M. de Montmorency arrive
Environ 12. Le Prince de Sedan arrive à la Cour3.
Environ ce jour. Livre des quatre ministres de Charenton, pour réponce au Père Arnoux4.
Décret d'ajournement personnel, par le Lieute-
Brienne, p. 328. Il est à regretter que les Mémoires de Mathieu Mole soient muets sur celte affaire. Le Merc.fr,, qui s'étend longuement sur l'histoire du temps et qui donne de grands détails sur tous les événements quels qu'ils soient, mentionne en quelques mots seulement l'affaire de la maréchale d'Ancre à la dernière page du t. iv, et, ce qui est digne de remarque, garde le silence sur le procès et sur la mort de cette femme célèbre.
1 François Gouffier, seigneur de Thois et de Montaubert, secrétaire du maréchal d'Ancre, fil» de Thimoléon Gouffier, seigneur de Montaubert, vice- amiral sur les côtes de Picardie.
2 Vincentio Ludovici, autre secrétaire du Maréchal d'Ancre.
3 Frédéric-Maurice de la Tour, fils aîné du duc de Bouillon et frère du grand Turenne, né en 1605, prince de Sedan du vivant de son père, puis duc de Bouillon , pair de France, fit la guerre en Hollande et se signala au siège de Bois-le-Duc en 1629, et à celui de Mastrick en 1632, commanda la cavalerie en Flandres en 1635, et au siège de Breda en 1637, se signala à la bataille de la Marfée en 1641 , fut lieutenant, généra] en Italie. Arrêté à Cazal en 1642 comme accusé de conspiration contre le Roi, il passa en Italie en 1666, revint en France, prit part aux troubles de la Fronde, fit son accommodement en 1651, fut duc d'AIbret la même année et mourut en 1652. (Voy. P. Anselme, t. iv, p. 540.) Suivant Pontchartrain, p. 242, c'est le 29 juin que le prince de Sedan arriva à la Cour.
* Ces quatre ministres étaient Montigny, Dumoulin, Durand et Mestrezat. (Voy. Richelieu, p. 472). L'évêque de Luçon, éloigné de la Reine par Tordre du Roi et relégué dans son éveché, consacra ses loisirs à réfuter ce livre dans un ouvrage publié sous le titre de : La défense des principaux points de notre créance contre la lettre des quatre, ministres de Charenton.
d'ahnauld d'aisdilly. 311
nant Civil. Appel à la chambre de TÉdit. La Grand juui* un. Chambre se saisit de l'affaire, d'autant que le Procureur Général estoit seul partie, et que le Roy ne donne point de privilège contre luy. Deux Conseillers de la chambre de l'Edit, M. de Grieux et M... en viennent faire pleinte au Conseil. Ordonné, que la Cause seroit évoquée au Conseil, attendu la Contention entre le Parlement. Depuis, il fut remonstré par la Grand Chambre, qu'il n'y pouvoit avoir de contention entr'elle et la chambre de l'Édit, qui n'estoit nullement saisie de l'affaire \
14. Nouvelle de la prise de Fougères par Guémadeu2. L'affaire est, queGuémadeu, n'ayant pu obtenir son abolition, touchant la mort du baron de Nevet, il fut renvoyé au Parlement de Bretagne. Sur cela, il se résout de reprendre Fougères ; fait son entreprise, escalade, use d'infinies indignitez envers la Fayolle, Lieutenant de la Compagnie des Gardes, commandée par M, du Hallier, et assemble quelques-uns de ses amis. Aussitost, le Roy fait partir quatre compagnies du Régiment des Gardes, pour y aller, et envoyé M. de Vendosme3 et M. le Maréchal de Vitry (qui eut grande broûillerie, sur cesujet, avec M. de Rets, indigné contre Guémadeu, pour lequel il avait donné sa parole au Roy ; et de là fut rompue
1 Voy.Merc. fr., p. 55 etsuiv.
2 Le baron de Guémadeuc, un des principaux seigneurs de Bretagne, gouverneur de Fougères, avait tué le baron de Nevet pour une question de préséance aux États de cette Province. (Voy. Merc. fr. , t. jv, p. 332.)
3 Le duc de Vendôme était Gouverneur de Bretagne.
Juillet IfttT.
leur amitié, qui auparavant, estoit très grande), qui y vont, avec vingt gentilshommes seulement. Guémadeu se remet entre leurs mains. Ils luy promettent de le sauver. Le Roy, pour leur donner espérance d'en venir à bout, leur mande de le mener au vieux Palais de Rouen, au Gouverneur duquel, Sa Majesté manda de le garder avec autant de soin, que sa propre vie.
Le mécredy 9 aoust, lorsque Ton n'y pensoit point, M. du Rollet, ayant receu commandement du Roy, amène Guémadeu, avec cinquante Archers, dans la Bastille.
21 . Maugiron, fille d'honneur de la Reyne, s'en va. Sa Majesté luy donne dix mil escus, à la charge de se marier en Dauphiné, et par son Commandement, et à condition aussi, qu'elle ne pourrait jamais venir à la Cour.
27. Prise de Verceil en Piémont * , par Dom Pedro de Tolède, Gouverneur de Milan 2.
Le Roy va à St-Germain, et en revient le samedy.
Aoust.
Dimanche 6. M. de Modène revient de Blois où il avoit esté envoyé vers la Reyne-mère, laquelle fut très contente de luy, et luy donna un diamant de deux mil escus '.
1 Voy. Fontenay-Mareuil, p. 401 ; Richelieu, p. 482. La ville fut prise le 25, suivant Richelieu ; Voy. Pontchartrain, p. 238, 241, 245 ; Merc. /h, p. 180 et suiv.
2 Don Pedro de Tolède, Général des Galères de Naples, Connétable de Castille, Ambassadeur de France en 1608, gouverneur de Milan. (Voy. son article par M. Weiss, Biographie Michaud.)
* Voy. Richelieu, p. 476 ; Pontchartrain, p. 245.
d'arnauld d'àndïlly. 313
M. de Bressieux arrive le jour mesme. Aoust un.
H. L'Evesché de Lisieux, valanttrente ou trentecinq mil livres, donné par le Boy à Monsieur le Garde des Sceaux.