‹ Journal inédit, 1614-1620. Publié et annotéChapitre 25 sur 98 · i()i)i5\Ai, im':i)[t · texte numérisé non relu

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Paris (lors l'ovl trouhlf' , tant à cause de l'étonncment du peuple de voir le Roy s'en aller, Monsieur le Prince estant si ])rocho avec des forces, qu'à cause des factions que faisoyent dans Paris les partisans de Monsieur le Prince) , sans establir aucun Conseil, et mesme sans parler particulièrement à M. de Liancourt \ (îouverneur, à Monsieur le Premier Président, à M. le Prévost des marchans, ni à M. A.rnaud.

Pour donner ordre aux affaires qui se prcsentoyent de toutes parts, M. Arnaud voyoit Monsieur le Gouverneur et Monsieur le Premier Président chez lequel se trouvoyent M. Myron, prévost des marchans et

Messieurs les eschevins Pasquier, le Bret et

Frezon.

11 y eut contestation entre Monsieur le Gouverneur et Monsieur le Premier Président à qui iroit l'un chez l'autre. Enfin Monsieur le Gouverneur vint le premier chez Monsieur le Premier Président et après y avoir esté deux ou trois fois, Monsieur le Premier Président vint une fois chez luy. Depuis, Monsieur le Gouverneur retourna chez Monsieur le Premier Président, et comme le jour fut assigné que l'on se devoit trouver chez Monsieur le Gouverneur , et que déjà Messieurs les Prévost des marchans et Eschevins et

^ Charles du Plessis, seigneur de Liancourt, comte de Beaumoiitsur-Oise, maniuis de Guercheville, conseiller d'Etat, premier écuyer de la petite écurie, gouverneur de Metz, gouverneur et lieutenantgénéral en la ville, prévôté et vicomte de Paris, chevalier d'honneur de la Reine-Mère, mort en 1020.

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MoMsit-'ur l(' l*rt)cur(nir-*;-t'm'ral (le(iuel sur la lin so troiiMiit aussi au Conseil) , s'y furent rendus, on envoya demandera Monsieur le Pi'emier Président s il ne vouloit pas venir. Il manda que non. Depuis, Monsieur le Gouverneur ne fut plus chez luy et ne se sont point veûs depuis.

Ces contentions furent cause que M. Arnaud, intendant des finances , après avoir fait résoudre une allaire à un, l'alloit faire résoudre à l'autre. Et à cause que chacun vouloit signer le premier , il faloit toujours sur un mesme sujet faire double dépesche'.

D'autant que l'armée de Monsieur le Prince demeura longtemps aux environs de Paris, et qu'il estoit besoin de pourvoir à toutes les petites villes voisines, on leur fit délivrer quelques armes et des

' « M. Arnauld étant donc demeuré avec ce pouvoir, il fit tout ce » qu'il put pour faire que M. de Liancourt, gouverneur de Paris, et » M. de Verdun, premier président du Parlement, vécussent en bonne » intelligence; et cela lui réussit durant quelques jours, mais ils se » rebrouillèrent aussitôt, et ainsi nul d'eux ne pouvant aller chez » l'autre, ni demeurer d'accord du rang de leurs signatures, il fallut » faire toutes les expéditions doubles et il les signoit avec eux. Feu » M. le cardinal de P>etz, qui n'étoit alors qu'évèque de Paris, étoit de » ce petit conseil, comme aussi M. MoIé, procureur général et depuis » garde des sceaux , et M. le président de Chevry, intendant des » linances, en fut aussi durant quelques jours, après lesquels il alla )) au voyage. Je faisois en leur présence, sur le bout de la table, toutes » ces lettres et ces expéditions, dont le nombre étoit presque incroyable, » parce qu'une partie des villes d'alentour de Paris étant menacées et » dépourvues de toutes les choses nécessaires pour leur défense, et » l'armée des Princes étant venue jusqu'à Dammartin, on avoit re- » cours de toutes parts à ce petit conseil, qui étoit aussi oblige de » pourvoir en même temps à plusieurs choses nécessaires pour l'armée » du Roi. » i Mémoires d'Arnaiikl d' \ndilly, p. 367.)

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imiiiitions de Tarsenal. Et pour cet eflet M. Arnaud signoit 1(3S billets, tantost avec Monsieur le Gouverneur et tantost avec Monsieur le Premier Président , addrcssans h M. de la Chevalerie, lieutenant en l'Arsenal, et à M. Guillon, controllcur général de l'artillerie.

Les vaccations estant finies, il fut besoin d'emprunter du sieur de Choisy quatre cens mil livres pour le Roy, dont les lettres-patentes furent addressées à MM. de Pontcarré', de Boissise et Arnaud ; et depuis, M. de Chasteauneuf estant revenu du Berry, on luy en communiqua aussi. Depuis ce temps tous les susdits Messieurs du Conseil s'assembloyent quelques jours de la semaine chez Monsieur le Gouverneur, et de là en avant, on ne tint plus de Conseil chez Monsieur le Premier Président.

Des affaires de conséquence cpi se résolvoyent on en dressoit des résultats (cette mesme forme avoit aussi esté observée lorsque l'on s'assembloit chez Monsieur le Premier Président) qui estoyent signez par Monsieur le Gouverneur et MM. de Pontcarré, de Chasteauneuf, de Boissise et Arnaud, et quelquefois par Messieurs les Prévost des marchans et Eschevins, lorsque c'estoit chose qui regardoit l'intérest de la ville de Paris.

11 n'y avoit point de difficulté en la signature de ces derniers résultats, pour ce que M. de Chasteauneuf, le plus ancien de Messieurs du Conseil, ne fai-

* Pierre Camus de Pontcarré, conseiller d'Etat.

d'.vrnaiild d'àndili.v. 111

soit aïKMino dillicultr de signer après Monsieur le (louverneiir. VA iiraiilinoins je liiy ay oiiy dire (ju'il ne le voiidroit aucunement quitter à Monsieur le Premier Président, lequel avoit toujours accoustumé d'estre précédé par le plus ancien du Conseil, ainsi qu'il s'estoit pratiqué chez Monsieur le Chancelier où M. de Villeroy s'estoit assis au dessus de luy un peu avant le voyage du Roy en aoust 1G15.

25. M. le maréchal de Boisdaufin arrive à Meaux au rendez-vous de Tarmée.

27. Le Roy arrive à Tours. M. du Plessis ' y vid Sa Majesté, sembla réprouver la diligence dont on usoit en ce voyage, toutefois fort modérément. Conclud que Messieurs de la Religion se conduiroyent cette année comme ils avoyent fait l'année passée.

28. Députés de la Religion de l'assemblée de Grenoble, ouïs par le Roy. Proposent trois choses. La première, le premier article du Tiers-Estat. La seconde, la pleinte de la réception du Concile de Trente par le Clergé. La troisième, que Monsieur le Prince a envoyé vers eux les assurer qu'il tiendra la main à ce qui leur est assuré par les traittez, et les

1 Philippe de Mornay, seigneur du Plessis-Marly, né en 1549, surintendant des finances du roi de Navarre en 1575, surintendant général de la Navarre pendant la Ligue, gouverneur de Saumur, mort, en 1023. Ce célèbre chef des Réformés, ami de Henri IV et antagoniste du cardinal du Perron, a laissé plusieurs ouvrages et entre autres des Mémoires.

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Aoust 1615. prie aussi de se joiiidre à luy tant pour une bonne réformation que pour la surséance. Et sur le tout, ils ont despesché vers luy pour \o remercier de sa bonne affection envers eux. — Pour le surplus , rien. Mais ont prié Dieu de bien inspirer Sa Majesté afin do suivre toujours le meilleur conseil. Ne dirent une seule parole que Ton pust mal interpréter \

Le sieur de Foraise pris à Chartres, portant des commissions de Monsieur le Prince. Comme on travailloit à son procès, M. le Prince écrivit à M. le maréchal de Boisdauphin, qui luy fit réponce. Depuis, Monsieur le Prince écrivit aux commissaires dudit procès des lettres qui furent surprises '-.

31. Leurs Majestez arrivent à Poitiers, MM. de Parabère^ et de la Rochebaucourt " y furent incontinent, et M"" de la Trémoille^ aussi ^.

1 Les députf^s de l'Assemblée de Grenoble étaient Champeaux, Desbordes-Mei'cier et Maillcray C'o//. Mém. de nolim», p. 127); /o;/. Werc. fr.^ t. IV, p. 211 etsuiv., les remontrances des députés de celte Assemblée.

2 Foî/., dans les Mémoires de Math. Mole, p. 86, le compte rendu de cette affaire, ainsi que les lettres dont il est ici question. Cet agent de Monsieur le Prince était le sieur de Beaulieu-Friayse, suivant le récit de Mole.

3 Henry de Baudean, comte de Parabère, marquis de la Mote-Sainte- Heraye, gouverneur du Poitou, mort en 1653.

'' Jean de Gallard de Béarn, comte de Brassac, baron do la Rocliebeaucnurt, ambassadeur à Rome, gouverneur de Saintonge, surintendant de la maison de la Reine, mort en 1645.

5 Charlotte Brabantine de Nassau, lille de Guillaume de Nassau. II* du nom, prince d'Orange, veuve de Claude, seigneur de la Trémoille, duc de Thouars, prince de Tarente, pair de France, mort en 1604. La terre de la Trémoille est en Poitou.

6 Voy. Pontchartrain, p. 00 : Rirlielieu, p. 269.

d'arnauld d*andtlly. 113

1". M. de Brison, gondre de M. de Clininhaut sopt.inhie icis. Ciouvernet, fait instance au Roy au nom de l'assemblée de ceux de la Religion de retarder son voyage. Congnée envoyé par Monsieur le i^ince en l'assemblée de Gien, fut cause de cette seconde députation.

M. de Lesdiguiôres a dit aux députez de la Religion qu'ils ne devoyent ni ne pouvoyent tenir que le chemin des remonstrances.

Environ ce temps, INladame demeure malade h Poitiers de la petite vcrolle.

M. de Sully vient trouver le Roy au port de Pile, avec MM. de Ghastillon ' et de la Roula ye ■.

M. de Rohan fait le malade et écrit au Roy pour difl'érer le mariage, et s'excuse sur ce que M. de Loudrière luy avoit esté envoyé par l'assemblée de Grenoble.

M. de Sully ne logea pas au commencement dans Poitiers, à cause du différent avec M. de la Rochefoucaut, mais il y logea depuis, et parla bien pour le service du Roy.

M. de la Trémoille ^ ne bouge de Vitré et fait le malade.

1 Gaspard de Coligny, comte de Coligny, seigneur de Ghastillon, nû en 1584, amiral de Guyenne, gouverneur de Montpellier, colonel-général des gens de pied français en Hollande en IGU, gouverneur d'Aigues-Mortes en 1616, maréchal de France en 1622, commanda en Piémont en 1630, gagna lahataille d'Avein en 1635, soumit Arras en 1640, perdit la bataille de la Marfée contre le comte de Soissons en 1641, mort eu 1646.

2 Philippe Eschalard, baron de la Boulaye, gouverneur de Fontenayle-Comte en Poitou, mort en 1616.

* Henry, seigneur de laTremoil'e.dacdoThouarN,princfdeTarente et

iih JOURNAL irv'l^DIT

Septembre i6is. 7. Dcsseiii clc Moiisieiir le Prince sur la Fère, inutile.

Passage de Chauny refusé par M. de Genlis * à M. du Mayne.

9. L'armée du Roy part de Meaux, va le 10 à Crespy en Valois. M. du Mayne avoit voulu passer dans Chauny, mais M. de Genlis luy refusa le passage.

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