PRÉFACE
Il n'est personne, en France, qui ne connaisse
L l’histoire du mémorable siège que soutint Orléans . “cuntre les Anglais depuis le'12 octobre 1498 jusqu’au 8 mai 1429; mais on ignore, généralement, qu'il existe un mémorial de ce siège racontant, jour par jour, les diverses péripéties de cette lutte, dont la fin fut le triomphe de notre patrie et la gloire immortelle de Jeanne d'Arc. Ce livre d’or relate, en effet, l’arrivée des troupes anglaises et françaises accourues pour s *emparer d'Orléans ou pour le défendre, les noms des. généraux et des vaillants capitaines qui les commandaient, les assauts quotidiens, les luttes journalières ; il montre surtout
| l'héroïque résistance des habitants de cette ville, qui, pour assurer le salut de leur cité, n’hésitèrent pas à = détruire leurs maisons, leurs églises, leurs fau- bourgs, «qui estoient les plus beaulx de ce royaume.
. Mais ce non obstant, les abbatürent et bruslérent … les Francoys de la garnison, et ce par le vouloir
et ayde des citoyens d'Orliens, affin que les Anglois | ne s’y peussent loger, par ce qu’ilz eussent esté fort préjudiciables à la cité. » :
L'histoire de cette lutte de sept mois ne pouvait demeurer dans Poubli et le récit nous en a été conservé dans un ouvrage qui doit être regardé
__comime le Journal du siège d'Orléans. La lecture
de ce livre offre un véritable intérét non pas seule- Ur
= ment pour les Orléanais, mais encore pour tous les Français, qui aiment Jeanne d’Arc, et qui donc
pourrait ne pas aimer la Pucelle d'Orléans ! Chacun trouvera dans cet ouvrage la réalisation des deux | œuvres principales de la mission àe Jeanne : faire
lever le siège d'Orléans, conduire le roi à Rheims et y être sacré (1). |
(4) Sur la mission de Jeanne d'Arc, voir les deux ouvrages remar-. quables du R. P. Ayroles : Jeanne d’Arc sur les autels, 2e édition, pp. 116-117 ; lu Pucelle devant l'Église de son temps, PP- PR e (Paris, Gaume).
Notre Journal ne se borne donc pas au récit des événements accomplis à Orléans ; il raconte encore la prise de Jargeau, la bataille de Patay et conduit la Puceile jusqu'à Saint - Denis et à |
. = Bourges. La nar ration s'étend du 12 octobre 1428,
Ua la fin de septembre 1429. Nous avons cru qu'il y. |
aurait. quelque intérêt à publier de nouveau cet
| ouvrage si peu connu, dont l'importance n’échap- 4 pera à personne, quand nous aurons fait son histo- É rique, recherché son auteur, et montré qu il fut
: composé par un Orléanais témoin du siège C2 . contemporain des événements. |
La première mention du Journal du Siège se trouve dans le manuscrit 451 , d'Orléans, contenant des notes de Jousse, sur l'édition de 1576. On y lit, à la page 3, l'extrait suivant du compte de ville de 1466 : « Payé 11 s. parisis à P. Soubsdan, : clerc, pour avoir escript en parchemin la manière du siège tenu par les Anglois devant la ville d’Or-
léans en 1428 et 1429. » Ce Pierre Soudan, dont le
père, nommé Philippot Soudan, est compté, par
l’abbé Dubois, parmi les courageux citoyens qui se distinguèrent durant le siège, était donc Orléanais;
il vivait encore en 1468, car on lit, à cette date, |
‘dans le Compte de commune, qu'on a < payé : 5 s. À d. à Pierre Soubsdan, notaire en cour | Fe
Un d’Église pour avoir doublé (copié) des mémoires à
relatifs à la troisième enceinte de la ville et avoir. .
mis au net certains articles qui y ont été ajoutés. » |
Le Journal est donc antérieur à l’année 1466.
. Nous ne savons ce qu’est devenue cette copie dont
. loriginal était conservé dans nos archives. Mais «le P. Thoulouze, chambrier de Saint-Victor, de.
Paris, rapporta à Edmond Richer, qu’il existait en #, À
- … cette abbaye un manuscrit contenant le Journal. |
du Siège, qui avait été exécuté par les soins de eu
Nicaise de Lorme, ct précisa les faits jusqu’à lui . expliquer comme quoi Nicaise avait entrepris ce | travail en 1472, pendant qu’il était prieur d’une
maison de leur ordre, appelée Bucy, à six lieues
| d'Orléans. » Ces paroles, empruntées à Quicherat, |
confirment ce qu'avait dit Malingre (Antiquités
de Paris, p. 465): « Nicaise de Lorme, étant
p''eur de Bussy-le-Roy, l’an 1472, fit escrire l'histoire du Siège d’Orléons et le procez de la Pucelle, tant en accusation qu’en justification, qui
Se garde encore en la librairic de Saint-Victor. » : . Cette copie, faite sur l'original d'Orléans, “et e . cotée autrefois 285, est conservée aujourd’hui à la ee Bibliothèque nationale sous le n° 14665 ; elle- a . k pour titre : « Petit traictié par manière de cro-
|: niques, contenant en brief le siège mis par les
È | Angloys devant la ville d'Orléans, et les saillyes,
… assaulx et escarmouches qui durant le siège y