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::*’canons du royaulme ; mais ung homme eust aussi fort. : . -:-getté une bole comme la pierre povoit aller d'iceulx | "canons, qui estoit un bel miracle. :
Sem, quant vint environ quatre heures après midi, : : aucuns chevaliers veirent ung colon blanc voler par. sus l'estandart de ladicte Pucelle, et incontinent elle ‘ : ‘dit: Dedans, enffens. En nom Dé, ilz sont nostres. Et. :: oncques on ne veit grouée (#) d'oisillons eulx parquer.… Sur ung buisson comme chacun monta contre le dit. : -boloart. Et ce voyant ledit Clacidas, qui estoit chef, : = ‘avec luy de vingt à trente hommes, cheurent de dessus 7 “je pont dedans la rivière, car ilz avoient copé a pont pour cuider tromper noz gens ; et là fut accompli. ‘ p prophétie que on avoit [faict] audit Glacidas, c'est : ‘assavoir la Pucelle, qu'il mourroit sans seigner, aussi rie car il se noya et plusieurs autres, et furent --prises lesdites Torelles, et plusieurs seigneurs, __ : " - le sire de Poains, le sire de Molins ; et estoient. léans
re à
7 35 & Travallait, du latin operari. : :
:. 7 (2) Trouver. cr (3) Mis.
(4) Nuée.
de cinq à six cens combatans et gens d'élitte, car ilz .estoient si obstinez qu'ilz ne creignoient pour quinze ë Lou toute la puissance de France ne d'Angleterre. Et a. :st la dicte Pucelle faisoit son devoir, ceulx de la ville. le faisoient de devers la ville, tant par terre que par :eaux. Et les amena on audit Orléans deux à deux tous : prisonniers, ceulx qui ne furent tués. % Item, quant vint le dimanche, huitiesme dudit may; - e les autres bastilles tindrent conseil ct se partirent au: us matin ; et là estoit ledit Tallchbot, et se misdrent . . sur les champs. Et ce voyans, ceulx de la ville yssirent hors à loute puissance avec ladicte Pucelle pour leur courir sus ; mais elle dit que on les laissast aller, et. ‘non pour tant que chacun estoit en bataille tant d'un | Fe ’ “| costé comme d'autre; et prist on entre les deux batailles : | leurs bombardes et artillerie; mais la dicte Pucelle.… ‘avec les seigneurs feirent retraire tous leurs gens, et: : fut faicte une haulte grande louange à Dieu, en : : crient Noël. Et en la compaignie avoit puseurs… LE - ipresires et gens d'église qui chantoient belles ympnes ; et dist ladite Pucelle que chacun allast oyr messe. Et. ‘ne doubtez pas se audit Orléans chacun faisoit gant :joye, tant ès églises comme en appert, pour le grant. ‘don que Dieu leur avoit fait. " J Item, ne demoura guères que les dits seigneurs : ‘’emmenèrent la dicte Pucelle devers le roi Charles, qui. . sestoit à Tours, et considérez quelle récepcion on leur ::- fist; et remercia Dieu le roy si haultement, et aussi :monseigneur de Dunois et les mareschaulx et La Hire, . et tous les autres capitaines qui luy avoient tenu com- ; paienie Ledit Tallebot demoura à Meung, à nus. €
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cet à Jargueau et à Yenville et aussi tous ses gens. Et ne demoura guères que le duc d'Alenson vint avec ladite :‘Pucelle, et fut mis le siège devant Jargueau, auquel “estoit le conte de Ghifort, avec luy plusieurs capi- .
‘…taines d'Anglois et estoient léans de six à sept cens :
5 combatens, et ne demoura que deux jours qu'ils ne. ‘:feussent pris de bel assault; et Dieu scet si ceulx : à Orléans se faignoient à mener artillerie et gens et
2 aus vivres. Et puis après vindrent par devant pe “sur Loire où estoit Tallebot et toute sa puissance ; mais ::
: "il n'osa frapper sur noz gens, car il estoit tout esperdu. LR : Puis vindrent noz gens mectre le siège devant Bois- . “gency, et là se trouva monseigneur le connestable de * Fe ; ‘France ct prisrent composicion les Anglois qui léans : ‘estoient, et s'en allérent audit Tallebot. Et à a pour- . “suite se trouvèrent près de Pastoy nos gens contre: edit Tallehot, et là fut pris et furent tuez environ :
se S quatre. mille Anglois lesquieulz se estoient tous retraiz
: ave ledit Tallebot. Et ce dit jour se rendit Yenville et: = “+
: + ren autres forteresses ; et qui eust voulu pour-
:.suir, On eust chassé les dits Anglois jusques à la mer,‘
ve le courage que chacun avoit, car ung François eust ‘abatu dix Anglois; non pour tant il n’y eut point de l:forse d'omme, mais tout procédoit de Dieu, auquel … ‘louange appartient et non à aultre. |
| . Item, ce voyant monseigneur l'évesque d'Orléans :
ia “avec tout le clergié, et aussi par le moyen et ordon-. : -nance de monseigneur de Dunois, frère de monsei-: gneur le duc d'Orléans, avec le conseil d'iceluy, et. “aussi les bourgeois manans et habitans dudit Orléans fut ordonné estre faicte une procession le huitiesme
et à
dudit may, et que chacun y portast une lumière, et ‘que on iroit jusques aux Augustins, et partout où en esté le estour (1), on y feroit stacions et service: : e ; propice en chacun lieu, et oroisons, et les douze pro= cureurs de la ville auroient chacun ung sierge en leur. «main où seroient les armes de la ville, et qu'il en . : demourroit quatre à Sainte Croix, quatre à Saint : Evurtre et quatre à Saint Aignan [et aussi que ledit. “jour seroient dictes vigilles audit Saint Aignan] ct le - “landemoin messe pour les trespassés, ct là seroit offert F ‘pain et vin, et chacun procureur huit deniers parisis à. : l'offrande : et seroient portées les chasses des lies en espécial celle de monseigneur Saint Aignan, celle de: … monseigneur Saint Evurtre, lesquieulx furent moyens et protecteurs de ladicte cité et ville d'Orléans; car en: En | icuy temps fut récité par aucun des Anglois, estans! pour lors audit siège, avoir veu durant iceluy siège : ux prélas en abbit pontifical aller et circuir.(2) en “'eheminant par sus les murs de ladicte ville d'Orléans.‘ He ‘ Aussi autrefoiz ont esté gardes ou protecteurs lesdits: ‘sains monseigneur saint Evurtre et monseigneur saint: Aignan de ladicte ville d'Orléans, au temps que . ‘’vindrent devant icelle les mécréans ; car à la prière 5 “a requeste d'iceulx sains faicte envers iieu, ladicte : à ville fut préservée des mains desdits mescréans, et en : ; : ‘’approchant à icelle, comme raconte l'istoire, furent tous évuglez (3) ad ce qu'ilz n'eurent puissance de -. : ‘#mal faire à la dicte ville entre ey ct Saint Loup. ne
2 4) Combat.
:.: (2) Aller et venir. .
(3) Aveuglés. Ce serait l’origine du mot Orbette, nom donné à un ee.
On ne peult trop louer Dieu et les sains, car tout ce qui à esté fait, ce a esté tout par la grâce de: Dieu ; ainsi donc on doit avoir grant dévocion à : ‘ladicte procession, mesmement ceulx de ladicte ville | d'Orléans, attendu que ceulx de Bourges en Berry en font solempnité, mais ils prennent le dimenche après -J'Ascencion [car celuy an estoit le dimenche de ladicte : | Aseencinl (1). Et aussi plusieurs autres villes en font. -:solempnité, car si Orléans fust cheu entre les mains : :. desditz Anglois, le demourant du royaulme eust esté fort blécié. Et pour tant en recognoissant tousiours la - grant gràce laquelle Dieu a voulu faire et demonstrer | en ladicte ville d'Orléans. en la gardant des mains de: ses ennemis, soit continuée el non pas délaissée ladicte: gaincte et dévote procession, sans cheoir en ingrati- . er car par icelle viennent beaucoup de maulx.. LEGhaeun est tenu d'aller à ladicte procession et porter luminaire ardant en sa main. On revient autour de : : ‘Ha ville, c'est assavoir par devant l'église Nostre Dame. -:;de Saint Pol, et là fait on grande louenge à Nostre. "Dame, et de là à Sainte Croix, et le sermon là, et la
dei
. arte du faubourg Bourgogne. « Iceux infidelles devindrent tous. : aweugles et furent desconfiz et depuis, pour cette raison, le lieu: "s'appelle l'Orbete. » Manuscrit 8 de la reine Christine, cité dans. "les Extraits des manuscrits, t. XXXIIL, p. 75.
-< (4) Dimanche après l’Ascension. — « En 14%8, le Chapitre de :+: Bourges fit, pendant une semaine, des processions pour la ville: ::: ‘d'Orléans assiégée. La procession de la Pucelle fut fondée, en 1429, “par Charles VII, en actions de grâces dues au Très-Haut, en mémoire. :.. de la vierge de la France, qui a fait des choses admirables contre .: les Anglais. » (Histoire des chapitres de Saint-Etienne de an) ; «par le baron de Girardot, publiée dans les Mémoires de la Société. "A ss sing pe IE. p. 83).
messe après, el aussi, comme dessus, les vigilles audit Saint Aignan, et, le lendemain, messe pour les t tres- “passez. | |
. Et pour ce, soit ung chacun averti de Jouer et de ‘remercier Dieu, car, par aventure, il y a pour le pré- : ‘sent de jeunes. gens qui à grant paine pourroient ilz
“croire céste chose ainsi advenue ; ;s Mais croiez ‘que c "est.
“chose ‘vraye et bien grant grâce de. Dieu ; cr, durant : ledit siège, -oncques. n'y eut aucune division entre les
--gens d' armes: et ceulx de la ville, non obstant que par
: avant ilz se entre hayoient comme chiens-et chas; “mais quant ilz furent: avec ceulx de la ville, ils estoient | . commé frères, et: aussi ceulx de la ville ne leur. | faisoïent. avoir aucune nécessité où souffreté. à leur
: pouvoir, en quelque manièré ‘que ce : fust. “Et. par le
‘bon service que ont fait. Jes manans et habitans de
‘Hdicte ville d'C d'Orléans, sont et se seront en la! bonne: grâce. dur ‘Toy, “lequel. k leur: 8-de fait: montré. et: monstre tre de- jour - -‘en jour, : comme Gil appert: par. la. teneur des beaulx
| prviiges lesquieuls LL leur à donné. .
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