‹ Journal inédit, 1614-1620. Publié et annotéChapitre 86 sur 98 · UN AL INÉDIT · texte numérisé non relu

UN AL INÉDIT

M.-..V ICI?. peine, craignant qu'il n'y cust quelque chose caché dessous ; et on trouva mauvais que Messieurs les Députez eussent mandé h M. du Mayne de se retirer, avant que d'avoir eu une résolution finale ; de sorte que par la dépesche qu'on leur fit, on ne leur témoigna pas contentement de leur Procédure, i'itm'a esté dit, que l'on manda à M. du Mayne de ne pas s'éloigner. On tient qu'il avoit dix ù douze mil hommes de pied, et de quinze cens à deux mil chevaux, tous fort bons hommes'.

1/4. En mesme temps, on envoyé M. deMarousan à Angoulesme, et je croy que ce fut luy qui porta la susdite dépesche. 11 trouva que la Reyne-mère n'y entendoit point finesse ; mais que ce qui l'empeschoit de se résoudre, estoit que d'un costé, ceux qui estoyent près d'elle, comme M. de Meux^, Chante-

1 Suivant Richelieu, p. 5/i5, les conditions du traité d'Angoulûme qui r(jta])lit la paix entre le Roi et la Reine-mère furent : l'oubli de tout le passé; la sûreté que le Roi donnait pour les personnes et pour les charges de ceux qui avaient servi la Reine; 50,000 écus de récompense accordés au duc d'Épernon pour Boulogne ; l'échange du Gouvernement de Normandie que la Reine avait en celui d'Anjou et des villes et châteaux d'Angers, du Pont-de-Cé et de Chinon ; 500,000 écus accordés au Roi pour les frais de la guerre. Ce traité, comme tous les précédents, fut bientôt violé, et l'anarchie désola de nouveau le royaume, [f'oij. aussi Pontchartrain, p. 281].) Le 3Ie)C. fr., p. 200, rapporte textuellement dix articles pro])Osés au nom du Roi par le Cardinal de la Rochefoucauld et M. de Béthune et acceptés par la Reinemère le dernier jour d'avril. Ces articles ne renferment pas les principales conditions énumérées ci-dessus, qui firent l'objet d'un traité particulier.

2 Jean de Rouville, seigneur de Meux, capitaine de la cavalerie légère en Allemagne, des douze compagnies d'ordonnances, (yoij. I». Anselme, t. viii, p. 713.)

d'au ^ A 1)1,1) i)'am)ii,lv. /i^S

loubc et autres, la vouloycnt porter h accepter les May ici», places que le Roy luy oflVoit ; cl de l'autre, son inclination, et le conseil de plusieurs de ceux qui s'estoyent engagez à la servir , la portoyent à ne rien prendre.

1(3. Le Roy va h. Blois, et le lendemain , à Amboisc.

17. Ceux qui estoyent dans Pont à Moulins, pour M. de la Vallette, ayant seû que le canon que M. de Nevers attendoit estoit arrivé, ils sortirent tous la nuit, et ne laissèrent que dix mousquetaires, qui ouvrirent les portes à M. de Nevers , sans aucune résistance, lorsqu'il se présenta le lendemain matin.

Depuis la Pentecoste qui fut le 19, jusques au 23, M. de Nevers prit, sans résistance, trois autres chasteaux, savoir, la Horgne, Vry, et Amery ; pour achever le tour entier de Metz, il devoit prendre le lendemain la Douchant.

23. M. de Bérule arrive à Amboise, ne mettant point en doute la conclusion de la paix, Cfu'il tenoit entièrement achevée, dès le jour de l'Ascension. Et de fait , il ne vint point en diligence, mais en carrosse avec M. le Cardinal de Sourdis, qu'il rencontra par occasion.

M. de Marousan arrive le mesme jour , qui rapporta aussi toutes bonnes nouvelles, et que ce que la Reyne désiroit , estoit, que si le Roy avoit agréable qu'elle prist les places qu'il lui offroit, il lui pleust le luy témoigner par un mot de lettre.

/|:2/| .10 II'. N'AI. IINÛDIT

M. (le Mtii'ouScUi rctoiiiiui i\ Angoulcsmc trois ou quatre jours après.

28. On licencie rarmce, qui cstoit à la suite du Roy, en la sorte qui s'en suit. On casse entièrement les Rcgimens de la Rinville et du Ménillet, et quant c\ ceux de Picardie, Piémont, Navarre et Beaumont, les dix rom})agnies qu'ils avoyent de cent hommes chacune, sont réduites à cinquante hommes, qui est une augmentation d'entretenement qu'ils n'avoyent jamais eu auparavant en temps de paix ; car outre ces dix compagnies des vieux Régimcns entretenus maintenant à la Campagne, les vingt vieilles Compagnies demeurent toujours dans les garnisons.

Des seize cens Suisses de nouvelle recrue, en sont conservez six cens ; le reste renvoyé.

Quant aux Régimens de Champagne, Chapes ', Bourg, Vaubecour, et Rambures'-, j'estime qu'ils seront traittez comme les susdits. — Ce qui s'est fait aussi.

Quant à la gendarmerie et cavalerie légère.

1 Co régiment portait le nom de Jacques d'Aumoat, baron de Cliappes, gentilhomme ordinaire de la Cliambre, colonel dudit régiment au siège de Rouen en 1591, sous le Maréchal d'Aumont son père, Prévôt de Paris en 1594, mort en 1614. Le baron de Chappes eut entre autres enfants le Maréchal duc d'Aumont. {Voy. P. Anselme, t. iv, p. 87G.)

2 Charles, sire de Piambures, capitaine de cinquante hommes d'armes, gouverneur de Doullens et du Crotoy, dit le hrtivc liambttrcs, maréchal de camp et mestre de camp d'un régiment entretenu par le Roi, chevalier des ordres en 1019, mort en 1033, « après avoir été )> contraint, dit le P. Anselme, de se faire couper le bras droit pour » deux vieilles blessures reçues l'une à la bataille d'Ivry et l'autre au » siège d'Amiens, » (Foy. P. Anselme, t. vu, p. 68.)

d'AILN AL l.l) 1)'A.M)I 1,1.^. Vis

(ïc niesine jour, le l\oy va à TDars'. m.i> lu».

-M. le cDiiite (le Brcnne vient Irouver le Uoy, avec lettres de la Reyiic-mcre ; n'ayant point encore veii Sa Majesté, et estant clans rantichambre, leste nue, connue tous les autres, M. de Luyncs passe, le chapeau à la main, et jcttant les yeux sur M. le comte de Brenne, M. le Comte de Brenne se tint ferme , et se recula, plustost que de s'avancer ; et M. d'Elbeuf passant après, il luy alla faire une très grande révérence, et ensuite à quelques autres. Le Roy, qui en fut fâché, ne reccut pas trop bien M. le comte de Brenne, lorsqu'il luy rendit sa lettre^ laquelle se trouvant estre en plus fâcheux termes, qu'aucune des précédentes, et M. lecomle de Brenne s'estant comme laissé entendre, que ce qu'il n'avoit point salué de Luynes, n'avoit pas esté sans que la Beyne le trouvast bon, on commençoit à entrer en défiance qu'il y cust quelque chose de caché là dessous. Mais enfin, on découvrit que tout cela procédoit de l'artifice de

Uuscelloyetdesa cabale, comme le M de Mou,..-

qui estoyent très marrys de la paix , et cherchoyent un moyen de rompi-e. Ce qui tut encore confirmé, parce que le comte de Brenne, estant pressé, et enquis de diverses personnes, s'il avoit commandement de la Reync Mère, de faire ce qu'il avoit fait, il reconnut que non ; et M. de Marousan écrivit en mesmc temps, que la Reyne Mère estoit tellement résolue à

* Votj, Pontcliartrain, p. 285.

'- Le marquis de Mouny ou Mosny, premier ccuyer de la Reine-mère, grand ami de Russclay.

M.n.v ICI». l'aire tout ce qu'il plairoit au Roy, qu'elle avoit approuvé, sans aucune difficulté, toutes les propositions que M. le Cardinal de la Rochefoucaut luy avoit fait de sa part.

30. Le Roy renvoyé M. le comte de lîrenne, sans lettre, (on en avoit fait une de quatre lignes, mais qu'il ne voulut pas que l'on luy baillast), avec quelques paroles de compliment à la Reyne^ et charge de luy dire, qu'il luy feroit réponce par un Gentilhomme exprès.

Juin. Samedy 1. M. de la Chesnaye part, pour aller à

Angoulesme.

2. M. de Bérule part, pour aller en poste à An goulesme, et porte la réponce du Roy à la lettre qu'il avoit receue de la Reyne-mère.

d. Le Roy va au Lude et en revient le...

La Reyne va à Nostre Dame des ArdiUières, près Saumur, et le lendemain au Verger, d'où elle revient à Tours le. . .

6. M. de Yendosme vient de Bretagne, trouver le Roy à Tours, où il attendit Sa Majesté.

M. de Marousan revient d' Angoulesme trouver le Roy au Lude. — Il rapporte que la Reyne-mère avoit accordé généralement tout ce que le Roy avoit voulu, qu'elle désavoùoit entièrement l'action de M. de Brenne, se sentoit obligée au Roy , de ce qu'en sa considération, il ne l' avoit pas plus mal-traitté ; reconnoissoit n'avoir point compris le sens de la lettre dernière qu'elle avoit écrite au Roy par luy; que

d'arnauld d'andilly. /i27

r'csioit rmccclay qui liiy en avoil baille la minuUo, qu'il y avoil plus de trois semaines qu'il la luy avoit baillée pour l'écrire; mais que M. de Luçon ne l'ayant point trouvée bien, elle ne l' avoit pas voulu signer; que depuis M. Ruccellay luy avoit dit, qu'elle avoit esté changée, et la luy avoit fait écrire ; qu'elle estoit fort contente de la réponce que le Roy luy avoit faite i\ ladite lettre, par M. de Bérule, et que sur cela, elle en récriroit une autre telle ù Sa Majesté, qu'elle espéroit qu'il en demeureroil content.

13. M. le Prince de Piémont part de Tours en poste, va coucher à Poitiers, et le lendemain, disner à x\ngoulesmc.

M. de Bonncûil ' l'accompagne, et M. de la Rochefoucaut, pom' faire l'honneur en Poitou. H fut si bien reçeu par la Reyne-mère, qu'au lieu qu'il croioit revenir deux jours après, il ne revint que le lundy 24. M. le Prince Thomas l'accompagna aussi. Il eut une chaisne de dix mil écus , et M. le Prince Major, un diamant de seize mil écus -.

Environ 1/t. L'Ambassadeur d'Angleterre arrive à Tours, à la Cour. M. le Marquis de Traisnel estoit revenu quelques jours auparavant à Paris, et arriva à la Cour, environ le 19.

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