‹ Journal inédit d'Arnauld d'AndillyChapitre 45 sur 99 · M. Barbin est fait controlleur général des · texte numérisé non relu

M. Barbin est fait controlleur général des

* Henry de Beaumanoir, I*' du nom, marquis de Layardin, comte dû Negrepelisse, gouverneur des comtés du Maine, du Perche et de Laval, mort en 1633. Il était fils du maréchal de Lavardin mort en 1614.

' Voy* Merc» fr»^ t iv, p. 87 et 148; Pontchartrain, p. 145.

'3 Léon d'Albert, seigneur de Brantes, chevalier des ordres en 1619, capitaine lieutenant des deux cents chevau-légers de la garde, gouverneur de Blaye, duc de Luxembourg et de Piney, prince de Tingry et pair de France en 1620, mort en 1630. Il était frère du duc de Luynes et du duc de Chaulnes. Il devint duc de Luxembourg en 1620, par son mariage avec Marguerite-Charlotte, fille et héritière de flenry de Luxembourg, duc de Piney, prince de Tingry, mort en 1616. (P. Anselme, t. IV, p. 274.)

finances, au lieu de M. le Président Jeannin (auquel »««y *"•• on donna la qualité de Surintendant) , et la charge d'Intendant qu'avoit M. Dollé fut baillée à M. de Ca3tille\ gendre de M. le Président Jeannin, auquel on donna aussi douze mil écus.

J'ay ouy dire à M. Barbin que M"*' la Maréchale d'Ancre l'affectionnoit avec une passion extrême, et qu'il y avoit quatre ans qu'elle le pressoit sans cesse de prendre le controUe général des finances, et que l'on donnast à M. le Président Jeannin une charge d'Intendant des finances que l'on demandoit pour son gendre ; ce qu'il ne voulut point , afin qu'il ne fust pas dit que l'on créast une charge d'intendant des finances pour l'amour de luy ; mais que voyant M. Dollé mort, alors ilreceut la faveur que luy faisoit la Maréchale. Et Flexelles s' estant offert de parler à M. le Président Jeannin, l'affaire fut incontinent conclue, comme il est dit cy-dessus. M. Barbin dit aussi qu'en mesme temps qu'il estoit assuré à la Cour de l'intendance de M. Dollé, le Maréchal d'Ancre..* ^

* Pierre de Castille, ambassadeur en Suisse, intendant puis contrôleur général des finances, avait épousé Charlotte Jeannin, fille du Président.

2 H CepeDdant le maréchal et la maréchale d'Ancre avoient si bien mis M. Barbin dans Tesprit de la reine-mère, que sur la fin de 1616 il n'exerçoit pas seulement la charge de surintendant des finances^ sous le nom de contrôleur général , mais étoit plus puissant que nul autre dans les affaires. Il n'avoit point d*acquis ; mais c*étoit un homme d'un très-grand sens et très-judicieux, qui avoit les mains très-nettes et qui ne se prévenoit point ; ce qui est une qualité si rare que je rai remarqué en peu de personnes. » (Mémoires d'Amauld d'Andilly, p. 369.)

myim. M. Barbin marche devant les Intendans, lesquels

luy quittent, à cause de sa faveur ; car autrement , il n*avoit nul droit, et ne pouvoit prétendre rang que suivant sa réception au Conseil d' Estât. Ainsi leur raison pour quitter fut que la plus belle charge de la Cour, c'est la faveur.

Juin. 1. M. Mareil du Drac, amené prisonnier par un

Prévost de Champagne, se sauve chez M. du Mayne. Le Prévost et Archers le poursuivent avec pistollets, sont repoussez par les gens de M. du Mayne, lequel survient et empêche le désordre ; et se va pleindre au Louvre de ce que le Prévost estoit ainsi entré en armes dans son logis. Offre que l'on cherche partout. On envoyé le Prévost en prison, pour n'avoir pas seu garder son prisonnier; et l'on envoyé trois Messieurs des Requestes et les Archers du Grand Prévost pour informer chez M. du Mayne de la vérité de l'affaire, et prendre M. de Mareil, s'il y estoit, et l'amener au Fort-l'Evesque. 11 s' estoit sauvé sur un cheval de M. du Mayne avec des gentilshommes de M. du Mayne.

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