‹ Journal du siège de Paris en 1590Chapitre 11 sur 115 · Pantagruel, ïiy. II, ch. i · texte numérisé non relu

Pantagruel, ïiy. II, ch. i

4. « Le mardy onzième de majr, les Parisiens commen* cèrent à fortifier leur "ville; ils abbattirent plusieurs maisons dans les faui^bourgs, dont les ennemis auroient pu les en^

Le 9 septembre 1 590, il tenta un assaut sur un point où les fortifications étaient en bien mauvais état *, entre les portes Saint- Jacques et Saint-Marceau, précisément Tendroit désigné par Rabelais. La vieille enceinte quatre fois centenaire protégea encore Paris : on aperçut l'extrémité des échelles appliquées contre le rempart, les bourgeois accoururent et la tentative échoua.

M. Bonnardot pense que les travaux successivement exécutés sur la rive droite aux époques où la capitale était menacée, se rattachaient à un plan d'ensemble conçu dès le règne de Louis XII *. Cest là, je crois, faire trop d'hôn-

dommager. A ces travaux contribuèrent tous les bourgeois de la ville, qui plus, qui moins. Les seigneurs qui étoient dans la ville alloient souvent voir les travailleurs, et les animoient par leur présence, et les prédicateurs, entre autres Pierre Christin, par leurs exhortations. » Lestoile, Journal /< de Henri IV, 1 1 mai 1 5go.

c Les Parisiens tendirent une chesne de la Tournelle aux Célestins, laquelle estoit soutenue de petits bateaux.» Palma Cayet, Chronologie novénaire, 8 mai iSgo,

1 . « Le mura et li terrapieni erano si deboli et mal parati che damolti siti vi poteva entrare et uscire. r> Pigafetta, Relatione dell'assedio di Parigi, p. 6.

• Les murailles estoyent si mauvaises que, par plusieurs endroits, on y montoit et descendoit sans difficulté. » Corneio. Discours des choses plus notables arrivées au siège de Paris, p. 7.

2. Dissertations archéologiques sur les anciennes enceintes de Paris, ^é 178.

neur à la prévoyance administrative du xvi' siè* cle. En revanche, il est incontestable que les fortifications nouvelles différaient beaucoup des anciennes. L'invention de Partillerie avait montré le danger des murailles élevées, faciles par conséquent à détruire, dont les débris comblaient les fossés et facilitaient Passant. On songea aussi à donner aux bastions la forme angulaire qu'ils présentent de nos jours, et qui permet de défendre à la fois la courtine et rapproche des fossés. Ceux-ci n'offraient d'ailleurs autour de Paris qu'un moyen de défense bien insuffisant ; sur la rive gauche, couronnée par des hauteurs, ils restaient toujours à sec; les égouts et le grand ruisseau qui descendait de Ménilmontant alimentaient tant bien que mal ceux de la rive droite.

L'idée de construire une nouvelle enceinte fut plus d'une fois agitée pendant le seizième siècle, car on sentait la nécessité dç protéger les faubourgs situés hors des murs et qui avaient pris un développement considérable.

Vers i55o, les habitants du faubourg Saint- Germain réclamèrent des remparts *, et leurs instances furent telles que le roi ordonna (8 septembre) de « faire faire leportraict et dessein de la

z. Sauvai, Recherches sur Paris, 1. 1, p. 83.

closture et fortifications de tout Paris, comprins les faulxbourgs, tant de i^université que de la ville * ». A cette occasion, des procès-verbaux de visite furent rédigés, des plans furent dressés ^, mais ce fut tout, et la réalisation partielle de cet immense projet ne commença que sous Louis XIII.

^importance politique et commerciale que Paris avait acquise, augmentait d'ailleurs chaque jour les difficultés de l'entreprise. L'ambassadeur vénitien Giustiniano avait sans doute encore le droit d'écrire (i535): « Paris n'est guère plus vaste que Venise, et on en fait le tour en trois heures, en allant à pied et assez doucement ^ ; » mais déjà de toutes parts les terrains situés autour de la ville se couvraient de constructions. Les Jacobins vendaient leurs vignes, les religieux de Sainte-Catherine leurs cultures, ceux de Saint-Germain des Prés une portion 4u Pré aux clercs. La royauté elle-même abandonnait le quartier Saint-Antoine, les hô-

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