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__ 409 — gardast d'estre assailliz; et si ballèrent à l'ost du. 5 roy beacoup de vivres, qui estoient très néces- | °saires. Et par ce ne firent nulle obéissance : dont. n “furent très mal contans les plusieurs de l'armée,” .: ut meismement la Pucelle; combien que pour :: | ‘«\eulx ne s'en fist autre chose. Mais toutesfoiz Fr + 2 demoura le roy trois jours environ, et puis. s'en. partist à à tout son ost et s'en alla vers Sainct Flo=. . : | : “‘rentin, qui luy fut rendu paisible. | | : ; > Et delà tira jusques à Troyes, à où il fit | Bee ceulx de la cité qu'ilz luy feissent obéis- ‘+ “sance; dont ilz n'en voulurent riens faire. : !rainçoys fremèrent leurs portes et se préparèrent: . Nora deffendre, se on les vouloit assaillir. Et oultre : : “5 plus en saillirent dehors de cincq à six cens ma et Bourguignons, qui y estoient en gar-. . " “ ’-nison, et vindrent. escarmouscher ‘contre l'armée... à du roy, ainsi qu'elle arrivoit et se logoit stone ae cité. Mais ilz furent faiz rentrer bien hastive-: : | . .+ “ment et à grant foulle par aucuns vaillans cappi- Lt 7": taines et gens d'armes de l'armée du roÿ, qui se. 2 tint là ainsi comme en siège, par l'espasse de. ‘*.cineq jours. Durant lesquelz souflrirent cculx de ‘lost plusieurs malaises de faim ; car il y en avoit ‘de cineq à six mil qui furent près de huyt jours | ‘sans menger pain. Et de faict en.feust. beacoup. . :. mors de famine, se n'eust esté l'abondance des .- feves qu'on avoit semées celle année par l'admon- . nestement d'ung cordellier, nommé frère Richart, | ” qui ès Advens de Noël et devant avoit preschié. 2° ‘par Je pays de France en divers lieux ct dit entre
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… autres choses en son scrmon : « Semez, bonnes
: « gens, Ssemez foison de feves: car celluy qui. 2 doibt venir viendra bien brief. » El tant que. : . . pour celle famine et aussy parce que les Troyes “ me vouloÿent faire obéissance, fut par aucuns: 5 ne -: conscillé au roÿ qu'il retournast arrière sans © . 2. “passer oultre, considérans que la cy té de Chalon Foret “et mesme celle de Reims estoient à aussi ès mini F Le : : ‘des adversaires. | F de . Mais ainsi que celle chose: se ‘traictoit : au: ne ;
conseil devant le roy, el que. par la: bouche dé: : à
.maistre Regnault de Chartres, lors archevesque
à ..de Reins, chancelier de France, eust été jà”:: Si . : requis à plusieurs scigneurs ct cappilaines qu ii : Ë o ‘en deissent leur. ‘oppinion ; et'aprez que ic pee at, a ‘eulx eurent remonstré que, pour la force de LE
à 4 ‘ville de Troyes et la faulte d' artilleric et d' argent, :
eh PP el à . RO LR inilleur. sde - FARUTREF: Æ aïstre. = Robert D ;
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Lsrequis déclarer. son oppinion; qu ‘on en devoiË i “4, ‘parler expressément à ‘la Pucélle, par Je conseil * is “ de laquelle avoit. esté emprins celluy voyaige, (H AM : que par adventure elle y bailleroit bon moÿen. Ce: ue se que advint, car eulx ainsi concluans;. elle: frappa: - ":: fort à l’uys du: conseil, el apr "ès qu ‘elle: fut enirée : : dns, le chancellier lui EXpOSA en “briefz inôtz
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) Chancelier : « Pr six ui et choÿine: de. vin: préen \ ue : es el données à la femme Robert le ‘Macon, le Ante jaillet, È ni “Na 5. VIIL ‘d. b: » ps de ‘commune 142-1450, | we 18 nuExé, EN D |
ou parolles, les causes qui avoient meu le roy à an a cclluy voyaige et celles qui le nets à le délaisser. Sur quoy elle respondit. très saigement, et dist que, se le roy vouloit: | demourer, que la cité de Troyes seroit mise en. … ; son obeyssance dedans deux ou trois jours, ou . “pour amour ou par force. Et le chancellier : duy.: ee “ist : -«-Jehanne, -qui -seroit: certain. dedans Six € Jours, on attendroit bien. » A\ quoy elle res- L pli de rechef, qu elle, n’én' faisoit aucune: double : pour quoy fut conclud qu on actendroit. Et lors elle monta sur une courcier, tenant ung buston en sa main, et feist loutes apresles en . cgrant dilligence, pour assaillir ct faire. jecter. “ “canons : dont l'évesque et plusieurs de la. ville: " -s'én merveillèrent fort. Lesquelz considerans que. | 1 te roy estoit leur droielurier él souverain Séi-. u en
EC 2 gneur, et aussi tes faiz: et entreprinsés dé Dr . . “Pucelle, cl la Voix. qui d' ‘clé. couroit qu “elle estoil .… oyée de Dieu : requirent parlementer. : EC: :.yssil hors l'évesque avecques aucunes gens. de F “bien, lant de guerre comme eytoyens, qui. firent: | icomposicion € que les gens dé guerre s'en yroyént eulx et léurs biens, et eeulx de la ville auroient : 2. abolicion général. “Et voult le. roy que les gens. + ‘'église, qui avoïent bénéfices soubz Henry, roy. ‘: N'Anglétér re, Tcur ‘demourassent férmes ;' ee que seullement reprinssent nouveaulx tiltres. de. . ‘Juy. Et soubz celles condicions, le lendemain: au A maris Je roy et la plus. part des seigneurs . et. :'cappitaines, moult bien habillez,. entrèrent en.
celle cité de Troyes. En laquelle avoit par avant. plusieurs prisonniers, que ceulx de la garnison: | : je -emmenoient par le traictié ; mais la Pucelle ne le. :voult souffrir, quant vint au pertir, et pour ce: î ee © (es racheta le roy et en paya aucunement ne se ‘1e maistres. su
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ie de Cellui mesmes jour, mist le roy cappitaines et. oi ou autres officiers de par lui en celle cyté. Et le pur AE ES 4 sors at
. ensuiv ant pl par dedans tous 8 ceulx de son
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ee Aprez le roy s'en partist avecques tout son ot:
ie “par l'admonnestement de la Pucelle, qui moult le . . “hastoit, et feist Lant qu'il vint à Chalons, et y: +: entr en très gran joye : car grrr el les: À
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— et officiers de par eg, © ets s’ en 2 partit et dla
: les seigneurs de Chastillon sur Marne et: fe .
ne ue Saveuses, y estans en garnison de par ls: . +... Anglois et Bourguignons, qui firent assembler : les citoyens et. leur dirent que, s’ilz se vouloient:. HA. .
Etenir jusques à six sepmaines, qu'ilz leur amene-: a
ue Fe roient scours. Et deppuis, de leur consentement: :* . 2 s'en ire Lesquelz non estans : . Pour Site Fe
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conseil publicque, ct par le vouloir de tous les L e API envoyérent devers le roy, qui leur donna “toute abolicion, et ilz luy livrérent les clefz de Ja: +
; cité. Dedans laquelle celluy jour au matin, qui: * 'estoit samedy, entra et feist son entrée l'arche: ne : | vesque, car deppuis qu'il en avoit esté faict arche-. . NoiEe ie vesque n'y avoit entré. Et l'après disner, sur le ra soir, y entra le roy et son armée entièrement ;.…
. ie à où estoit Jehanne la Pucelle, qui fut moult: Sr is
- regardée de tous. Et là vindrent aussi René, duc ‘de Bar et de Lorraine, frère du roy de Secille, et” . muni le seigneur de Commercy (1), bien acom- . . . ‘“paignez de gens de guerre, eulx offrans à son. li
| service. a ‘ Le lendemain, qui fut dimenche fdix! seplicame. #7 Fe. jour de juillet, cellui mesmes an, mil quatre cens :
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*É “vingt neuf, les seigneurs de Saincte Sevère et de: | Pie ae, mareschaulx de France, le seigneur de Gra-. He ii Fe ille, et le seigneur de Culan, admiral de France, sue ii : furent par le roy, selon la coustume anchienne, … ii “ ‘envoyez à Sainct Remy pour avoir la sainte.
: ‘“empole. Lesquels firent les sermens acoustumez,. #.
ie ‘est qu'ilz promirent qu'ilz la conduiroient ct: raconduiroient seurement, et l’aporta bien devote- |
-ment et solempnellement l'abbé, estant revestu en
“habit pontifical, ayant dessus luy ung riche pare-. ui ment d'or, jusques devant l'église de Sainct Denys. : : …. Et là vint l’archevesque, pareillement revestu et: ae. | acompaigné des chanoines, et la print et porta:
(1) Robert de Sarrebouche.
dedans l'église, cl le mist sur le grant autel Je, 2 Nostre Dame de Reins. Devant lequel vint le roy. 5e habillé comme il appartenoilt ; auquel feist l'ar-: a ; ii che esque faire les sermens acouslumez de faire: . Fa jeaux vrais roys de France, voulans recevoir le. ie ‘a :sainct sacre. EU incontinant après fut faiet le roy Hi: a :.chovalier par le due d'Mlencon, et, ce faict, le: Se de ss sara clcouronna l'archevesque, gardant les un o ::monies el prononeant les oroisons, bénédiction. ie . ‘et exortacions contenues ou pontifical faiet proprui à . ne a celluy sainct sucre; lequel accomply, feist le ro, ‘:
par grant excellence, comté de la scignourie de s Laval, ËL d'autre part firent là le due d'Ale nçon :
- le conte de Clermont plusieurs chevaliers. HLE È
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;xuprez le service, fut la sainete empole reportée el.
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5 -conduiel: ainsi qu'elle avoit esté spportée. nn RE Quant li lPucelle vit que le roy CHLoiL sacré cl: FL : TT eouronneé, cle se agonoulla, présens Tous . - #= seigneurs, devant luy, ct en l'embrassant par Ne . jambes, luy dist eu plourant à chaudes larmes :; ne LE Gentil roy, ur est exccuté le plaisir de Dieu, qui: je se
so: cu voubil Nous lovasse le we d'Orlé can, el L'quor
ne H d fs ue “dl,
Se cs ;
. Le vray roy, el pures uuquel le royaume de d'rence Fa ie de doit appartenir. » EL moult faisoit grant : . pilié à tous ceulx qui la regardoyent. .
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ie Cellui jour et les deux jours ensuivans, es
LEA us : ‘le roy à Reins, ct aprez s'en ala à Sainct Marcoul, : u Se : “par le mérite duquel obtindrent les rovs de F rance D grace divine, dont ilz garissent des escroclles ; ::;:° js
Se ot ilaesel L ' Æ ..
— 115 — | et aussi V doibvent 112 aller incontinant apré leur sainet sacre : ce que le roy feisl oh compil. Et là venu, feist ses oroisons ct of- se = ie “kfrandes : duquel lieu s'en vint à: une petite ville: ie “ “‘ferinée, nommée Vailly, en la vallée ct à quatre: Ex. “lieues de Noissons. Les bourgôys de laquelle pen . + le Soissons luy apportérent là les clefs, . . sie “1 firent ceulx de la cité de Laon, ausquelz il avoit” ë he nvoyé ses héraulx leur requerre ouverture : mais. : de : au parlir de Vailly, s'en alla dedans Soissons, | is “où if fut receu à très grant joye de tous ceulx de"
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Fa Ja cité qui moult l'amuient, ct desiroient sa venue. ie ie Et là luy vinrent les très joyeulses nouvelles que: ee “Re à : Chastiau Thicrry, Crecy en Brie, Provins, Goule- ie Je ne “miers el plusieurs autres villes s’estoient remises, ne ne en son vhéissunce. | Fe . :
| Quont me rs. eut SÉJOrne par | “aucun temps en. F2 ..
a se tint trois ou quatre ne. et ordonna son: . LE armée en-balaille, et se mist sur les champs vers: Fe “une place dicte lat Motle de Maugis, actendant ic: Fi
"due de Bethefort, qui estoit venu de Paris, a FE Pi assant par Corbueil, arrivé à Melun, dont or 2 '"4sestoit party à tout plus de dix mil combatans, :-* disant qu'il le combatroit. Mais il changea on es et sen r #tourna 4 Paris, combien qu'il avoit bien.
2." autant de gens que le roy. Lequel avoit aucunes gens en sa compaignie, qui tant désitutent
+. retourner de là la rivière de Loire, que pour leur ::complaire il avoit conclud le faire. Mais ceulx de
‘Bray, où il cuidoit passer Seine, et qui US .. -avoient promis livrer r entrée, mirent en leur ville. ne soir devant qu'il y devoit passer: dont ne 1 pee desplaisans les ducs de Bar et d'Alençon, à et les contes de Vendosme et de Laval, avec les. LE = es autres cappitaines et vaillans gens de Te ‘ contre le vouloir desquelz s'en vouloit le roy ainsi ‘retourner. Et leur oppinion estoit qu'il se mist à. 4 7 rocomquenor de plus en plus, veu que la puis: : : ‘sance des Anglois ne l'avoit osé combattre. Pour: :“quoy ilz le firent retourner à Chasteau Thierry, el: de là à Crepy en Valloys, ouquel lieu il vint or. “son ost aux champs assez prez de Dompmartin en: : Gouelle (1). Au devant duquel acouroyent les ne ‘peuples françois de toutes pars, crians Noel et:
RL EURE sr ‘3- —. A na Li mr ÉD CAE on “ AS, on AEEES Es pt ES ER
‘:chantans Te Deum laudamus, et devotes an-:
Le / ahiennes, versetz el respons, et faisans merveil- Fe ‘leuse feste, regardans sur tous moult la Pucelle.: ” ee
; | Laquelle considerant leur maintien, pleuroit ë “moult fort, et soy tirant à part, dist au conte de: | Dunogs : « En nom Dieu, vez cy bon peuple et.
2. .« devot, et vouldroye que je morusse en ce pays, . “%« quand je debvray mourir. » Et celluy conte lu: | demanda lors : « Jehanne, scavez vous quant
« vous mourrez, et en quel lieu?» A quoy elle. Eespondit que non, et qu'en la volenté de Dieu en:
| restoit ; disant oultre à luy et aux autres seigneurs :
:« J'ay accomply ce que Messire me avoit com- |
:« mandé, qui estoit lever le siège d'Orléans et.
. ( Départ. de Seine-et-Marne.
« faire sacrer le roy. Je vouldroye qu'il luy pleust eme faire remener à mon pére et à ma mère, affin . . ri ‘« que je gardasse mes brebis et mon bestial, et :
. feisse ce que je souloie faire. » Et en rendant: ‘:graces à Nostre Seigneur, levoit moult humble-“ | . ment les yeulx vers le ciel. Par sr re: 7
puede et pme de Dieu ; et si estoit elle. | ‘; Quant le duc de Bethefort, oncle et lieutenant Fate général du roy Henry, et pour luy gouvernant les ireitez et villes et places tenans son party en ce: 1" ‘royaume, sceut que le roy estoit sur les champs: + eng Dompmartin, il se partist de Paris à tout : F <:"grant nombre de gens de guerre, et s'en vint. “loger vers Mictry, près d'icelluy Dompmartin, et : 8e mist en son armée, qu il ordonna par batailles . “en “belle ordorinancé et place bien re Le : 6 ‘Ce qui fut noncé au roy ; lequel feist ordonner ses : : . gens pareillement, en intencion d'attendre et rece- |. He . nt “voir en bataille les adversaires, ou de les aler “.""assaillir, s’ilz se mectoient ou estoient trouvez en : place pareille. Mais les Angloys ne monstrèrent "aucun semblant de les vouloir assaillir, car par le. . contraire ilz s'estoient mis en place fort advanta- :!"'geuse et fortiffiez : comme fut veu, apperceu et. 5: * rapporté par La Hire et aucuns autres vaillans capitaines et gens de guerre, qui celluy jour, | … pour veoir leur maintieng, et s’il estoit licite de :.. les assaillir, leur alèrent faire grant escarmousche .. par plusieurs lieux et diverses foiz, deppuis le:
À .. CRETE ne = CR TES DE use uns 5 L
Fe
Ep ne,
. matin jusques à la nuyt; combien qu'il n'y eut
lors comme point de dommaige, tant d’un costé
: que d'autre. Apprès lesquelles escarmousches se.
-retourna le duc de Bethefort avecques son armée ::.
:dedans Paris, et le roy tira vers Crepy en Valliys;. dont il envoya de ses héraulx sommer et sp:
ue ‘,ceulx de Compiengne qu'ilz se meissent en son: de :+obéissance; lesquelz respondirent qu’ ile le feraient. & “très voulentiers. | .
Environ ces jours, alérent aucuns seigneurs fe /françoys dedans la cyté de Beauvoys, dont estoit: évesque et conte maistre Pierre Cauchon, fort, enclin au party angloys, combien qu ‘il fust natif: | ::d'entour Reims. Mais ce nonobstant ceulx de la: esté se mirent en Ja pleine obéissance du roy, si: :-toust qu'ilz virent ses héraulx portans ses armes, : | “et crièrent tous en très grant joye : « Vive Charles; : __. he: À de France!» chantérent Te Dei Cu, et firent =
non re mat : e ne =
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7” … tous ceulx qui ne sont: détiree: en | cellé:: ; i -obéissance, et les en laissèrent aler paisiblement . a ‘emporter leurs biens. | é ‘+, Peu de jours aprez, saillit es de Paris de. : Spechef le duc de Bethefort pour venir à Senliz à: ::tout son armée de devant, acreue de quatre mil. fAngloye que son oncle, Je cardinal d' angl, . à ‘avoit aménéé de delà la : mer, soubz couleur de les . ‘mener contre les 'Boesmes hérites (1); mais men-. . L “tant ses promesses, les mist en besongne contre % les Françoys très vrais chrestiens, combien: qu'iiz
: : A) Hérétiques.
eussent esté soubsdoyez de l'argent de l’église. Ce : qui vint à la congnoissance du roy, lequel s'estoit : separtye menant son ost pour aler à Compiengne, | ..et s'estoit logié à ung villaige nommé Barron, à. | deux lieues de celle cyté de Senliz, laquelle tenoit : : ‘le party anglois et bourguignon. Et par ce ordonna; cu | | : que messire Ambroys de Loré, [depuis prevost de. !
PE “= #ariel et le seigneur de Sainctes Traïlles yroient.… ne L
: + bien: montez vers Paris et ailleurs où bon leur.
::. sembleroit, et adviseroient au vray le faict du.
due de Bethefort et de son ost. Lesquelz, ayant.
'avecques eulx aucuns de leurs gens des mieulx:.
‘ montez, se partirent toust, et firent qu ‘ilz approu…
. :chèrent tant prez de l'ost des Angloys, que ilz:
‘veirent el apperceurent sur le grant chemin d° entre : |
‘’Paris et Senlis grans pouldres, par quoy con- | “
“nurent qu'ilz venoient. Et. à celle occasion: |
12 vontrent “ung de eurs- hommes -hastivement
“ + :devers le roy, luy seignifiant la venue des adver-
Î isaires:; et ce nonobstant actendirent tant, qu'ilz.
x 2 appereeurent et congnurent au vray toute l'armée,
: ‘et ce qu’elle povoit monter, et commant elle tiroit :
… celle cité de Senliz; que par ung autre de
:: !“eurs hommes envoyèrent de rechef dire hastive- -
Î ment au roy. Lequel feist ordonner toutes ses.
. batailles et s’en vint à très grant dilligence à. tout:
.:::son armée sur les champs; et tirèrent droit à
‘17 Senliz; si se mirent à chemin entre la rivière qui:
. passe à Barron, et une montaigne dicte Montes- .
piloer (1). |
(4) Montépiloy, a arrond. de Senlis.
Pi
D'autre part arriva à heure de vespres le duc. . de Bethefort à tout son ost prez de Senliz, et se’. ""mist à passer une petite rivière, qui vient d’ celle. ‘cité à Barron; combien que le passaige par où. k a passoit ainsi son armée estoit si estroict, qu'il. ny povoit passer que deux chevaulx de fronc: à ‘LS Pour quoy, si toust que les seigneurs de Loré et à : de Sainctes Trailles les-virent commancer à ie ‘passer celluy dangereux passaige, ilz s'en à . ve | Enèrent le plus hastivement qu "iz peurent devers ee . ‘le roy, et luy acertenèrent ce qu'ilz avoient veu." ‘Dont il fut moult joyeulx, et feist ordonner ses: : . ‘batailles, et tirer tout droit au devant des An- + . igios les cuidant combattre à celluy passaige ;:.: . ‘mais l'armée des Françoys n'y sceut si. toust' . - . ‘venir, que la plus part des Angloys ne feussent jà passez. Et par ainsi s'approuchèrent tant les’ deux -armées;: “qu'eltes s'entrevévyent, : et aussi:
:7En'estoient elles.que à une petite lieue. l'une a BR ‘l'autre. De chacune desquelles, combien qu'il fust ! 2 . .jà vers le soleil couchant, se partirent. Plusieurs : vaillans et gens de guerre, et s'entre. escarmous- :. Fi :chèrent par diverses foiz ; èsquelles se feist Re ‘très beaulx. faiz d'armes. La nuyt les faisant cesser, Fe os logèrent. les Angloys au long de la rive d'icelle..: : : id “rivière, et les __——. furent sh vers Mon- . . : :etespiloer. he. | er - ‘: Le lendémain au matin, feist le roy ee DS : ‘très diligemment son armée par. batailles, et en fist trois parties, de la première desquelles (c'est : : Fr jé de l'avant garde) ct où avoit ” de gens, bailla 2
Ja charge au duc d'Alançon et au conte de:
::Vendosme. De la seconde, qui devait estre ou. © milleu, fut conduiseur René, lors duc de Bar et se ide Lorraine, [et deppuis roy : de Cecile et due. : or Anjou|. En la tierce, en laquelle avoit plusieurs ee. ‘seigneurs ét très vaillans gens d'armes, et. qui À . : + estoient comme F'arrière garde, [le roy] voult:-- Li este luy mésme ; et avoit avécques luÿ le duc de Hs “5 ‘Bourbon et le seigneur de La Trémoille, ‘avecques: 5 . grant nombre de chevaliers et escuiers. Pour les: se . . aisles desquelles trois batailles, furent ordonnez :\et eurent ia charge les mareschaulx de Sainete:. : | Sevère et de Rays, auxquelz on bailla plusieurs. | x “chevalliers, escuiers et gens de : ‘guerre! de divers: : ceslas. Et par dessus toutes ces ordonnances, fut: ; . :.reservée pour faire escarmiouches, renforcer et ‘scourir les autres batailles, se mestier en estoit,:::.. swvune autre ‘bataille de très Yaillans” séignéurs,… cpu, cet autres gens de guerre, dont js : sestoient ducteurs et avoient la charge, Ja Pucelle,.… ï le bastart d ‘Orléans, le conte d'Alebret et La Hire. : si fu Et au regart de tous les archiers, eurent la eon-. ci à . ‘duicte le seigneur de Graville et ung “chevalier: 1 ‘dé Limozin, appellé messire Jehan Foucault. : . Lesquelles ordonnances ainsi faictes, chevaucha ‘le roy assez loing de ces trois batailles plusieurs foiz par devant armée des: Angloys, de Jaquelle nr chef le duc de Bethefort, qui avoit en sa. ” ‘compaignie le bastart de Sainct Pol, et moult de … "Picars et Bourguignons, avecques plusieurs “77 rautres chevaliers, escuiers et gens de guerre, . |
estans en bataille ordonnées près d'ung villaige, : :: et ayans au dos ung grant estang. Lesquelz ee" 1: "non. obstant n'avoient cessé loute nuyt, ct ne: a “à em aincoires d'eulx fortiffier en grant dilli-:::2: -Lgence, tant de paulx et leudiz, comme de foussez.. Le : Pour quoy quant le "FO qui par le conseil de: :
bg: Fais
: us seigneurs, noise éscuiers, capitaines” is + se et très. ‘vaillans gens d'armes, avoit. prins con- ue . “lusion de combatre les- Anglois et leurs aliez, | he
… se mectoient et estoient trouvez en plc à Mes . ongale : fut adverti par -aucuns vaillans “cappi-: ; |
“taines et gens congnoissans en armes, de la:
“manière qu'ilz tenoient; comment ilz estoient: fe . loges en place forte d'elle mesmeés et s'estoient.:: He or fortiffiez et: fortiffioient dé foussez et de paulx : Life : Re ‘vit bien qu'il n'y avoit nulle apparence de les | . io cpovoir -assäillir ne combatre, sans trop. ne Se : . : dommaige de ses gens. Mais : ce nonobstant il feist'ie : approucher ses batailles jusques à deux traicts +: ee La arbaleste près des Angloys, et leur feist seigni- :" .m qu ‘il les combatroit, ‘s'ilz vouloient saillir de: : : ‘eur parc. Ce qu'ilz ne voulurent faire, combien 5 qu'il y eut de très grans et merveilleuses csear- :. .:mousches, car plusieurs vaillans François alloy ent. ‘souvent tant à piet que à cheval jusques à la: À fin des Angloys pour les esmouvoir dut Fe “ saillir; tellement que grant. nombre d'eulx saile: © -:" “oient par diverses foiz, qui reboutoyent les Francois. Lesquelz renforcez et secourus d'aucuns : + a ‘des ue renchassoyent les À Angloys, qui pareil-."
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