‹ Journal inédit, 1614-1620, publ. et annotéChapitre 30 sur 95 · M. de Villeroy retourne · texte numérisé non relu

M. de Villeroy retourne

11. M. de Villeroy retourne ; meine M. de Vil— lesavin avec luy. Envoyé M. de Villesavin. Mande que Monsieur le Prince veut doresnavant traitter article par article ; que le premier qu'il propose est celuy du règlement du Conseil ; qu'il demande que dans le Conseil des affaires d' Estât, qui se tient les matins à dix heures, il ayt la part que son rang- requiert ; que l'on se serve, pour les finances, de ceux dont le feu Roy se servoit, et entr' autres de M. de Sully ; que les arrests et autres expéditions du Coq-

1 Voy. Pontchartrain, Petitot, 2e série, t. xvn, p. 83 ; Richelieu, i<L, t. xxi bis, p. 250 ; Fontenay-Mareuil, id., lre série, t. l, p. 284.

3 Jean Phélypeaux, seigneur de Villesavin, comte de Buzançois, secrétaire des commandements, de la reine Marie de Medicis, maître des comptes et conseiller d'Etat, mort en 1660. {Voy. Moreri, t. vin, p. 259. )

jufiM mi. seil soyent signées de. sept personnes* sça voir : de luy, de M. de Sully, Monsieur le Chancelier, Monsieur le Controsleur-gértéral des finances, du Rapporteur et des deux plus anciens du Conseil.

On dit qu'on lui répondit que, pour M» de Sulty et la signature des arrests, c' estoit chose qui ne se pouvoit faire ; que, quant au Conseil de dût heures, il y aUroit toujours le rang que sa qualité méritait '.

15^ Les lestres - patentes du Roy pour tirer 1,200,000 livres de la Bastille ayant esté refusées cinq fois par la chambre des Comptes, on donne arrest au Conseil le 14, qui estoit le jour précédent, signé du Roy, de la Reyfle, Monsieur le Chancelier et MM. Jeannin, Maupeou2, Arnaud et Dollé, portant que la dite somme seroit tirée; et le dit jour 15, Leurs Majestez, assistées de tous les Grans de la Cour* furent faire tirer la dite sortime.

17. M. de Villeroy retourné. Monsieur le Prince F avoit quitté et s'en estoit allé à Muret, terre qui est à luy, pour conférer avec MM. de Buillon* de Longueville, du Mayne et comte de Saint-Pauh

M. de Prouville, gentilhomme de bonne maison de Picardie, qui avoit très-bien servy, avoit une jambe de bois, sept en fans, une pension et estoit sergent-major d'Amiens, est poignardé par un soldat italien de la citadelle nommé Alfonce Marianna,

* Voy. Mère, /V., t. iv, p. 116.

* Gilles de Maupeou, né en 1551, conseiller d'Etat, intendant et contrôleur général des finances sou* Heuri IV et Louis XIII, mort en Î641. *

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en passant sur le pont qui est entre la ville et Tes- jumet m». planade de la citadelle, d'où il revenoit. Il y alloit souvent donnet le mot. Alfonce se sauve dans la citadelle; la ville s'émeut pour l'avoir, MM. deMaigneux1 et d'Hocquincoiirt2, venus depuis peu de Paris, promettent de le rendre et cependant le mettent en prison les fers aux pieds. Hautedeclos* qui commande dans la citadelle, prend vingt mousquetaire» et tire Alfonce de prison, puis sort avec luy par une porte qui est du costé des champs, et montent tous deux à cheval et prennent lé chertiih dé Flandre. Incontinent après l'assassinat, cetix dé la ville ayant pris les armes pour investir la citadelle par dehors, on dit que M. de Maigneux leur promit qu'on leur rendroit Alfonce, et que, sur cela, ils se retirèrent *•

M. le maréchal d'Ancre a depuis mis Hautedeclos pour commander dans Quillebœuf, au commencement de l'année 1617.

21. A quatre heures du matin, M. de Villerdy (assisté de M. de Neubourg) repart, va coucher h Villers-Cotterets, pour de là aller le lendemain rfiatin à Noyon, où s'assemblent les Princes.

1 Charles des Essai*, seigneur de Meigneux, gouverneur de Montreuil, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, lieutenant de la compagnie des gendarmes de la reine Marie de Medicls, puis dd maréchal d'Ancre, mort en 1617.

2 Georges de Monchi, seigneur d'flocquincourt, gouverneur de Péronne, père du maréclial d'Hocqmncourt.

3 Voy. cette affaire, Richelieu, p. 256 ; Fonteiiây-Mircài!, pi 281 Merc. /r., t. iv, p. 1/|8. *

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jumet tels. 26. M. de Pontchartrain i va porter une lettre

du Roy à Monsieur le Prince, par laquelle Sa Majesté lui commande d'estre samedy à Paris pour partir avec elle ; et, à faute d'obéir, dit à M, de Villeroy que le Roy lui avoit commandé de s'en revenir, après avoir sommé le Prince. Sur cela, le traitté se rompt entièrement.

28. M. de Pontchartrain revient avec la réponse de Monsieur le Prince, par laquelle il nomme les six personnes dont il se pleint, et demande qu'ils soyent mis hors des affaires. La datte est de Coucy2.

La Reyne s'estoit trouvée fort mal la nuit du 27 d'un grand flux de ventre, qui la mena vingt-cinq ou trente fois avec du sang. On en. attribue la cause à une colère qu'elle avoit eue le jour précédent.

Treize compagnies des gardes, prestes à partir, furent arrestées sur ce sujet.

On tient que M. de Pontchartrain fut envoyé si soudainement , afin que l'on rompist plus tost sur le sujet du voyage que sur la nomination des six personnes dont on se pleint.

On a dit depuis que ce fut MM. de Guise et d'Es-

1 Paul Phélypeaux, seigneur de Pontchartrain, né en 1569, secrétaire des commandements de Marie de Medicis, secrétaire d'Etat en 1610, mort en 1621. Les précieux Mémoires de cet homme d'Etat ont été publiés dans les collections Petitot et Michaud.

2 Voy., dans les Mém. de Math. Mole, la lettre du Roi au prince de Condé et la réponse de celui-ci, ainsi que la longue lettre écrite par le Roi au Parlement, au sujet des démarches infructueuses faites auprès de Monsieur le Prince, pour l'inviter à accompagner la Cour au voyage de Guyenne (p. 62 et suit.). Voy, les mêmes pièces, Merc. /h, t. îv, p. 139-148.

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pernon qui, craignant que la négociation s'accommo- '«m* ws. dast à leur préjudice, firent, avec le Commandeur (de Sillery) * et M. de Bulion, résoudre la Reyne à envoyer M. de Pontchartrain sans que Monsieur le Maréchal ni M. Dollé le sceussent.

Comme on eut leu la lestre de Monsieur le Prince, sur ce que quelqu'un demandoit ce qu'il faloit répondre, on dit que M. le maréchal d'Ancre dit que c'estoit à ceux qui avoyent donné le conseil d'envoyer M. de Pontchartrain de dire ce qu'il faloit faire.

On dit que sur ce que Monsieur le Maréchal dit devant M. d'Espernon, que c'estoit un conseil violent que l'on avoit donné à la Reyne, M. d'Espernon répondit : Monsieur, le conseil est très-bon et je suis prest de le maintenir à la pointe de mon épée ; que sur cela, Monsieur le Maréchal répondit : Monsieur, je ne parle pas pour vous, mais pour Monsieur le Chancelier, A quoy M. d'Espernon répondit que le conseil de Monsieur le Chancelier estoit très-bon.

Ce fut M. de Longueville qui voulut que l'on nommast le Maréchal et la Maréchale, et M. de Buillon qui voulut que l'on nommast M. Dollé.

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