M. de Rohan arrive à la Cour
26. M. le Maréchal de Thémines part pour aller en Champagne, commander l'armée du Roy, en l'absence de M. de Guise. (On tient que M. le Maréchal d'Ancre âvoit dessein de l'éloigner de la Cour). Lorsque M. de Praslin avoit sceû, quelque temps auparavant, que l'on luy donnoit cette charge, il en avoit témoigné un mécontentement extrême, et M. de Fossez ayant esté envoyé à Sainte-Menehoud le trouver sur ce sujet, il l'avoit trouvé résolu de se retirer chez luy ; mais enfin, il le ramena à se conformer à la volonté du Roy (Voyez 17 février) 2.
M. de Thémines estant arrivé à Rheims, n'y trouva forces quelconques.
Environ ce temps, on envoya six canons à Chàlons, par terre.
Environ ce temps, le sieur de Lousse, exempt des Gardes de la Reyne-mère, ayant esté envoyé faire la reveùe de quelques compagnies de vieux régiments, et ne les ayant trouvé complettes , cassa les sieurs de Puyerlet, Trion, Porcheux, etc.. frère de M. le maréchal de Montigny. Depuis, lesdits capitaines étant venus trouver le Roy, ils se plaignirent extrêmement, disant, qu'on les avoit cassez contre toutes
1 Voy. Fontenay-Mareuil, p. 365 ; Richelieu, p. 387 ; Pontchartrain, p. 201. Voy. Merc. fr., p. 20, le texte de cette Déclaration.
2 Voy Fontenay-Mareuil, p. 3G6; Richelieu, p. 389; Pontchartrain, p. 201.
jamier i6i7. les formes de la Guerre, attendu qu'ils n'estoyent pas responsables du manque du monde de leurs soldats, (dont plusieurs s'en altoyent après avoir reçeu la montre, sans qu'il soit possible de les en empescher) , pourveu qu'ils offrissent, comme ils font, de bailler par écrit, le nom des lieux de leurs demeures, et de les y aller prendre, si on veut leur bailler un prévost pour ce sujet, avec charge de leur faire faire leur procès; que sr c'estoit qu'en faisant la montre de leurs compagnies, il s'y trouvast des passevblants, en ce cas, ils reconnoissent qu'ils méritoyent d'estre cassez et lesdits passevolans d'estre pendus, suivant les ordonnances.
Sur ce que le Roy trouva bon de rétablir lesdits capitaines eh leurs charges, mais que Ton avoit mis dans les lettres expédiées pour cet effet, que Sa Majesté leur avoit fait grâce, ils dirent qu'ils ne pouvoyent souffrir ce mot de grâce, pour ce que n'ayant point failly, ils ne devoyent point recevoir de grâce, et que s'ils avoyent failly, il les faloit chastier et les juger en conseil de guerre.
Environ la fin du mois, M. de Luines remis bien avec la Reyne-mère, et puis avec le Maréchal d'Ancre.
Vers ce temps-là mesme, M. de Nevers va à Soissons, où M. de Vendosme se trouva \
1 Voy, Richelieu, p. 387; Pontchartrain, p. 201 ; Mère. /#%, p. 34. Voy. Merc, /y»., p. 3G, le manifeste du duc de Nevers, en réponse à la Déclaration publiée contre lui.
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Mécredy 1. M. le comte d'Auvergne part, avec *>»■««■ m. un canon, et une couleuvrine, pour aller commander Tannée du Roy destinée pour servir es provinces de Normandie, Perche, Mayne, Païs Chartrain, Nivernois, etc. — Un des desseins estoit pour nettoyer toutes les places, estant en quelques unes desdites provinces qui favorisent les Princes , comme la Ferté- Vidame, la Louppe, la maison du marquis d'Alligre \ la Ferté-Bénard, Nogent-le-Rotrou, etc. — 11 fit trèsbien en ce voyage, car toute la noblesse du païs estoit preste à se soulever, et néantmoins, avec quinze ou seize cens hommes de pied, et environ trois cens chevaux, il contraignit tout de se tenir en devoir, et fit abattre le chasteau du Mans. Le marquis de Laver-: din Gouverneur de la Province, qui a épousé une nièce de M. du Mayne 2, et favorisoit son party, ne parut point. Monsieur le Comte commit en sa place au gouvernement du pays, quatre des principaux seigneurs de la Province, sçavoir, M. de la Flotte, M, de Horée, M. de Bouille, et M. de Vassé 3.
1 Estienne d'Haligre ou d' Migre, conseiller au grand Conseil, chef du Conseil de Charles de Bourbon, comte de Soissons, tuteur honoraire de Louis de Bourbon, comte de Soissons son fils, conseiller d'État, président au Parlement de Bretagne, garde des sceaux et chancelier de France en 1624, destitué en 1626» mort en 1635. (Voy. P. Anselme, t. vi, p. 550.)
2 Henri de Beaumanoir, Marquis de Lavardin, fils du maréchal et gouverneur des comtés du Maine, du Perche et de Laval, avait épousé en 1614 Marguerite de la Baume, fille de Rostaing de la Baume, comte de Suze, et de Madeleine des Prez-Montpezat. Le marquis de Lavardin étant mort en 1633, elle se remaria avec le comte de Modène.
s Voy. Fontenay-Mareuil, p. 365; Richelieu, p. 389; Pontchartrain, p. 202; Merc.fr.) p. 111.
Février 1617. La nièce de M. du Mayne, que M. le Marquis de
Laverdin a épousée, est fille de M. et Mrae de Suse, laquelle est sœur de M. le Marquis de Vilars, et Mme de Montpesat , enfans de feu Mme du Mayne et
de M son premier mary \
M. le Maréchal d'Ancre part pour aller en Normandie, (toute la cour estoit à son lever pour luy dire Adieu). On tient que c' estoit à dessein de fortifier Quillebeuf, et que l'armée du comte d'Auvergne estoit pour favoriser cette entreprise. Depuis, il s'est veu par effet, qu'il a fortifié Quillebeuf, mais il avoit des trouppes pour ce dessein, autres que celles de M. le Comte d'Auvergne2.
* 5. La nuit d'entre le Dimanche et le Lundy gras, la compagnie de Gendarmes de M. de Candale, commandée par Récourt, estant d'environ quarante
maistries, logez à près la Fère, est chargée par
des troupes envoyées par M. de Vendosme. Trois maistres tuez, trois valets brûlez dans une maison,
1 Henriette de Savoie, marquise de Villars, fille du maréchal et amiral de Vîllars , épousa 1° M elehior des Prez, seigneur de Montpezat, maître de3 'eaux et forêts, sénéchal de Poitou, lieutenant du roi en Guyenne ; 2* Charles de Lorraine, duc de Mayenne, le chef de la Ligue. De son premier mariage elle eut, entre autres enfants , Emmanuel Philibert des Prez, marquis de Villars, chevalier des ordres en 1618. mort des suites des blessures qu'il reçut au siège de Montauban en 1621 ; Henri des Prez,jfmarquis de Montpezat, évoque de Montauban, puis capitaine de cinquante hommes d'armes, gouverneur de Muret, de Grenade, mort en 1619 ; Madeleine des Prez, comtesse de Suze. {Voy. P. Anselme, t. vu, p. 190.) C'est donc à tort que notre manuscrit porte madame au lieu de monsieur de Montpezat, parmi les enfants de la feue duchesse du Mayne.
2 Voy. Merc. /r., p. 158 et 162.
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Récourt, et tout le reste de sa troupe pris prisonniers, porter mi. avec tout leur équipage, où il y avoit plus de cent bons chevaux. Trois hommes de ceux de M. de Vendosme tuez. Il y avoit fort longtemps que cette troupe faisoit tous les désordres du monde, et logeoit partout, sans département, et mesme, avoit voulu loger sur les" terres de Mme de Candales qui les en avoit empêchez !.
12. Mlle de Vienne enlevée par Saveuse. Sa Gouvernante la trahit, Payant menée à la porte, après souper, sous prétexte d'oûir une Musique. Le Carrosse attendoit au Coin de la Rue des Billettes. Il se rompit prèa la porte Saint- Denis, où l'on fit monter Mlle de Vienne sur un cheval.
13. Déclaration contre MM. de Vendosme, du Mayne et de Buillon 2.
Nouvelle arrive, que M. le Maréchal de Thémines,
1 Voy. Merc. /r., p. 115.
2 Voy. Fontcnay-Mareuii, p. 365 ; Pontchartrain, p. 202 ; Richelieu, p. 388. Cette déclaration, qui comprenait aussi le Marquis de Cœuvres et le Président le Jay, a été recueillie coll. Petitot, 2e série, t. xi, p. 244. On la trouve aussi dans le Merc. /r., p. 44, avec les Remontrances des Princes et les Réponses qui y furent faites, où on lit le passage suivant concernant l'évêque de Luçon : « Celuy qui a esté fait » secrétaire d'Estat est un Prélat si plein de gloire pour l'innocence de » sa vie, pour l'emmence de son savoir et pour l'excellence de son » esprit, que tous ceux qui scavent quel est son mérite advoueront » aisément que Dieu l'a destiné pour rendre de grands et signalez ser- » vices à Leurs "Majestez, au milieu des tempestes de leur Estât. » A la suite de ces pièces, le Mercure donne la Déclaration du Roy, en date du 17 février 1617, sur le subject des nouveaux remuements de son royaume. Ce document remarquable, contresigné Richelieu, est probablement de sa main.
Ferler i6i7. ayant seû que M. de Nevers retournoit à Chasteau- Porcien, avec quatre cens chevaux, l'avoit suivy, mais n' avoit. pu le joindre. Il luy prit quelque bagage, tua douze ou quinze de ceux qui le conduisoyent, et s'estoit allé mettre en bataille à la portée du Canon de Chasteau-Porcien, où il avoit demeuré assez longtemps sans que personne osast sortir, encore que M. de Nevers y fust en personne.
Environ ce temps, M. de Join ville fait serment de la charge de chambellan, qui fut ostée à M. du Mayne\
17. M. de Guise ayant la charge de Lieutenantgénéral pour le Roy en ses armées, part pour aller à Chasteau-Thierry. M. de Commartin, estoit Intendant de la justice et des finances de ladite armée 2.
MM. de Thémines et de Praslin ne s' accommodant pas bien ensemble, M. de Guise envoya M. de Feuquières vers M. de Praslin, lequel dit, que puisqu'il avoit plû au Roy d'élever M. de Thémines au-dessus de luy, il luy porteroit le mesme honneur qu'à un Maréchal de France ; qu'en l'absence de M. de Guise, il luy obéiroit entièrement; mais que de désirer de luy qu'il se relàchast aux fonctions de la charge de Maréchal de Camp, ce n'estoit chose raisonnable; qu'il vouloit bien, après avoir fait des logemens, aller trouver M. de Thémines, pour savoir s'il les approuveroit ; mais que M. de Thémines n'eust le mot de
' * Voy. Pontcbartrain, p. 207. C'était la charge de grand chambellan de France.
2 Voy. Merc. /r., p. 116.
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M. de Guise , et puis le luy baillast à luy, c'estoit «*>vrier ten. chose qui ne se devoit et ne s' es toit jamais pratiquée ; et que , pour le montrer, M. de Biron !, qui faisoit la charge de Maréchal de. Camp au Siège d'Amiens, prenoit le mot du Roy et non pas de M. le Connestable ; et que, de fait, si le Roy venoit en son armée, il supplieroit M. de Guise mesme de trouver bon qu'il reçeust le mot de Sa Majesté, et non plus de luy ; ce qui témoignoit assez que ce n'estoit pas manque 4e respect à la personne de M. de Thémines, mais pour ce que Tordre de la guerre estoit tel; et que pour faire connoistre l'affection qu'il avoit de servir, il demeureroit dans l'armée en qualité de gentilhomme particulier , au cas qu'on ne luy voulust laisser faire sa charge. — M. de Guise dit, sur cela, qu'au voyage de Bayonne , M. de Vignolles, Maréchal de Camp, prenoit le mot de luy* encore que M. le Maréchal de Brissac y fust, et qu'estant de retour à Bordeaux , M. de Vignolles le supplia de trouver bon qu'il prist le mot du Roy. M. de Thémines, au contraire, insiste sur sa commission , à la fin de laquelle, (après le pouvoir qui luy est donné, de faire, en l'absence de M. de Guise, les mesmes choses que luy) , il y a une clause qui porte pouvoir d'exercer les mesmes fonctions, tant en présence qu'en absence.
1 Charles de Gontaut, duc de Biron, second maréchal de ce nom, pair , amiral et maréchal de France, condamné à mort et exécuté en 1602. Il eut en 1597, comme maréchal général des camps et armées du Roi, toute la conduite du siège d'Amiens, quoique le connétable de Montmorency fût présent. {Voy. P. Anselme, t. vu, p. 363.)
Février i6i7. M, Barbin dit, que cela avoit esté fait, parce que
M. de Thémines avoit dit ne pouvoir aller autrement, d'autant que M. de Guise commandant, et M. de Praslin estant seul Maréchal de Camp, il n' avoit sans cela, aucun pouvoir en l'armée.
Environ le 25. Cufy pris par M. le Maréchal de Montigny. Ils endurèrent deux cens coups de canon. 11 fut trois semaines devant, et l'eût pris plus tost, s'il eust voulu ; mais il se fâchoit de perdre M. de Meneton, neveu de sa femme, qui s'estoit jette dedans. Le Roy ayant sceû la nouvelle, manda à M. de Montigny de faire raser la Place ; ce qu'il fit exécuter par un Prévost, qu'il mena avec luy ; et depuis, a fait le semblable à toutes les autres places qu'il a prises \
M. de Bersy fut envoyé. — Incontinent après M. de Montigny prend Vouzy 2. .
m«is Environ le Ier. Vincenze, secrétaire de M. le Ma-
réchal d'Ancre * pris prisonnier et mené à Soissons3.
La Grange, secrétaire de Monsieur le Prince, mis auChastellet pour ce qu'il se mesloit d'autres aflaires que celles que le Roy luy avoit permis de traitter.
M. de Guise, avec trois mil hommes de pied et
■* Voy* Richelieu, p. 394 ; Pontchartrain, p. 20ft ; Merc. fr., p. 165. - 2 Douzy, suivant le Mercure, p. 166.
8 II revenait d'une mission en Allemagne et dans les Pays-Bas, lorsqu'il fut arrêté par les gens des Princes rebelles, qui s'emparèrent de ses papiers.
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quatre ou cinq cens chevaux, assiège Ribecour et le m»™ i«it. prend par composition le samedi û\ Le premier jour du siège, M. de Guise et M. de Thémines allèrent, en pourpoint, reconnoistre la place. Le capitaine Saint-Martin (qui avoit salué M. de Guise, en quoy il avoit fait faute) , est tué d'un coup de pièce, par la teste, entre M. de Guise, et M. de Feuquiéres. Son chapeau tomba sur M. de Feuquiéres. Il estoit du Régiment de Reaumont. Ce jour-là, ceux de dedans, au nombre de cent vingt soldats, tirèrent plusieurs coups de pièce, et plus de quatre cens mousquetades. Sur le minuit, M. de Guise envoya M. de Feuquiéres à Châlons, quérir deux canons de baterie, et des munitions pour tirer mille coups. Il ne trouva pas un officier de l'artillerie, un seul cheval, ni une seule charrette. Il . fit faire en vingt-quatre heures cinquante charrettes, assembla aux environs de Châlons deux cens chevaux, écrivit de tous costez pour ramasser et. envoyer à M. de Guise les troupes qui ne l'avoyent pas encore joint, et avec cinq cens hommes de pied, et quelque soixante chevaux, mena le canon à M. de Guise, qui, ayant pris Richecoar, luy commanda de faire alte à et puis de ramener le canon à Châlons.
La résolution d'amener ainsi du canon estoit bien périlleuse, car il estoit aisé aux ennemis de défaire ceux qui le conduisoyent, et de le reprendre.
C'estoit témérité que de faire ce siège, car la place est excellente, estant une maison bastie de pierre de taille des quatre costez avec un fossé de douze toise6
>ur* i6i7. (jc large, et un terre-plein dehors, avec quatre baslions, dont tout le terrein est terre glaise, où la balle ne fait que son trou, et puis, la terre se referme. M. de Guise estok foible. Les ennemis estaient assemblez à Retel avec huit cens chevaux, et ce qu'ils pouvoyent tirer de leurs garnisons. Ils pouvoyent empêcher que M. de Guise ne receust aucune des forces qui le devoyent joindre, d'autant qu'il leur estoit facile de les charger en chemin, y ayant douze lieues de plaine à passer. Ils le pouvoyent incommoder de vivres, et deux mille coups de canon ne pouvoyent cependant faire prendre la place, qui estoit munie de vivres pour six mois. La témérité de M. de Guise les étonna, et cette action leur a fait perdre créance envers les leurs mêmes, et témoigner à tout le monde leur impuissance.
M. de Guise fit démolir Richecour, mais d'autant que les matériaux en estoyent si bons que l'on avoit très-grande peine à en venir à bout, on mit le feu dedans*.
Environ ce temps, messieurs les Princes, qui s' estoyent assemblez à Rétel 2, se séparèrent assez mal
1 Voy. Pontchartrain, p. 205 ; Merc. fr., p. 116.
2 Le résultat de cette conférence fut un long et curieux factum contre le maréchal d'Ancre, daté de Rethcl, le 5 mars, et publié sous ce titre : Déclaration et protestation des Princes, ducs, pairs, officiers de la couronne, Gouverneurs des Provinces, Seigneurs, Chevaliers, Gentilshommes, villes et communautez, associez et con fédérez, pour le restablissemenl de Cauthorilé du Roy et la conservation du royaume, contre la conjuration et tyrannie du Mareschal d'Ancre et de ses adhérents. Le Merc. fr. donne en entier ce document, p. 124 et suiv. Il est précédé
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satisfaits les uns des autres. Car M. de Nevers les M«r> un. avoit voulu obliger à aller, avec tout ce qu'ils avoyent de forces, harceler M. de Guise ; et MM. du Mayne et de Vendosme disoyent au contraire, qu'il n'y avoit point d'apparence qu'ils abandonnassent leurs Places, lesquelles ils avoyent laissées derrière eux, sur l'assurance que M. de Nevers leur avoit donnée qu'ils trouveroyent de grandes forces en Champagne, ce qu'il n'avoit nullement exécuté, et ainsi, les avoit mis en hazard de leur honneur et de leur vie. M. de Buillon s'en retourna aussi à Sedan.
10. Déclaration du Roy portant confiscation, et réunion à la Couronne des biens de MM. de Nevers, de Vendosme, de Mayenne, de Buillon et Président le Jay. Vérifiée en Parlement, le 16 du mesme mois \
il. Nouvelle arrive au Roy de la prise d'Antrin, par M. de Montigny. II y avoit trois ou quatre cens hommes dedans. Cette place avoit esté autrefois démantelée, depuis raccommodée et se pouvoit rendre très-bonne.
M. de Villedonné2, frère de M. de Montigny, apporte nouvelle de la prise de Clamecy, aux condi-
d'une lettre écrite au pape par le duc de Nevers, et suivi d'une défense pour M. de Nevers contre la déclaration publiée contre lui.
* Voy. Richelieu, p. 393. Voy. cette déclaration et l'arrêt du Parlement, Merc. />\, p. 152. Le nom qui échappe à Arnauld d'Andilly ou que le copiste du temps n'a pu lire est celui du Marquis de Cœuvres.
2 Charles Etienne de la Grange, seigneur de Villedonné, gentilhomme ordinaire de la Chambre, mestre de camp d'un régiment, maréchal de camp des armées du Roi et chambellan de Gaston, duc d'Orléans.
Mars 1617.
tions qui en suivent : que les soldats sortiroyent. . . ; que les habitans payeroyent huit mil écus, pour se racheter du pillage ; que l'on remettroit entre les mains de M. de Montigny quatre chasteaux.
M. le Prince de Chasteau-Porcien * , second fils de M. de Nevers, pris dans Glamecy , et le marquis de Gallerande2, lequel a voit esté pris- huit jours auparavant et avoit payé mil écus de rançon. M. le Prince de Chasteau-Porcien fut mené à la Charité et de là à Bourges \
M. le comte d'Auvergne part. On dit que c'esloit pour aller à Noyon. On envoyé avec luy la compagnie de chevaux-légers du Roy, commandée par M. de la Curée, et dix compagnies du Régiment des Gardes (entre lesquelles estoit celle de M; de Brantes) , avec le régiment de Piémont, quelques autres troupes et quatre canons de baterie..
M. de Rohan part avec M. le comte d'Auvergne; MM. de la Curée, de Saint-Luc4, de Saint-Géran, Dandelot 5, Marcschaux de camp; M. Favier, Maistre
1 Charles de Gonzagucs-CIèves, prince de Mantoue et duc de Rethelois, Pair de France, hé en 1609, mort en 1631.
2 Georges de CJermont, marquis de Gallerande, capitaine de cinquante hommes d'armes, Conseiller d'État.
3 Voy. Richelieu, p. 394 ; Pontchartrain, p. 212 ; Mcrc. fr. , p. 166.
4 Thimoléon d'Espinay, seigneur de Saint-Luc , gouverneur de Brouage et des lies de Saintonge, vice-amiral de France, contribua beaucoup à la victoire remportée sur les Rochelois, en 1622, chassa M. de Soubise de l'île de Ré, maréchal de France et lieutenant-général du gouvernement de Guyenne en 1628, mort en 1644.
5 Charles de Coligny, fils de l'amiral de Coligny, né en 1564, marquis d'Andelot, maréchal de camp, lieutenant-général en Champagne, mort en 1632,
D'AftNAUM) D'ANDILLY. 271
des requestes, Intendant de la justice et des finances m«* m*-. (ce disoit-on), M. de Chevry y. fut envoyé le 28 comme intendant des finances * .
Quinze jours auparavant, on avoit toujours creû de jour en jour, que le Hoy et la Reyne partoyent, mais tout d'un cpup cela fut changé, et l'on envoya les forces cy -dessus. On tient que ce changement si prompt arriva sur ce que ceux de Noyon mandèrent qu'ils estoyent aussy forts que la garnison et qu'ils supplioyent que l'on allast droit à eux. Cela s'est trouvé n'estre pas vray 2.
, M. de Richelieu 3, frère de M. de Luçon, ayant esté, environ ce temps, envoyé en l'armée de M. le Maréchal de Montigny en qualité de Maréchal de Camp, M. de Bourg Lespinasse \ qui avoit auparavant fait la charge très-dignement, se retira de déplaisir, en sa maison 5.
Environ ce temps, M. le Maréchal de Montigny ayant eu avis que les troupes de M me de Nevers alloyent assiéger Sain t-Pierre-le-Moustier, part, avec la fleur de ses troupes, pour les aller secourir ; et si ceux de Saint-Pierre-le-Moustier eussent eu le cou-
1 Voy, Fontenay-Mareuil, p. 367 ; Pontchar train, p. 207 ; Brtenne, p. 324 ; Rohan, p. 143.
2 Voy. Pontchartrain, p. 209; Merc. />., p. 165.
1 Henry du Plessis% seigneur de Richelieu, frère atn&du grand Cardinal, maréchal. de camp en l'armée du duc de Nevers et du maréchal de Montigny, tué en duel par le marquis de Théminos en 1619.
4 Antoine du Maine, baron du Bourg-l'Espinasse, gentilhomme ordinaire de la chambre, maréchal de camp, gouverneur d'Antibe^ en 1608, mort en 1635.
5 Voy. Fontenay-Mareuil, p. 368.
Mars iei7. rage d'attendre seulement deux heures, le canon que Mme de Nevers faisoit mine d'y vouloir mener, M. de Montigny l'eust pris, sans doute, et taillé «n pièces toutes les troupes de Mrat de Nevers '.
M. de Fiesque2, escuyer de la Reine, disgracié et chassé de la Cour, par le commandement de la Reynemère. Il revint le jour de la mort du Maréchal d'Ancre, et eut don de l'office de M. Aimeras, secrétaire de la Reyne, mais il s'accommoda aveque luy moyennant deux mille pistolles. Il fit des reproches à la Maréchale d'Ancre, lorsqu'on la menoit à la Bastille, et depuis, prit avec luy son fils. {Via. cy-après.)
Environ ce temps, M. du Mayne veut enlever le quartier des chevaux-légers à Villers-Cotterests, commandez par M. de Rohan, où M. Arnaud fit trèsbien avec ses carabins \
Environ ce jour, M. de Marollès, suivy de M. de Nevers donna dans le quartier de quelques compagnies de chevaux-légers de M. de Guise, où M. de la Feuillade * fit très-bien , et les repoussa.
4 Voy. Pontchartrain, p. 212.
2 Je ne sais si ce gentilhomme, écuyer de la Reine régnante était François de Fiesque, comte de Lavergne, tué au siège de Montauban en 1621 (Voy. V. Anselme, t. ix, p. 56), ou bien Hugues de Fiesque, qui servit contre les calvinistes, fut du siège de Montauban en 1620, et, de retour à Gènes, remplit des emplois importants, fut ambassadeur en Angleterre et général des galères. (Moreri, t v, p. 152.) Voy. Pontchartrain, p. 224. Il fit des reproches à la maréchale, parce que c'était elle qui l'avait fait chasser de la cour sous prétexte qu'il avait mal parlé contre le Maréchal.
3 Voy, Fontenay-Mareuil, p. 368 ; Rohan, p. 143; Mère, /h, p. l<&
4 Georges d'Aubusson, comte de la Feuillade, conseiller d'État, ca-
d'arnauld d'àndillv. 273
18. M. le Prince de Joinville va en Auvergne, »u»««. ou il leva quatre ou cinq cens très-bons chevaux, et un régiment de douze cens hommes de pied, dont tous les capitaines estoyent gentilshommes, qui avoyent au moins chacun dix mil livres de rente. Cette cavalerie n'estoit pas encore sur pied '.
Le Marquis de Portes chargea Andredieu avec quatre cens hommes des Sévènes, qu'il avoit encore de reste, de ceux qu'il avoit assemblez contre le Roy. Il le défit, le contraignit de se retirer à Gresay, où il l'assiégea, et le contraignit de se rendre 2.