‹ Journal inédit d'Arnauld d'AndillyChapitre 87 sur 99 · Ù24 JOURNAL INÉDIT · texte numérisé non relu

Ù24 JOURNAL INÉDIT

May 1619. M. de Marousan retourna à Angoulesme trois ou

quatre jours après.

28. On licencie l'armée, qui estoit à la suite du Roy, en la sorte qui s'en suit. On casse entièrement les Régimens de la Rinville et du Ménillet, et quant à ceux de Picardie, Piémont, Navarre et Beaumont, les dix compagnies qu'ils avoyent de cent hommes chacune, sont réduites à cinquante hommes, qui est une augmentation d'entretenement qu'ils n' avoyent jamais eu auparavant en temps de paix ; car outre ces dix compagnies des vieux Régimens entretenus maintenant à la Campagne, les vingt vieilles Compagnies demeurent toujours dans les garnisons.

Des seize cens Suisses de nouvelle recrue, en sont conservez six cens ; le reste renvoyé. .

Quant aux Régimens de Champagne, Chapes *, Bourg, Vaubecour, et Rambures% j'estime qu'ils seront traittez comme les susdits. — Ce qui s'est fait aussi.

Quant à la gendarmerie et cavalerie légère

* Ce régiment portait le nom de Jacques d'Aumont, baron de Chappes, gentilhomme ordinaire de la Chambre, colonel dudit régiment aa siège de Rouen en 1591, sous le Maréchal d'Aumont son père, Prévôt de Paris en 159&, mort en jôl/ii. Le baron de Chappes eut entre autres enfants le Maréchal duc d*Aumont. ( Voy, P. Anselme, t. iv, p. 876.)

2 Charles, sire de Rambures, capitaine de cinquante hommes d'armes, gouverneur de Doullens et du Crotoy, dit le brave Rambures^ maréchal de camp et mestre de camp d'un régiment entretenu par le Roi, chevalier des ordres en 1G19, mort en 1633, o après avoir été » contraint, dit le P. Anselme, de se faire couper le bras droit pour » deux vieilles blessures reçues Tune à la bataille d'Ivry et l'autre au )» siège d'Amiens. » {Voy. P. Anselme, t. vu, p. 68.)

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Ce mesme jour, le Roy va à Tours*. M«y isit.

M. le comte de Brenne vient trouver le Roy, avec lettres de la Reyne-mère ; n'ayant point encore veû Sa Majesté, et estant dans l'antichambre, teste nûe, comme tous les autres, M. de Luynes passe, le chapeau à la main, et jettant les yeux sur M. le comte de Brenne, M. le Comte de Brenne se tint ferme , et se recula, plustost que de s'avancer ; et M. d'Elbeuf passant après, il luy alla faire une très grande révérence, et ensuite à quelques autres. Le Roy, qui en fut fâché, ne receut pas trop bien M. le comte de Brenne, lorsqu'il luy rendit sa lettre^ laquelle se trouvant estre en plus fâcheux termes, qu'aucune des précédentes, et M. le comte de Brenne s' estant comme laissé entendre , que ce qu'il n'avoit point salué de Luynes, n'avoit pas esté sans que la Reyne le trouvast bon, on commençoit à entrer en défiance qu'il y eust quelque chose de caché là dessous. Mais enfin, on découvrit que tout cela procédoit de l'artifice de

Ruscellay et de sa cabale, comme le M de Mou. . . ^

qui estoyent très marrys de la paix , et cherchoyent un moyen de rompre. Ce qui fut encore confirmé, parce que le comte de Brenne, estant pressé, et enquisde diverses personnes, s'il avoit conunandement de la Reyne Mère, de faire ce qu'il avoit fait, il reconnut que non ; et M. de Marousan écrivit en mesme temps, que la Reyne Mère estoit tellement résolue à

* Voy, Pontchartrain, p. 285.

2 Le marquis de Mouny ou Mosny, premier écuyer de la Reine-mèro, grand ami de Russelay.

llS6 JOUENAL INÉDIT

«•y i«f . faire tout ce qu'il plairoit au Roy, qu'elle avoit approuvé, sans aucune difiQculté, toutes les propositions que M. le Cardinal de la Rochefoucaut luy avoit fait de sa part.

30. Le Roy renvoyé M. le comte de Brenne, sans lettre, (on en avoit fait une de quatre lignes, mais qu'il ne voulut pas que l'on luy baillast) , avec quelques paroles de compliment à la Reyne, et charge de luy dire, qu'il luy feroît réponce par un Gentilhomme exprès.

Juin. Samedy 1. M. de la Chesnaye part, pour aller à

Angoulesme.

2. M. de Bérule part, pour aller en poste à Angoulesme, et porte la réponce du Roy à la lettre qu'il avoit receue de la Reyne-mère.

ft. Le Roy va au Lude et en revient le...

La Reyne va à Nostre Dame des Ardillières, près Saumur, et le lendemain au Verger, d'où elle revient à Tours le...

6. M. de Vendosme vient de Bretagne, trouver le Roy à Tours, où il attendit Sa Majesté.

M. de Marousan revient d' Angoulesme trouver le Roy au Lude. — Il rapporte que la Reyne-mère avoit accordé généralement tout ce que le Roy avoit voulu, qu'elle désavoûoit entièrement l'action de M. de Brenne, se sentoit obligée au Roy , de ce qu'en sa considération, il ne Tavoitpas plus mal-traitté ; reconnoissoit n'avoir point compris le sens de la lettre dernière qu'elle avoit écrite au Roy par luy; que

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c*estoit Ruccelay qui luy en avoit baillé la minutte, Juin iei9.

qu'il y avoit plus de trois semaines qu'il la luy avoit

baillée pour récrire ; mais que M. de Luçon ne l'ayant

point trouvée bien, elle ne l'avoit pas voulu signer;

que depuis M. Ruccellay luy avoit dit, qu'elle avoit

esté changée, et la luy avoit fait écrire ; qu'elle estoit

fort contente de la réponce que le Roy luy avoit faite

à ladite lettre, par M. de Bérule, et que sur cela, elle

en récriroit une autre telle à Sa Majesté, qu'elle espé-

roit qu'il en demeureroit content.

13. M. le Prince de Piémont part de Tours en poste, va coucher à Poitiers, et le lendemain, disner à Angoulesme.

M. de Bonneûil * l'accompagne, et M. de la Rochefoucaut, pour faire l'honneur en Poitou. Il fut si bien reçeu par la Reyne-raère, qu'au lieu qu'il croioit revenir deux jours après, il ne revint que le lundy 24. M. le Prince Thomas l'accompagna aussi, 11 eut une chaisne de dix mil écus, et M. le Prince Major, un diamant de seize mil écus *.

Environ 14. L'Ambassadeur d'Angleterre arrive à Tours, à la Cour. M. le Marquis de Traisnel estoit revenu quelques jours auparavant à Paris, et arriva à la Cour, environ le 19.

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