Le Roy va à Amboise, et revient le lundy 12. aousi wi
9. Madame estant preste à partir pour aller à Angoulesme dire à Dieu à la Reyne-mère, est contremandée, à cause qu'on s'assuroit que la Reyne vîendroit.
M. de Montbason part d' Amboise pour aller à Angoulesme où il arrive le lendemain 10, porte à la Reyne-mère le contentement qu'elle désiroit, pour les Capitaines des Gardes, qui depuis ont esté remis dans leurs charges. On dit que le Roy les voyant venir, au moins Dubourdet et Loustelnau, dit qu'il les haïssoit plus que la mort; et que si ce n'eust esté pour l'amour de la R-eyne sa mère, il ne leur eust jamais pardonné*.
13. Le Capitaine des Gardes de M. de Vendosme, nommé.... *, apporte nouvelle au Roy de la prise de Concarneau. Les vieux Régiments n'y estoyent pas encore arrivez. M. de Vendosme estoit devant, avec sa compagnie des Gardes et... compagnie tirée de celle du Régiment des Gardes, commandée par...'. On tira de part et d'autre; mais Lezomis ayant peur, s'enfuit dans un Esquif; un de ses frères estant demeuré, il s'émeut dispute entre luy et un Lieutenant nonmié.../ à qui commande-
* Voy, Pontchartraîn, p. 288 et 289.
3 Ce capitaine des gardes de M. de Vendôme était le sieur de la Courbe Hiré.
3 Les troupes tirées des régiments des gardes étaient commandées par la Besne, capitaine des gardes du Roi.
^ Le lieutenant du sieur de Lezonnet dans Concarneau était, suivant le récit du Mercure^ le sieur Querchesne.
kb!2 JOURNAL INÉDIT
roit Le Lieutenant se trouva le plus fort et chassa le frère qui s'en alla aussi dans un esquif; un jour ou deux après, la garnison demanda à parlementer ; et ce Lieutenant ayant seû qu'il n'y avoit point de pardon pour luy à cause qu'il commandoit sans avoir charge quelconque dans la Place, pour laquelle il fust toujours employé dans T Estât du Roy, dit, qu'au bout de six mois, il ne seroit pas encore prest à se rendre. Sur cela, le Capitaine des Gardes de M. de Vendosme m'a dit, qu'il commanda au< soldats de ladite garnison de le prendre, les assurant qu'on leur donneroit à tous la vie ; ce qu'ils firent, et l'amenèrent au bout du pont Aussitost M. de Yendosme le fit pendre, et les soldats, au nombre de trente-six seulement, sortirent, sans qu'on leur fist mal. L'Evesque de Cornoûaille, frère de Lëzomis, alloit pour tâcher d'accommoder l'affaire ; mais il arriva trop tard. M. de Vendosme entra dans la Place, qui est des quatre meilleures de Bretagne, et en revint le vendredy, 80*.
15. Il arrive nouvelle au Roy, qu'assurément la Reyne sa mère viendroit le trouver.
17. Le Roy et la Reyne régnante vont à Amboise et en reviennent le mécredy 21. — Le Roy y arrivant, on luy apporte nouvelle que M. de Chambret estoit mort en sa maison.
* f'ôy, Pontchartrain, p. 288. Suivant le récit de Pontchartrain, le gouverneur de Concameau était le sieur de Lizonnet (de Lezonnet, suivant le Mère, fr.), Voy. aussi Merc, />♦., p. 291 et suiv., le rapport très-détaiilé de la prise de Concarneau par les capitaines la Besne et
d'arnauld d'andilly. 44â
18. M. de Villiers St-Genest arrive à Auiboise, Aoost tm. de la part de la Reyne-mère du Roy. Le vray sujet de son voyage estoit, pour obtenir le chapeau pour M. de Thoulouze, en la promotion que l'on dit que le Pape va faire; et pour tirer promesse de M. de Luynes et du Père Amoux, sur le sujet du retour de la Reyne.
21. Le Mayne * revient d' Angoulesme, où il avoit esté envoyé quelques jours auparavant. H rapporte que la Reyne partiroit le lundy 26.
M. de Brantes part pour aller trouver la Reynemère à Angoulesme de la part du Roy, et luy porter assurance du service de M. de Luynes. Il fut trèsbien receu d'elle, et la disposa à partir le mardy, encore que depuis le retour du Mayne, on crut qu'elle ne partiroit que le mécredy, et qu'elle eust résolu de ne partir que le jeudy. M. de Brantes revient le mardy 27, à midy, à Tours; et le jour mesme, alla trouver le Roy au Lude*.
24. Le fils aisné de M. de St-Luc % âgé de quinze ans, fait le serment de Broûage, en survivance.
Ce mesme jour fut résolu par le Roy, dans son
la Courbe, dans laquelle affaire le lieutenant de la place, le sieur Querchesne, fit une résistance héroïque.
* Le Mayne, souvent cité dans le journal d*Andîlly, était gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi et conseiller d'État.
2 roy. Merc, fr.,p, 300.
* Le fils aîné de M. de Saint-Luc était Louis d'Espinay, abbé de Cbartrices, en Champagne, nommé à l'archevêché de Bordeaux, mort en 1644* Son second fils était François d'Ëspinay, marquis de Saint- Luc, lieutenant général en Guyenne, gouverneur de Périgord, mort en 1670. {Voy. P. Anselme, t. vu, p. 476.)
khk JOURNAL INÉDIT
Aoost i«if . Conseil, de faire MM. de Praslin et de St-Géran, Maréchaux de France.
25. M. de Praslin * fait le serment de Maréchal de France, et le Roy dépesche à M. de St-Géran, afin qu'il vienne recevoir pareil honneur. M. de St-Géran avoit eu le Brevet le premier.