VIII PREFACE
de bataillei cest la foi, la foi aveugle. Le mot patriotisme na pas de sens pour eux, et la France, ils la livrent héroïquement à l'étranger. Cest pour le roi Philippe II, c'est pour l'Espagnol qu'ils combattent et qu'ils souffrent*, c'est Mendoça, l'ambassadeur d'Espagne, qui jette de sa fenêtre des sous frappés à V effigie de son maître; le secours que rêvent toutes les âmes, que cherchent à l'horizon tous les regards, c'est l'invincible infanterie du duc de Parme.
Quant aux Politiques, à ceux qui voudraient rappeler au peuple qu'avant tout il est français, on les hue, on les menace^ on les emprisonne^ on les tue.
La gravure qui sert de frontispice à ce volume montre que Ventrée du roi à Paris fut beaucoup moins pacifique qu'on ne Va dit depuis. La Ligue n'avait point pardonné j et elle ne pardonna jamais; les attentats de Jean Châtel et de Ravaillac le prouvent asse{.
L'auteur du Journal que nous publions
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partageait toutes les idées de ce parti. Pour lui, la cause première des malheurs de la France remonte à la Saint- Barthélémy.
U extermination des hérétiques ne fut pas, ce jour-là^ asseï complète, et Charles IX eut surtout le tort impardonnable de laisser la pie à Henri. Celui-ci put ainsi devenir « sans controverse le légitime successeur « de la couronne », mais « hors V hérésie ^, et tout bon ligueur « préfère Vétranger à « Vhérésie. »
Notre chroniqueur, au reste, était italien.
Sa relation, aujourd'hui presque introu^ vable, fut publiée à Turin en i5go, sous ce titre : Relâtione fidelissima dell'assedio di Parigi et sua liberatione. Elle forme trentedeux pages in-quarto^ imprimées à longues lignes en caractères très-fins. Elle fut aussitôt traduite en français, et nous connaissons deux manuscrits de cette traduction, tous deux contemporains des événements qui y sont racontés. Le premier est conservé à la Bibliothèque nationale {fonds français.