‹ Journal du siége de Paris. Décrets, proclamations, circulaires, rapports, notes, renseignements, documents divers officiels et autres publiésChapitre 42 sur 97 · DEUXIÈME LISTE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LISTE

Relevé des corps francs reconnus par le département de la guerre et qui n'ont pas passé la revue d'etfeclif.

Tirailleurs de Saint-Hubert, commandant Thomas.

Corps du génie volontaire, commandant Flachat.

Corps des agents et gardes forestiers, commandant Carraud.

Corps franc de la compajinic de l'Est (pompiers armés), commandant de Sappel.

Bataillon de mineurs auxiliaires du génie, commandant Jacquot. '

Légion bretonne, commandant Domalain.

Francs- tireurs alsaciens, commandant Braun.

Francs-tireurs de Saint-Germain, commandant de Richemont <le Richardson.

Corps franc de Rouen, commandant Desseaux (Gaston).

Corps franc de Seine-et-Marne, commandant Liénard.

Corps franc de Saint-Denis et Neuilly, commandants Blanchard et Sageret.

Corps franc du Haut-Rhin, commandant Dolfus.

Corps franc des Vosges, commandant Dumont.

Compagnie des guides forestiers de la Couronne, commandant de la Panouse..

L'eimcnii étant sur le point d'arriver sous les murs de Paris, à partir du jeudi lo septembie, à G heures du matin, nul ne pourra sortir de Paris, ni y entrer sans être muni d'un permis de circulation délivré par le ministre de l'intérieur (1).

Les bois contenus dans les magasins actuels, et situés en dedans des fortifications seront immédiatement transportés et aménasés sur le^ rives de la Seine.

GARDE NATIONALE

Le Gouvernement est informé qu'un certain nombre d'hommes habitant Paris, âgés de 2o à 3o ans, appelés sous les drapeaux par la loi votée le 10 août dernier, et pouvant être astreints au service dans l'armée active, se sont, à raison de cette circonstance, dispensés de se faire inscrire sur les contrôles de la garde nationale sédentaire.

il) Cet ordre a été rapporté par une décision du lendemain publiée au Journal officiel du 15 septembre et disant : « que les portes resteront ouvertes tous les jours depuis le lever du soleil jusqu'à 8 heures du soir; que, par conséquent, les conuîmnications ne seront interrompues, durant le jour ni pour les piétons, ni pour les voitures, et qu'il ne sera exigé aucune sorte de permis. »

Les opérations militaires devant retenir dans l'enceinte de l'aris le plus grand nombre d'Iionimes en état de porter les armes, le Gouvernement invite les maires des arrondissements à procéder d'office h l'inscription des personnes comprises dans la catégorie ci-dessus désignée, et à les avertir que le service de la garde nationale est, à partir de la publication du présent avis, obligatoire pour elles.

Paris, 12 septembre 1870.

Une revue de la garde nationale sera passée, mardi 13 septembre; par le président du Gouvernement de la défense nationale, gouverneur de Paris.

MM. les généraux et amiraux commandant les sections établiront les bataillons composant leurs sections sur les emplacements qui leur sont affectés, à onze heures et demie, au plus tard.

La 4'"'' section, commandée par M. le général Faron, et composée des bataillons n"' 14, 48, 49, 50, 31, 52, 53, 56, 73, 93, 94, 95, 96, 121, 422 et 126, sera massée sur la place de la Bastille.

Les sections suivantes seront disposées le long des boulevards intérieurs, sur deux lignes se faisant face, tournant le dos aux maisons, et sur autant de rangs que l'exigeront les limites des emplacements qui leur sont assignés. ]*]n cas d'insuffisance de ces emplacements, elles se masseront, en outre, dans les rues adjacentes.

La S'' section, commandée par M. le général Callier, et composée des bataillons n"^ 27, 30, 31, 54, 57, 58, 63, 65, 66, 67, 68, 74, 75, 76, 80, 83, 86, 88, 89, 123 et 130, occupera l'espace entre la place de la Bastille et la place du Château-d'Eau. La 3^ section, commandée par M. le général Montfort, et composée des bataillons n"^ 9, 10, 23, 24, 25, 26, 28, 29, 62, 107, 408, 109, 114 et 128, sera massée sur la place du Chateaud'Eau.

La 4*' section, commandée par M. l'amiral Cosnier, et composée des bataillons n'^ 6, 7, 11, 32, 34, 36, 61, 64, 77, 78,

79, 11(3, 117, 124, 125 et 129, occupera l'ospace compris outre la place du Chateau-d'Eau et la rue Saint-Denis.

La ô" section, commandée par M. le général Ambert, et composée des bataillons n"^ 2, 3, 8, 33, 3o, 37, 90, 91, 92, 100, m, 112, 113 et 132, occupera l'espace compris entre la rue Saint-Denis et la rue 3Iontmartre.

La 6'= section, commandée par l'amiral Fleuriot de Langle, et composée des bataillons n"' 1, 4, 5, 12, 13, 38, 39, G9, 71 et 72, occupera l'espace compris entre la rue Montmartre et la rue de la Chaussée-d'Antin.

La 7" section, commandée par l'amiral de Montagnac, et composée des bataillons n"^ 15, 17,41,45, 47, 81, 82, 105, 106, 127 et 131, occupera l'espace compris entre la rue de la Chausséed'Antin et la place de la Madeleine.

La 8'' section, commandée par l'amiral Méquet, et composée des bataillons n"^ 16, 18, 19, 20, 40, 43, 46, 83, 84, 85, 103, 104, 115 et 136, occupera la place de la Madeleine, la rue Royale et une partie de la place de la Concorde.

La 9'' section, co umandée par l'amiral Challier, et composée des bataillons n"' 21, 22, 42, 44, 59, 60, 101, 102, 118, 119, 120, 133, 134 et 135, sera massée sur la place de la Concorde.

Les bataillons commandés pour un service de place ou de rempart sont seuls dispensés d'assister à cette revue.

Il n'y aura pas de défilé. Les bataillons de chaque section l'entreront dans leurs quartiers respectifs aussitôt que leur seclion aura été passt'e en revue.

On lit oncoro dans le Jniinud officiel de ce jour.

M. le Chargé d'aftaires du Poi tugal a adressé au Ministre d^s alFaires étrangères la lettre suivante :

Paris, 12 septombi'L' 1870.

Monsieur le ministre,

Le gouvernement de Sa ?»[ajesté Très-Fidèle, que je me suis

empj-essé d'informer de Li communication que Votre Exceilene.'

m'a tait l'honneur de m'adresser le 5 courant, relativement à

la constitution du Gouvernement de la délen-e nationale ci

de la nomination de Votre Excellence aux fonctions de ministre des affaires étrangères, m'a ordonné de me mettre immédiatement en rapports officiels avec Votre Excellence et de lui exprimer son désir d'entretenir avec le Gouvernement de la défense nationale les bonnes relations qui heureusement existent entre le Portugal et la France.

Très-heureux et très -flatté d'être l'intermédiaire entre mon gouvernement et l'homme illustre chargé aujourd'hui de la direction des affaires extérieures de la France, j'apporterai dans l'accomplissement de cette mission tous mes efforts pour maintenir et consolider les meilleurs rapports entre nos deux gouvernements.

Agréez, etc.

Signé : Lanc astre.

^î. Jules Favro a répondu :

Paris, 12 septembre 1870, Monsieur le ministre,

Le haut prix que la France a toujours attaché aux relations amicales qu'elle entretient avec votre noble patrie me permet de vous donner l'assurance que le Gouvernement de la défense nationale accueillera avec une vive satisfaction cette bonne nouvelle.

Je suis pour ma part très-heureux d'avoir la mission de la lui transmettre, et en mettant sur le compte de l'excès de votre bienveillance tout ce que vous voulez bien m'écrire d'obligeant, je vous prie d'être l)ien convaincu que je ferai tous mes efforts pour resserrer les liens qui unissent nos deux pays.

Agréez, etc.

Signé : Jules Favre.

Le Gouvernement de la défense nationale,

Considérant que des réclamations nombreuses et fondées se produisent dans tous les départements contre les exemptions abusives accordées par les conseils de révision dans le recrutement des gardes nationaux mobiles;

Considérant que toute exemption non justifiée doit être annulée,

Décrète :

Art. l''^ Un conseil de révision par arrondissement procédera à la révision de toutes les dispenses accordées jusqu'à ce jour aux gardes nationaux mobiles à titre de soutiens de famille.

Il se composera du préfet ou de son délégué, d'un membre du conseil général et d'un membre du conseil d'arrondissement désignés par le préfet.

Art. 2. Le conseil désignera pour chaque canton, jusqu'à concurrence de 14 0/0, les jeunes gens qui auront le plus de titres à la dispense.

Art. 3. Les jeunes gens dont le titre de soutiens de famille ne serait pas conûrmé devront immédiatement rejoindre leur corps.

Fait à Paris, le 13 septembre 1870.

Le Gouvernement de la défense nationale,

Vu le décret du 10 septembre 1870, qui institue la commission de l'armement national par le concours de l'industrie privée ;

Vu l'opportunité d'assurer le fonctionnement à la fois expéditif et régulier des opérations proposées par la commission.

Décrète :

1'' Le ministre des travaux publics est spécialement commis pour en prendre connaissance, les contrôler et leur donner force d'exécution.

2" Un crédit do dix millions de francs lui est ouvert à cet effet.

Fait à Paris, le 13 septembre 1870.

Décret. — Les gardes nationaux réunis à Paris pendant le siège, pour concourir à la défense de la ville, et qui n'ont d'autres ressources que leur travail, recevront, quand ils en feront la demande, une indemnité de 1 fr. 50 c. par jour.

Cette indemnité leur tiendra lieu de ^toutes les prestations en nature qui leur étaient attribuées par l'arrêté du 11 septembre 1870.

Le Gouvernement de la défense nationale est persuadé que les citoyens comprendront la gravité des charges qui peuvent résulter pour les finances du pays de la disposition qui précède, et qu'aucun des défenseurs de la cité ne réclamera l'indemnité ci-dessus fixée qu'en cas de nécessité.

Les maires des arrondissements de Paris seront chargés de payer l'indemnité dont il s'agit, sur états fournis par les capitaines des compagnies, contrôlés par les chefs de bataillon, visés par les officiers généraux commandant les sections de la défense.

11 en sera référé au général commandant en chef de la garde nationale de Paris pour les détails d'exécution.

Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent décret.

Fait à Paris, le 12 septembre 1870.

Le Gouvernement,

Considérant (|ue les circonstances actuelles exigent que l'exercice du droit de chasse soit momentanément suspendu, Décrète :

Arl. 1". Dans un délai de dix jours h compter de la publication de ce présent décret, la chasse sera fermée dans tous les départements où elle est ouverte depuis le 16 août.

Art. 2. Indépendamment des peines édictées par la loi du 3 mai 1844 pour les cas délictueux qu'elle a prévus, une amende extraordinaire de 100 francs à oOO frans sera prononcée contre tout individu convaincu d'avoir chassé ou d'avoir colporté,

vendu ou rais en vente du gibier pendant le temps de la clôture de la chasse.

Art. 3. Le produit des amendes dont il s'af:;it sera versé à la caisse de secours pour les familles des soldas blessés. I^aris, 13 septembre 1870.

Le ministre de l'intérieur arrête :

Article unique. En l'absence de M. Steenackers, directeur général des lii^nes télégraphiques, envoyé en mission extraordinaire (1), M. E. iMercadier est. nommé commissaire du Gouvernement délégué à l'administration centrale pour suppléer provisoirement le directeur général dans ses fonctions. Paris, le 13 septembre 18*0.

Par décision du ministre de la guerre, 3L Tachard, ancien député au Corps législatif, a été envoyé à Bruxelles comme

chargé d'une mission extraordinaire.

M. Tachard quitte Paris ce soir, accompagné de M. Albert Decrais, qui lui a été attaché en qualité de secrétaire.

NOUVELLES DE LA GUERRE

Schlestadt, le 13 septembre, 2 h. 40 m. du soir. Urgence. Communiquée par le préfet du Bas-Rhin, du vendredi 9 septembre, à deux heures du soir, Schlestadt.

Général Uhrich à guerre, Paris.

Situation empirée, bombardement sans trêve, artillerie foudroyante. Je tiendrai jusqu'au bout. Comment pourrais-je passer le Hhin sans pont, sans bateau? Abandonnez cette idée impraticable. Sortie honorable ce matin, mais chère, et sans résultat autre que le respect imposé à l'ennemi.

Saint-Quentin, 12 septembre, 3 b. ^0 soir Sous-préfet au minisire de l'intérieur.

Il paraît que la cause de la catastrophe de Laon est encore

(1) Délégué ornme directeur des télégraphe.'', auprès du goivfrnement à Tours,

inconnue. M. Ferrand, préfet démissionnaire, a été maintenu prisonnier, mis au secret, conduit avec égard vers Craonne et de là, pensc-t-on, devant le général de Moltke. Le général Théremin d'Hame, blessé, est toujours détenu et gardé à vue à l'Hôtel-Dieu.

Corbeil, 12 septembre, 5 h. 25 m. soir. Le pont de Corbeil saute ce soir à sept heures et les autres successivement.

Chaumont, 12 septembre, 5 h. 44 m. soir. Préfet de la Haute-Marne au ministre de la guerre.

Hier matin, 2,500 Bavarois étaient à Vaucouleurs, et 2,000 à Vied.

Fontainebleau, 12 septembre, 5 h. 15 soir. Sowi-préfet au ministre de l'intérieur.

Je recois du maire de Montereau la dépêche suivante, datée de trois heures du soir :

« Des uhlans arrivés ce matin à Provins en sont repartis h environ deux heures, en annonçant l'arrivée d'un corps d'armée de lo,000 hommes. »

Gumlingen, 12 septembre, 8 h. 40 soir.

Au ministre des affaires étrangères à Bruxelles.

Les propositions suisses concernant la sortie de la population civile de Strasbourg sont acceptées. Evacuation commencée immédiatement.

Car AMAN.

ïroyes, 12 septembre, 8 h. 10, soir.

Il y a à Châlons de 6 à 8,000 Prussiens dont la plus grande partie sont des pionniers. Il y a aussi un assez grand nombre de hussards et ([uelques cuirassiers blancs. Hien de nouveau dans le département de l'Aube, si ce n'est que les éclaireurs qui sont entrés aujourd'hui à Nogent-sur-Seine se sont retirés, annonçant qu'ils reviendraient en nombre ce soir, et que si l'on taisait sauter le pont la ville serait bombardée.

Tergnier, H septembre.

Maire de Cliauny au ministre de rintérieur. Un détachement de cuirassiers blancs est à Chauuy et dans les environs, attendant la gros de l'armée pour assiéger Soissons. La Fère résiste. Les communications subsistent avec Chauny et Noyon. La gare de Tergnier est évacuée.

Paris, 13 septembre 1870.

Le colonel du génie délégué Fervl à M. le ministre de la guerre. Le pont de Creil près de Chantilly est complètement renversé, et la gare du Nord ne communique plus avec son réseau que par Pontoise ou le pont de Saint-Ouen.

Melun, 13 septembre, 10 li. 10, matin.

Le préfet au ministre de l intérieur.

Je reçois la dépêche suivante de Provins : Employé télégraphe à préfet 3Ielun et ministre de la guerre. Le 2*^ régiment de uhlans vient de traverser Provins se dirigeant vers Nangis, Courtevrousc ou Vieux-Champagne. Le sous-préfet, parti cette nuit, est arrivé à Melun.

Lyou, 13 septembre, 9 li. 35, matin.

Le sous-préfet de Mirecourt au préfet d'Epinal.

Je reçois à 5 heures du matin, par exprès, nouvelles suivantes de Toul du lundi 12 septembre, midi :

Place de Toul a subi le dO un bombardement de neuf heures; c'est le quatrième. L'ennemi s'est servi des pièces de siège et des munitions de Marsal.

La ville a beaucoup souffert et la garnison s'est admirablement conduite. Les Prussiens et leur artillerie conservent leurs positions .

On lit encore dans le Journal officiel de ce jour :

Par décision du ministre des travaux publics en date du VS septembre, une commission a été formée au Conservatoire de

arts et métiers pour répartir, dans toutes les directions où ils peuvent être le plus utiles, les services des ingénieurs civils, centraliser leurs otiVes de concours et les allecter à toutes les opérations d'intérêt général, telles que projets, dessin, surveillance et direction des travaux.

Cette commission est composée de :

M3L Tresca, sous-directeur du Conservatoire |des arts et métiers,

président.

Laurens, président de l'Association amicale des anciens élèves

de l'Ecole centrale; Martelet, ingénieur des mines; 3Iarliii, président de la Société des anciens élèves des Ecoles

d'arts et métiers; Vuillemin, président de la Société des ingénieurs civils.

Par décret du Gouvernement de la défense nationale^ en date du 10 septembre 1870, M. Marqfoy, ingénieur des ponts et chaussées, est nommé membre de la commission de l'armement national.

La commission des mécaniciens et des ingénieurs civils s'occupe en permanence de l'exécution des mitrailleuses avec le concours de l'industrie privée. Les communications relatives à ces engins de guerre doivent être adressées à M. Tresca, sousdirecteur du Conservatoire des arts et métiers.

L'attention du Gouvernement a été appelée, de divers C(Més, sur les dangers que pouvaient présenter, au point de vue de la défense de Paris, des communications existant entre les catacombes et certains puits de la ville.

Il résulte des vérifications, que le préfet de police vient de prescrire, que d'anciennes communications de la nature de celles dont il s'agit sont actuellement murées, et que les catacombes ont été mises à l'abri de toute surprise par l'armement des agents du service des mines chargés de la surveillance.

Les liabitants de Paris doivent être rassurés en ce ([iii concerne le service des eaux pendant le siège.

Quand même la population serait pj-ivée de l'eau des aqueducs extérieurs, l'administration aura encore à sa disposition, tous les jours, soixante à soixante-quinze millions de litres d'eau potable, sans compter celle des puits particuliers.

D'après le rapport des ingénieurs du service, rapport fait et communi([ué à la commission centrale d hygiène, l'arrosage seul des rues pourrait souffrir.

Ainsi, la suspension, depuis samedi dernier, de l'airosage dans certains quartiers, tient à la suppression d'un canal, encombi'é par les travaux de défense ,

Chaque modification de service pendant le siège sera annoncée d'avance dans les mairies de Paris.

En ce ([ui concerne l'éclairage, les rapports des ingénieurs spéciaux donnent également toute sécurité. 11 n'y aura que quelques modilications dans le mode d'éclairage.

Le ministre des aff'aires étrangères a reçu du nonce du pape, des ambassadeurs d'Angleterre, d'Espagne, d'Autriche et du ministre des Pays-Bas, des lettres cordiales, par lesquelles ils lui annoncent que jusqu'à nouvel ordre ils resteront à Paris (i).

Le gouvernement de la défense nationale a reçu de l'ex-éinir Abd el Kader l'assurance de la plus cordiale adhésion.

L'Avenir^ de Berlin, dans un article signé Simon, de Trêves, et que nous reproduirons, se prononce contre une annexion de l'Alsace et de la Lorraine, au nom des intérêts de l'Allemagne démocratique, dont le devoir est de ne pas affaiblir la nation française .

(1) On lit dans le numéro du lendemain 13 septembre: Tous les aniba.ssadeurs et chefs de missions diplomatiques ont fait savoir au ministre des affaires étrangères qu'ils resteraient à Paris.

Le Gouvernement de la défense nationale décrète !

Art. 1". En attendant la réorg:anisalion du conseil d'Etat par l'Assemblée constituante, les membres actuels du conseil d'Etat sont suspendus de leurs fonctions à dater de ce jour.

Art. 2. Les affaires administratives ou contentieuses urgentes seront expédiées par une commission provisoire composée de 8 conseillers d'Etat, 10 maîtres des requêtes et 12 auditeurs.

Les conseillers d'Etat et les maîtres des requêtes seront nommés par le Gouvernement, sur la proposition du ministre de la justice. Les membres ainsi nommés désigneront les auditeurs. Fait à l'Hôtel -de- Ville de Paris, le 15 septembre 1870.

DÉCRET. — La présidence du conseil de préfecture de la Seine est supprimée.

Le conseil sera présidé, jusqu'à la réorganisation, par le plus ancien président de section.

Fait à l'Hôtel-de-Ville de Paris, le 14 septembre 1870.

Ont été nommés :

Administrateur provisoire du département du Jura, M. Trouillebert (Antoine).

Préfet des Basses- Alpes, M. Esmenard du Mazet (1).

Le ministre de l'agriculture et du commerce, En exécution du décret du 11 septembre courant, qui a rétabli la taxe de bouclieric à Paris, Arrête :

Art. 1". A dater du vendredi 16 septembre jusqu'au jeudi 22 septembre inclusivement, la viande de bœuf et la viande de mouton seront payées, dans la ville de Paris, aux prix suivants:

(1) Publicisle.

Viande de bœuf.

(Tende de tranclie \ Culotte ] „ Gîte à ia noix > 4 t'r. 10 le kil,

/ Tranche grasse \

\ Aloyau /

Paleron

Côtes I

2* catégorie. { Talon de collier > 1 t'r. 70 le kil.

Bavette d'aloyau \

Rognons de graisse /

Collier

Pis

„ , . , Gîtes ,

3« cateffone. / ) 1 IV. ;^0 le kil.

I^lalo Uc CUlCo

Surlonges

Joues

Le lilet et le faux-filet détachés, ainsi que le rognon de chnir, ne sont pas soumis à la taxe.

Viande de mouton.

1" catégorie. \ ^'^'^^,^ ( 1 tV. 80 le kil.

f Carres >

!2* catégorie. Épaules 1 ïv. 30 le kil.

! Poitrine j Collet. j 1 tV. 10 le kil. Débris de côtelettes ]

Les côtelettes parées ne sont pas soumises à la taxe. Art. !2. Les difterentes espèces et catégories de viandes exposées en vente seront indiquées par des écriteaux.

Art. 3. 11 est détendu aux bouchers d'introduire dans les pesées de viande des os décharnés et ce qu'on appelle vulgairement de la réjouissance.

Art. 4. Les bouchers ne peuvent obliger l'acheteur à prendre avec le morceau de son choix, de la viande d'une autre espèce ou d'une autre catégorie, non plus (pie des morceaux différents de la môme catégorie.

AiiT. o. Le pivseiit arrêté devra être placardé dans l'endroit le plus apparent de la boutique de chaque bouclier. Fait à Paris, le 14 sei)tenibre 1870.

Le Maire de Paris arrête :

Article l®^ Une commission de 20 citoyens sera chargée de réviser le dénomination des rues de Paris.

Art. 2. Le maire de Paris, ses adjohits et le secrétaire général de la Mairie de Paris, sont membres de cette commission.

Art. 3. Les quatorze autres membres de la commission seront élus par l'assemblée des maires et adjoints des vingt arrondissements de Paris.

Art. 4. Dès à présent, la Mairie de Paris, interprète du vœu populaire, décide :

1° La rue dite du Dix-Décembre prendra le titre de rue du Quatre- Septembre ;

2° L'avenue dite de l'Impératrice prendi-a le nom d'avenue du Généra] Uhrich, le glorieux détenseur de Strasbourg.

Art. o. Le secrétaire général de la Mairie de Paris est chargé de l'exécution du présent arrêté.

Fait à l'Hôtel-de-Ville de Paris, le 12 Septembre 1870.

Il a été formé, par les soins de M. le préfet de police, une commission chargée de la répartition, entre les diverses ambulances et sociétés de secours aux blessés, des vins et des denrées alimentaires trouvés dans les palais nationaux. Celte commission est composée comme suit : MM. le comte de Flavigny, président.

Husson, directeur de l'Assistance publique.

De Madré, notaire, membre de la Société de secours aux

blessés.

Lacroze, médecin de la maison d'aliénés de Picpus. Le docteur Chéron.

Wallut, secrétaire de la commission du jardin d'acclimatation.

Pochet, ingénieur des ponts et chaussées. Fougeroux, ingénieur civil.

NOUVELLES DE LA GLERllK.

Mézières, 13 beplembre, 4 h. 30 Le secrétaire général an ministre de l'intérieur.

D'après les j'eiiseiyiienients (jui me sont communiqués, il iiw resterait plus que 4 ou 5,000 Prussiens à Sedan,

L'armistice conclu avec le général commandant supérieur de Méxières pouf le traitement des blessés français touche à son terme. IVJézières est prête à se défendre éuergi([uement.

Nogent-bur-Soiue, 14 septembre, raidi 30.

Les coureurs ennemis sont en vue depuis ce matin. L'attitude du la population les maintient, mais ils vont pénétrer dans la ville.

14 septembre, 2 h. 15 m.

Trente dragons prussiens viennent de se replier devant l'attitude énergique de la population. Ils vont rallier un escadron à 4 kilomètres et paraissent devoir revenir aussitôt.

MuUiouse, 14 septembre, 4 ii. 26 m. soir. Le préfet au ministre de l'intérieur et au général commandant à Bel for t.

Communications interrompues avec Colmar depuis onze heures du matin. Un corps ennemi as; ez important, avec artillerie, occupe, la ville.

Quelques préparatifs pour le passage du Rhin à Neubourg, vis-à-vis Chalampe.

On parle aussi de forces considérables s'avançant depuis OtTeubourg.

Meiuii, 14 septembre, 8 h. soir.

Le préfet au ministre de l'intérieur.

Les communications télégraphiques n'existent plus entre Melun et Mormant. Le 14, vers une heure, 30 lanciers ennemis se sont présenté* à Mormant; l'olïicier a demandé au maire la dernière gazette et annoncé le passage d'un gros de troupes

l'aisaiit partie de l'année du prince royal et se dirigeant sur Paris par toutes les routes. Mon éclaireur s'est porté au-dessus de 3Iormant et a rencontré un vedette à six kilomètres de là.

L'n camp était établi à cet endroit près du bois Tliibout. il était d'environ 4,000 honnnes.

!20 ulilans sont entrés à Nangis, le 13, à 5 heures du soir; une compagnie de Iran es- tireurs a échangé quelques coups de fusil avec eux, puis s'est retiiée. Des troupes ennemies sont campées aux environs de la Croix-aux-Bois, Gastins et Clos- Fontaine. Des francs-tireurs ont déclaré avoir eu un engagement avec des cavaliers prussiens à IMontcerf.

Il résulte d'une dépèche adressée au ministre de la guerre par le général commandant la subdivision des Ardeni.es, que la suspension d'hostilités stipulée autour de Mézières pour l'évacuation des blessés n'a pas encore cessé. Les hostilités ne pourront être reprises contre la ville de Mézières que 48 heures après la dénonciation de l'armistice.

Les communications télégraphiques avec Mézières restent libres.

L'ingénieur des ponts et chaussées de Senlis télégraphie (|u'il se replie sur Beauvais à l'arrivée des Prussiens. Il signale un corps de trente à quarante mille hommes à Crépy en Valois (62 kilomètres de Paris), et de fortes avant-gardes à Nanteuil (49 kilomètres), ainsi qu'à Villers-Saint-Genest et le Plessis.

Des lettres nombreuses arrivent chaque jour en France qui témoignent de la généreuse et cordiale hospitalité que trouvent en Belgique nos officiers et nos soldats internés, et des égards touchants dont ils sont l'objet de la part de la population tout entière. La Belgique a été une seconde patrie pour nos exilés, elle en est une aujourd'Jiui pour ceux que la fortune des armes a trahis. C'est que le noble peuple belge comprend à merveille que la République française ne peut être pour lui qu'une sœur, heureuse de le voir grand et prospère par le progrès et la liberté.

GARDES NATIONALES

Les gardes mobiles des départements appelés à Paris i)oiir la défense nationale ont été lof;és chez les habitants.

Les billets de loy^ement délivrés lixaient un délai de huit jours.

Le maire de Paris requiert les citoyens de Paris de continuer à loger les gardes mobiles juscju'à nouvel ordre de l'autorité.

Il compte sur le patriotisme de ses concitoyens, mais il doit leur rappeler <|ue ceux qui résisteraient à cette réquisition, conséquence de l'état de siège, s'exposeraient à des pénalités sévères.

Le général Trochu, gouverneur, à la suite de la revue passée par lui hier, a adressé aux gardes nationaux et aux gardes mobiles de la Seine et des départements, l'ordre du jour suivant :

Jamais aucun général d'armée n'a eu sous les yeux le grand spectacle que vous me donnez : trois cents bataillons de citoyens organisés, armés, encadrés par la population tout entière, acclamant dans un concert immense la défense de Paris et la liberté.

Que les nations étrangères qui ont douté de vous, que les armées qui marchent sur vous ne l'ont-elles entendu! Elles auraient eu le sentiment que le malheur a plus fait en quelques semaines, pour élever l'âme de la nation, que de longues années de jouissances pour l'abaisser. L'esprit de dévouement et de sacrifice vous a pénétrés, et déjà vous lui devez le bienfait de l'union des cœurs qui va vous sauver.

Avec notre formidable effectif, le service journalier de garde dans Paris ne sera pas de moins de 70,000 hommes en permanence. Si l'ennemi, par une attaque de vive force, ou par surprise, ou par la brèche ouverte, perçait l'enceinte, il rencontrerait les barricades, dont la construction se prépare, et ses têtes de colonnes seraient renversées par l'attaque successive de dix réserves échelonnées.

Ayez donc confiance entière, et sachez que l'enceinte de Pai'is. défendue par l'effort persévérant de l'esprit public et par trois cent mille fusils, est inabordable.

Gardes nationaux de la Seine et gardes mobiles,

Au nom du Gouvernement de la défense nationale, dont je ne suis que le représentant, je vous remercie de votre patriotique sollicitude pour les chers intérêts dont vous avez la garde.

A présent, à l'œuvre dans les neuf sections de la défense! De l'ordre partout, du calme partout, du dévouement partout! Et rappelez-vous que vous demeurez chargés, je vous l'ai déjà dit, de la police de Paris pendant ces jours de crise.

Préparez-vous à souffrir avec constance. A cette condition vous vaincrez.

Avis. — Le préfet de police a appris que quelques abus regrettables ont été commis : sous prétexte d'espionnage, des citoyens ont été arrêtés dans leur domicile sans mandat régulier.

Le préfet de police rappelle que nul ne peut, sans ordre de la justice, pénétrer chez un citoyen, ni porter la main sur sa personne.

La loi punit de peines sévères la violation de domicile et l'arrestation arbitraire.

Le préfet de police fera exécuter la loi et traduira devant les tribunaux ceux qui la violeraient

Mais il est convaincu que cet avis suffira ; il place la liberté du citoyen et de son foyer sous la sauvegarde du patriotisme de la garde nationale.

En face de l'ennemi, le scrupuleux respect de la loi est la première défense de la cité.

On lit encore dans le Journal officiel de ce jour, la circulaire suivante, adressée par le ministre de l'intérieur aux préfets des départements :

Monsieur le préfet, le Gouvernemeirt, fidèle à sa mission, n'a jamais perdu de vue un seul instant le grand intérêt de la dé-

fense nationale sur tout le territoire. Il est heureux de voir relater les sentiments de patriotisme qui sont le gage de la résolution énergique de la Fi'ance, et comptent au premier rang de ses ressources en face des éventualités de l'avenir. Mais c'est surtout dans des circonstances aussi périlleuses que celles où nous souimos qu'il est juste de dire qu'il n'y a rien de fait tant qu'il reste quelque chose à faire; et il importe au plus haut degré de procéder sans retard à l'organisation et à la mobilisation des forces vives du pays : je veux pnrler de la garde nationale sédentaire dans toutes les communes.

Je vous prie donc, on conséquence, de vouloir bien ordoimer h tous les maires de votre département d'inscrire, sur des contnMes prépares à cet elfet, tous les citoyens de vingt et un à soixante ans susceptibles de faire partie de la garde nationale. Celte première opération terminée, vous appellerez tous les gardes nationaux inscrits à élire lours officiers, sous-officiers et caporaux, de manière à constituer les cadres de la garde nationale de chaque commune dans le plus bref délai. Enfin, les cadres constitués , vous aurez , de concert avec les officiers élus, à préparer aussitôt les éléments de compagnies détachées qui pourront être appelées, aux termes de la loi des 8 août , 28 mai et 13 juin 18ol, à faire un service hors du territoire de la commune ou même un service de corps mobilisés pour seconder l'armée de ligne dans les limites fixées par la loi.

Ces compagnies détachées, formées par les maires assistés des officiers de la garde nationale, seront de la sorte toutes prêtes, suivant les éventualités de la guerre et les besoins de la défense nationale, ;\ être mises à la disposition de M. le ministre de la guerre, à qui revient la tache de les utiliser, et qui aura sur elles toute l'autorité que confèrent les lois et règlements militaires.

J'attends de vous l'exécution aussi prompte que possible des ordres ci-dessus consignés, avec un rapport complet sur les mesures de détail auxquelles l'exécution de ces ordres aura donné lieu.

Le minisire de V intérieur.

Signé : Léon Gamcetta.

VENDREDI, 16 SEPTEMBHE.

Le Gouvernement de la défense nationale décrète Art. i". Les élections pour la prochaine Assemblée constituante se feront au moyen des listes électorales actuelles, auxquelles les maires sont autorisés à ajouter, par voie de liste supplémentaire, publiée trois jours avant l'élection, les noms des citoyens qui auront justifié de leur capacité électorale.

Art. 2. L'éligibilité sera réglée conformément aux dispositions du titre IV de la loi du 15 mars 1849. Toutefois, le délai de six mois indiqué par le paragraphe l^"" de l'art. 88 est réduit à six jours.

Art. 3. Chaque département élira au scrutin de liste le nombre de représentants déterminé par le tableau annexé au présent décret, sur la base d'un représentant par oO,000 habitants, plus un représentant par fraction excédant le chiffre de 30,000 habitants.

Art. 4. Seront applicables les art. 91 (relatif à l'option), 96 et 97, § 2 (relatifs à l'indemnité) delà loi du lo mars 1849.

Art. 5. Le scrutin ne durera qu'un seul jour.

11 aura lieu au chef-lieu de canton, sous la présidence du maire du chef-lieu. Néanmoins, en raison des circonstances locales, le canton peut être divisé en sections par arrêté préfectoral publié au moins trois jours à l'avance. Ces sections seront présidées par le maire de la commune où le vote a lieu.

Art. 6. Les opérations de vote auront lieu conformément à la loi actuellement en vigueur. Néanmoins, seront applicables les art. 56, 63, 64, 60, 66 de la loi du lo mars 1849, relatifs au fonctionnement du scrutin de liste.

Art. 7. Les militaires présents sous le drapeau voteront pour l'élection des représentants du département où ils sont inscrits comme électeurs.

Les six premiers paragraphes de l'article 62 de la loi du 15 mars 1849 seront observés. Pour les militaires en campagne ou faisant partie de la garnison d'une place en état de siège, le

vote aura lieu conformi'ment aux dispositions prises par le chef de corps ou le frouverneur de la place.

Art. 8. Le vote aura lieu eu Algérie quinze jours après, et dans les col(^nies, deux mois après le jour où il aura eu lieu en France.

Tableau des représentants ii élire par chaque département.

DÉPARTKME.NTS.

rOPlLATION.

NOMBRE (lo rciirésontant'

il élire.

Ain

Aisne

Allier

Alpes (Hautes-)

Alpes (Basses-)

Alpes-Maritimes

Ardèche

Ardennes

Ariége

Aube

Aude

Aveyron

Bouches-du-Rhône

Calvados

Cantal

Charente

Charente-Inférieure ,

Cher

Corrèze

Corse

Côte-d'Or

Côtes-du-Xord

Creuse

Dordogne

Doubs

Drùme ■

Eure

Eure-et-Loir

Finistère

Gard • .

A reporter

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