‹ Journal inédit, 1614-1620, publ. et annotéChapitre 85 sur 95 · M. le Comte Henry vient trouver le Roy à Amboise · texte numérisé non relu

M. le Comte Henry vient trouver le Roy à Amboise

1 M. de Villars-Houdan , lieutenant de la compagnie de chevaulégers du Roi en 1610, gouverneur de Dieppe en 1611. •

1 « Et le 8, M. le Prince Henri de Nassau, qui étolt envoyé par M. le » Prince d'Orange, son frère, à Orange, pour y établir pour gouver- » neur M. le Prince de Portugal leur neveu, vint passer à Tours et y » arriva près du Roi, où il assura Sa Majesté, et depuis ceux de son » Conseil, que l'intention de son frère n'étoit point que rien fût changé » ni innové à Orange, même au fait de la religion. » (Pontchartrain, p. 287.) Henri Frédéric de Nassau, donfil s'agit ici, était fils de Gufl» laume de Nassau, prince d'Orange, fondateur de ' la république d« Provinces-Unies, et de Louise de Coligny, fille de l'amiral Gaspard

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M, de Richelieu tué à Àngoulesme par SL le mar- juiiietu». quis de Thémines (ce fut le jeudy &). M. de Thémines, un jour ou deux auparavant, sortant d'avec la Reyne mal satisfait, dit, F..tre des Gouverneurs, ils ruinent cette pauvre Princesse, M. de Ghanteloube luy vint demander s'il entendoit cela pour luy? Il luy répondit : Vous, gouverneur, hé I qui se serait jamais avisé de vous prendre pour cela ? etc. Chanteloube dit , Je suis donc satisfait. M. de Thémines répartit, Je ne satisfais que Tépée à la main , et ensuite, ils allèrent pour se battre en un faubourg. M. du Carbon sortant de chez M. de Richelieu, pour luy dire à Dieu, et voyant passer M. de Thémines si viste, le suivit, et l'ayant trouvé prest à se battre, se mit aussi de la partie avec un amy de Chanteloube ; et sur cela furent accordez et séparez. Le lendemain matin, M. de Richelieu, se trouvant offencé des paroles du Marquis, l'envoyé appeler par La Roche. M. du Carbon l'ayant seû par Nadaillac, y va, et tous d.eux se mettent de la partie, avec la Roche, et Saint-Julien, neveu de M. de Ghambret. M. de Richelieu les attendoit aux Capucins ; ils y vont. Tous sont séparez et accordez par la 'Reyne, le samedy 6. Le dimanche se passe sans se rien dire. Le lundy, M. de Richelieu estant en

de Colîgny, sa quatrième femme, n était frère du célèbre prince Maurice, alors Prince d'Orange, lui succéda en 1625, soutint, dignement le grand nom de son père et dé son "frère, et mourut en 1647. Le Prince de Portugal était son neveu comme fils de sa sœur Emilie et d'Emmanuel 1er, prince de Portugal, vice-roi des Indes. {Voy* Moreri, t. vin, p. 87.)

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juinct i6i9. housse, rencontra M. de Thémines, qui y estoit aussi , en la rue qui passe devant le citadelle ; et piqué des discours que Ton luy avoit dit que M. de Thémines avoit tenus depuis l'appel , luy cria , Marquis, pied à terre. 11 faut mourir. Les Gardes du chasteau venoyent pour les séparer ; mais Hs se pressèrent de si près, que M. de Richelieu fut tué d'un coup d'épée dans le cœur, et M. de Thémines receut un coup d'épée à la main, et un autre qui luy coupa sa chemise. M. de Richelieu dit avant qu'expirer, Mon Dieu , pardonnez-moy ; et M. de Bérule se trouva là, qui luy donna l'absolution. M. le marquis de Thémines se sauva. La Reyne-mère donna le Gouvernement d'Angers au Commandeur de la Porte1, oncle de M. de Luçon; et envoya M. de Villiers-Saint- Genest au Roy, avec une lettre de six lignes, pour prier Sa Majesté, que s'il y avoit lieu de confisquer le bien de M. de Richelieu, il luy plustdeluyen donner la confiscation, d'autant que par Règlement donné depuis peu au Conseil; il est défendu d'accorder les confiscations, jusqu'à ce qu'elles soyent déclarées acquises. Le Roy écrivit seulement à la Reyne

* Amador de la Porte, chevalier, grand'eroix de l'ordre de Saint- Jean .de Jérusalem, dit de Malte, prieur de la Madeleine aux portes de Parthenay , grand-prieur de France, bailly de la Morée, commandeur de Bracque, Ambassadeur de son ordre en France, gouverneur d'Angers en 1619, du Havre en 1626, lieutenant de Roi au pays d'Aunis et lies de Ré et d'Oléron en 1633, mort en 1644. (Voy. P. Anselme, t. iv, p. 624). II était oncle de Richelieu, parce que sa sœur, Suzanne de la Porte, avait épousé François du Plessis, seigneur de Richelieu, Conseiller d'État, Capitaine des Gardes du Corps et grand Prévôt de France, père du Cardinal, mort en 1590. {Voy. Richelieu, p. 557.)

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sa mère, pour rassurer que s'il y avoit lieu à confis- Juimt te». cation, il la luy donnerait.

On a dit depuis que M. le marquis de Thémines receut quatre coups d'épée, et que celuy qui tua M. de Richelieu, n'entroit que trois doigts dans le corps.

On a seû aussi qu'il estait mort, quand M. de Bérule arriva \

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