute d'avoir une fausse drisse vint à bas et embarrassa toute sa voilure; comme il ventoit assez frais le sieur Doublet dépassa bien viste l'Anglois. Il croyoit estre suivy par l'Estoille qui en donnant seulement quelque bordée de canon luy donneroit le temps de revirer sur l'ennemi pour l'achever. Mais il fust bien étoné de voir que le sieur Creton du Pignonvert, capitaine dudit navire l'Estoille avoit mis le vent sur ses voiles d'avant pour ne pas aprocher trop près de ce navire, et que setenant ainsy àla portée du canon il secontentoit de tirer quelques volées de loin.Il racomoda promptement sesbras et faux bras et ayant mis ses voiles d'avant sur le mast pour culer, il se trouva bientost en parallèle de l’anglois et recomença à luy faire tirer du canon et de la mousque-

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teric, Le capitaine et maistre anglois furent tués dans cette décharge et quelques autres ensuite ce qui obligea le reste d'amener le pavillon et de se rendre, Nous n'avons perdu que 2 matelots en cette occasion quoyque le Comte de Revel y aye receu 3 Coups de canon à l'eau et une infinité dans ses œuvres mortes, quiestoient chargées de paquets de mitraille de 12 à 1$ pouces de long et d'un pouce 1,2 quarré, Le sieur Doubict a mis tout cet équipage à la coste d'Irlande à l'exception du lieutenant et de 8 à 9 autres qui sont restés dans le navire qui a esté mené au Port-Louis.

Fait à St-Malo, ce 15e aoust 1664.

De Gastines

Arch. de la Marine, Campagnes.

Lettre de M. Clairambault, ordonnateur de la marine, à M. de Pontchartrain.

A Lorient, le 22 avril 1711.

Il vient d'arriver au Port Louis, Monseigneur, un vaisseau de Marseille, nommé le st-Jeanbatiste, de 36 canons, commandé par le sieur Doublet, venant de la mer du Sud, dont le principal armateur est M. Croizat, j'ay l'honneur de vous envoyer la déclaration qu'il ma faite des matières d'or et d'argent aportées dans ce vaisseau montant à la somme de 635,000 piastres, et m'a dit avoir envoyé le surplus par un navire de St-Malo qui y est arrivé il Y a quelques mois, Il a fait sa soumission de les porter aux hotels de Monnayes, et en attendant qu'il vous plaise de m'honorer de vos ordres au sujet de ces vaisseaux particuliers qui arr‘-eront désormais de cette mer du Sud

j'ay ordonné au sieur Doublet d'empescher qu'il soit débarqué de son vaisseau aucune matière d'or et d'argent sous quelque prétexte que ce puisse estre sans de nouveaux ordres de Sa Majesté, à quoy il a promis de se con'srmer exactement. Je vous supplie de me marquer le plutôt qu'il se pourra si vous luy permettez de les débarquer.

A l'égard des vaisseaux le St-Antoine et le Solide, ledit sieur Doublet dit que l: vaisseau le Solide après avoir fait sa traitte à la mer du Sud est allé à la Chine et que ledit vaisseau le St-Antoine pourra arrivericy de cette mer du Sud dans deux mois avec les vaisseaux armés par le sieur de Benac et son vaisseau malouin commandée par le sieur Noël.

J’ay, Monseigneur, l'honneur de vous envoyer cy-joint quatre pacquets de lettres qui m'ont esté remis par ledit sieur Doublet.

Je suis avecun très profond respect, etc.

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