‹ Journal inédit d'Arnauld d'AndillyChapitre 70 sur 99 · JOUENAL INÉDIT · texte numérisé non relu

JOUENAL INÉDIT

*•«• luy disant : Pourquoy me pousséz-vous? Et à Finstant, luy bailla quelques coups de baston, et dit, ainsi que quelques-uns tiennent, à la Marquise d' Al • luye : Madame » c'est pour vous que le jeu se fait, l'objet émeut la puissance. Et aussitost, il se retira et fut premièrement à l'hostel de Nevers. La hayne estoit venue de ce que la marquise d'Alluye désirant de retirer des lettres qu'elle avoit écrites au marquis de Boûillac» et ne les pouvant r' avoir, elle en pria M. de Ruscellay, qui donna de l'argent à un Espagnol , lequel , sous prétexte de montrer la langue, dérobba la cassette où estoyent lesdites lettres, et quelques bagues. M. de Ruscellay se trouva fort assisté à la Cour, de tous les seigneurs de qualité. M. le prince de Joinville, qui se tenoit offencé de ce que cela s' estoit fait en sa présence, vint le lendemain matin, amener M. de Ruscellay au Roy, aux Feuillans, pour le remercier de ce qu'il avoit promis, le soir précédent, de faire faire justice sévère de cette action. — Sa Majesté commanda au Grand Prévost d'aller le lundy 12, recevoir la pleinte de M. de Ruscellay chez luy-mesme. M. le Cardinal de Guise assista aussi M. de Ruscellay. M. de Guise demeura neutre. Deux ou trois jours après, à l'instance de M. le Prince de Joinville, l'affaire fut renvoyée au Parlement. M. d'Epernon qui estoit aux Feuillans lorsque M. de Ruscellay y arriva, dit qu'il estoit bien impudent d'ap-

de Nogaret, marquis de la Valette, puis duc d'Épemoo en 1661, et mourut en 1662. {Foy. P. Anselme, t. ii, p. 182, et Tallemant des Réaux, bistoriett» du marquis de Rouillac.)

d'aanauld d'andilly. 851

porter des coups de baston en si bonne conopagnie. Février lets.

Le samedy 24 mars, lesdits Sieurs de Ruscellay et de Roûillac furent accordez. L'accord fut, que M. de Roûillac alla trouver M, de Ruscellay, dans l'Eglise des Capucins, et là se mit à deux genoux devant luy, et ayant avoué la faute qu'il avoit faite, le supplia de la luy pardonner, comme il vouloit que Jesus-Ghrist, en la présence duquel il estoit, luy pardonnast les siennes. Après cela, le Roy fit commander à M. de Roûillac d'estre un mois hors de la cour pour satisfaire à l'offence que Sa Majesté avoit aussi reçeue.

14. M. de Roissy * va à Blois, trouver la Reynemère, de la part du Roy.

Le Collège des Jésuites de Paris, nommé le Collège de Clermont, est ouvert, suivant un arrest du Conseil du '.

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