‹ Journal inédit, 1614-1620. Publié et annotéChapitre 62 sur 98 · rOUUNAI. IiNKDIT · texte numérisé non relu

rOUUNAI. IiNKDIT

octoi.ie icn. deaux. M. de Monbason vouloit aussi vendre le chasteau de Nantes à M. de Vendosme; M. Darquien, Calais à M. clc Vitry, ou à M. delaVieuville, d'autres disent à M. d'Hocquincourt. Le Roy dit, mille bonnes paroles à Monsieur le Colonel, et qu'il luy vouloit faire ])lus de bien que son Gouvernement ne valoit, mais qu'il n'estoit plus résolu de souffrir que l'on vendist dos Gouvernemens, comme on feroit des maisons; et en se levant de dessus sa chaise, dit : Je ne serois pas Roy, si cela estoit, et je le veux estre.

7. M. de Modène va à Blois, vers la Reyne-mère, et en revient environ trois semaines après.

12. Le Président Jeannin part, et revient à Rouen, le jeudy 7 Décembre en suivant.

l/l. Mort de M. Arnaud, Intendant des finances'.

26. Le Roy va à Saint-Germain. 11 revient le mardy 31. La Reyne estoit malade lorsqu'il partit.

Novenibic. Lundy 13. M. d'Epernon arrive à Paris, où il

n'avoit point esté depuis le voyage de Bordeaux, en 1615".

' « Ce troisième de mes oncles paternels mourut le 14 octobre 1617, » âgé de cinquante ans, d'une veine qui se rompit, et je ne l'ai jamais » vu que triste depuis que la Reine-mère, à qui il avait tant d'obliga- » tiens, eut été reléguée à, Blois. » (Mém. d'Aruauld d'Andilly, coll. Petitot, 2* série, t. xxxiii, p. 322.) l'oy. aussi. Mémoires d'Aruauld d'Andilly, p. 372 et suiv., l'opposition que fit M. deLuynes à la proposition soumise au Roi par les principaux membres du Conseil de donner à Ainauld d'Andilly la place de son oncle. Trompé par Luynes qui le payait de belles paroles et de belles espérances, Arnauld d'Andilly n'eut pas la place. Il devint en 1G19, comme on le verra plus loin, premier commis de M. de Schomberg, Surintendant des finances.

2 Foij. Fontena3'-Mareuil, p. /jO^ ; Pontcliartrain, p. 251.

d'aunauld d'andillv. '-V2\

ill. Le Uoy va à Mantes coucher. Il distia à Novcmi.rei.ii7. Fresnede. M. (rUpernon estoit party de Paris, de très-grand malin, iwcr M. le Grand, pour saluer le Roy, avant qu'il partisl de Saint-Clermain, mais Sa Majesté, qui estoit levé de bonne heure l'ayant attendu environ demi-lieure. enfin il s'ennuya et partit, encore tjut; Ton luy dist, ((u'il estoit tout contre. M. d'Epernon alla ai)rès, et attrapa le Roy au bout du village, lecpiel luy fit fort bon accueil. Depuis, M. d'Epernon voulant venir à Rouen, en l'assemblée, fit dire au Roy que si M. de Candalle son fils y estoit, il supplioit très-humblement Sa Majesté de le dispenser de s'y trouver; tellement que M. de Candalle partit de la Cour, environ le 5 Décembre.

15. Le Roy va disner à Vernon, et coucher à Gaillon, qu'il trouva si beau, qu'il luy prit envie de l'acheter de l'Archevesque de Rouen, auquel il appartient'.

17. M. de Luynes va à Rouen. Mon carrosse dans lequel nous estions, M. Déagent, M. de Fonte -

nay, M. le Vicomte de et moi, verse en haut de

la montagne de Vaudreûil, et fait cinq tours entiers sans que pas un de nous receust aucune blessure considérable.

M. de Luynes estoit en carrosse, et ne mit point pied à teri'e pour recevoir quelque Noblesse qui vint au devant de luy près le Pont-de-l' Arche ; ce qui ne fut pas trouvé bon, car on dit, qu'il devoit monter à

' C'était alors Harlay de Clianvallon qui avait i-omplaci' on 1615 le Cardinal de Joyeuse dont il était le coadjuteui-.

A'22 .lOlIRNAI INKDIT

Novembre 1617. clicval. Loi'sqiic Ics olïiciors (le la villo, viiiroiil h la l)()rlc. \o saliier ot luy faire une harangue, il ne bougea aussi (1(^ carrosse, cl se lin! couvert, ce qui fut trouvé fort mauvais de toute la Noblesse du Pais. M. de Blainville' dit, que lesPrincesdu sang mesmes, et entr'autres, M. le Comte de Soissons, n'en avoyent pas usé comme cela. Ce fut M. de Rohan qui en fut en partie cause, disant qu'il avoit toujours fait ainsi en son (louverncment de Poitou ; mais principalement le comte de la Pioche-Guyon et le comte de Chasteauroux -, qui estoyent dans le carrosse de M. de Luynes. M. le Colonel d'Ornano dit que Monsieur le Maréchal son père écoutoit nue teste les corps des moindres communautez, et qu'autant qu'il estoit impérieux lorsqu'il s'agissoit de commander, il estoit doux et gracieux aux actions de civilité, et de complimens.

Montebene vint dire à M. de Luynes, à la ville : Monsieur, voicy le pais du monde où il faut estre le plus gracieux , et le plus audacieux tout ensemble.

1 Jean de Varignicz, seigneur de Blainville, Conseiller d'État, premier gentilhomme de la Chambre et maître de la garde-robe du Roi, lieutenant au gouvernement du bailliage de Caen, Ambassadeur en Angleterre, mort en 1628. {Voy.^ sur ce personnage, Fontenay-Mareuil, p. 386.)

'■^ Jean de Maillé, baron de la Tour-Landry, comte de Chasteauroux, mort des blessures qu'il reçut au siège de Negrepelisse en 1635. Il avait vendu en 1613 son Comté de Châteauroux au Prince de Condé.

' Alplionse Corse, dit d'Ornano, colonel général des Corses, lieutenant-général en Dauphiné ot maréchal de France en 1595, lieutenantgénéral en Guyenne en 1597, mort en 1610.

nV\nNAri.rt nVwnni.v. o5;^

l/npns (lisnéo. M. do Liiynos (Milr;i à PioCioii, avec Novpini)re leiT. (jiialre ou r'mq cous rhcvauv.

Il avoit siippli»' tous ses amis do ne point venir au devant do lu\ : l'I ncantmoins, il no put (^npôclicr que ce nombre ne raccompao-nast. Il alla loger à l'archevesché, où Monsieur TArchevesque le reccut avec toute la bonne chère du monde.

Le matin, les lettres de la Lieutenance Générale en Normandie, accordées par le Roy h M. deLuynes, furent présentées au Parlement de Rouen par le fils de M. le Président d'Aufreville, âgé de vingt-deux ans'.

Le samedy 18, M. de Luynes, comme Lieutenant Général du Roy, fait l'ouverture des Estats de la province de Normandie.

* Jacques Poirier, sieur d'Anirrevilie , président îi mortier au Pailcment de Rouen.

Koveinlji'e icit.

JOURXAi, iM:j)ir

i,>ii(li|iiob ilcpulez.

M. DE Moflaines-Halé, Miiisti-e des He<|uestes.

M. DES Hameaux,

Prés, des Aydes.

iM. DE JVONAN",

Sous lieutenant

au

B;iilli;ige

•rAlt'iKon.

DE Bl.AtN- VII.LE,

Sous-Iieutenant

au Bailliage

de Caen.

Ilsavoyent chacun des lettres patentes pour avoir enti-ée aux Estats.

IM-put.v d'Lglise.

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