XXXIV INTRODUCTION
tera pas sans fruit pour l'établissement des voies de communication dans les pays soumis à son autorité. Vient-on d'édifier le théâtre de Versailles? Il s'abouche avec le machiniste Arnoult, qu'il étonne par la justesse de ses vues. Invente-ton une nouvelle manière de radouber les vaisseaux? Il court se la faire expliquer au ministère, de même qu'il se fait présenter, par M. Pierrier, une « machine à feu » dont cet ingénieur achève l'installation, à Paris, et qui doit servir à éteindre les incendies.
Il raisonne médecine comme un professionnel, et, quand il a des intérêts à défendre devant des juges, plaide lui-même pendant des heures, s'il le faut, avec la sûreté d'un avocat. Car, malgré toutes ses occupations, il ne veut point d'hommes d'affaires, afin de demeurer libre. La compagnie d'Anzin, dont il est un des fondateurs, et dont les bénéfices constituent le plus clair de ses revenus, doit une partie de su prospérité à l'activité qu'il déploie en sa faveur.
Ce qu'on vient de lire fait pressentir l'intérêt que M. de Groy va prendre à l'invention des ballons : en 1783, il imprime, à Calais, un mémoire dans lequel il prône la découverte des frères MontgoUier, découverte qu'il regrette de voir le Roi et l'Académie encourager d'une manière insuffisante. Décidé à ne les point imiter, il entre en correspondance avec les deux ingénieurs et, sa brochure parue, lance, sur la place publique de Calais, un petit globe aérostatique qui traverse le détroit et va se perdre en Angleterre. Enfin, suppléant à la timidité des deux frères, qui n'osent demander une subvention pour la continuation de leurs expériences, il agit, en leur faveur, auprès des ministres.
Il est des premiers à faire visite à l'aéronaule Blanchard, et, le 2 mars 1784, c'est-à-dire vingt-huit jours avant sa mort, se fait transporter, aux Invalides, dans un grenier où le gouverneur a donné l'ordre de porter tous les objets nécessaires à un malade, afin de lui permettre d'assister, en