Relations des ambassadeurs vénitiens, 1. 1, p
tels Saint- Paul et des Tournelles, pour venir se fixer au Louvre et aux Tuileries, emmenant avec elle toute la cour, dont les somptueuses demeures s'élevèrent sur les faubourgs Saint* Germain et Saint-Honoré.
L'accroissement devint bientôt si rapide que les magistrats municipaux s'en émurent; on commençait déjà à craindre la dépopulation des campagnes au profit des villes ^ Bien des gens quittaient même Paris pour les faubourgs, ou ils échappaient aux sévères ordonnances qui réglementaient les corporations, et où la police était tout à fait impuissante ^. Enfin, plus Paris
1. t Après avoir sceu le grand nombre des maisons qui se sont basties depuis vingt ans en çà es fauxbourgs de ladite ville^ et se bastissent encores de nouveau chacun jour, et avoir considéré que cela est cause en premier lieu d'attirer des autres villes et villages de nostre royaume une infinité de gens, lesquels laissent et abandonnent lesdites villes et villages où ils s'estoient habitués... »
2. t Et si ceux qui se retirent esdits fauxbourgs sont ar* tisans, ils sont receuz à y tenir ouvroir sans faire preuve e't apprentissage, n'estre aucunement sujets à visitations ; de sorte que la pluspart des maistres des mestiers de nostredite ville ne peuvent pour cette occasion retenir leurs gens et serviteurs ; caraussi-tost qu'ils ont apprins quelque chose de leursdits arts et mestiers, ils abandonnent leursdits maistres pour aller lever leurs ouvroirs et boutiques esdits fauxbourgs.... Et qui pis est, plusieurs des maisons desdits fauxbourgs ne sont que retraites de gens mal-vivans, taverniers, jeux et bourdeaux, et la ruine de grand nombre de jeunes gens, qui alléchez et attirez d'oysiveté, consument et per-
s'étendait, et plus la pensée de renfermer dans une nouvelle enceinte devenait irréalisable. Par édit de janvier 1548, Henri II défendit donc qu^il fut « d^ores en avant édifié ni basti de neuf es fauxbourgs de Paris... sur peine de confiscation du fonds et du bastiment qui sera inconti* nentdémoly*. »
Le prix des terrains s'éleva aussitôt dans la ville, et le roi en profita pour vendre (1546 à i565) la plus grande partie de ses domaines : les « maisons, masures, places et jardins de Beautreillis, » les hôtels d'Artois, de Bourgogne, de Flandre, de Saint-Paul, de Nesle, etc., à charge par les acquéreurs d'y ouvrir des rues et d'y construire des maisons.
La population s'accrut d'autant ; mais on man« que de documents authentiques pour en fixer le chiflfre aux différentes périodes du xvi^ siècle. Certaines données historiques permettent cependant de supposer que l'enceinte de Paris renfermait près de trois cent mille habitants
dent là profusément leur jeunesse et se nourrissent en tels vices ; et procédans de mal en pis, prennent la hardiesse de commettre plusieurs meurtres, voleries, larrecins et autres délits grandement contraires, pernicieux et dommageables à un estât politique.... » Fontanon, les Édicts et Ordonnances des rois de France, t. I, p. 842.
I . Fontanon, les Édits et Ordonnances des rois de France,^ t. I, p. 842.
SOUS François I*' et sous Henri II*. A partir de cette époque, les querelles religieuses, les guer* res civiles, la décadence des établissements uni* versitaires réduisirent beaucoup ce nombre, et le recensement fait par ordre du gouverneur de Paris, pendant le siège, en mai iSgo, fournit le chiffre de deux cent vingt mille âmes *. Rappelons qu^à rapproche des troupes royales, les chefs ligueurs avaient ordonné d'expulser les réfugiés de la campagne et les infirmes comme bouches inutiles, mais que le conseil de la ville s^était opposé à cette mesure.
Les trois grandes divisions naturelles de Paris avaient conservé leurs noms : Cité, Ville et Université^, et, dans Tordre administratif, on avait
1. Les intéressantes relations des ambassadeurs vénitiens diffèrent trop entre elles sur ce point pour pouvoir être utilement consultées. Andréa Navagero^ en i528, attribue à Paris trois à quatre cent mille habitants (t. I, p. 3o) ; Marino Cavalli, en x 546, donne le chi£fre de cinq cent mille (t. I, p. 260) ; enfin Lippomano écrit en iSyjiui D'après l'opinion commune, il se trouve continuellement dans cette ville plus d'un million de personnes. » (T. II, p. 6o5.)