PREFACE. XXIX
Roi mineur; plus tard il sera pour le Roi majeur contre l'ex-régente. Entre ces deux grandes royautés du génie, Sully et Richelieu, se succèdent ces deux petites royautés de la faveur, Concini et Luynes. Tandis que le Maréchal d'Ancre et sa femme, en gagnant l'esprit de la Reine-mère, gouvernent à leur fantaisie, et se font haïr de tous ceux que leur puissance imméritée offusque et irrite ; Luynes, en flattant les goûts du jeune Roi, monte rapidement tous les degrés du pouvoir; et comme pour monter jusqu'où peut s'élever la médiocrité portée par la fortune, l'un deviendra Maréchal de France, l'autre ira plus loin encore et sera Connétable. En ces temps de scandale et d'anarchie, on ne recule devant aucun moyen pour satisfaire ses vengeancesou son ambition. Pour se débarrasser du Maréchal on le fait assassiner, et le bâton qui tombe de sa main est donné au marquis de Vitry pour prix de ce forfait; une victime ne suffit pas ; lafavorite de Marie de Médicis, la Maréchale d'Ancre, accusée de crimes imaginaires, est condamnée comme coupable de magie et de sorcellerie, et sa téte tombe sur la place de Grève. Sous un tel gouvernement la guerre civile est en permanence ; quand de part et d'autre on est à bout de ressources, les Princes rebelles, souverains dans leurs gouvernements, traitent
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avec le Roi de puissance à puissance, et imposen plutôt qu'ils ne reçoivent les conditions d'un paix éphémère. Le fanatisme religieux se joh aux ambitions politiques. Les Réformés fou comme on Ta dit, un Etat dans l'Etat; ils 01 leurs assemblées, leurs députés, bientôt ils au ront leurs armées, leurs généraux, et après de combats sans nombre et des sièges mémorables il faudra l'indomptable énergie de Richelie pour rendre à l'autorité royale sa force et so prestige. Tel est le tableau que présente I France et que la plume d'Arnauld d'Àndill retrace fidèlement.
En terminant ce court avertissement je n puis qu'exprimer le regret de n'avoir pu publie le Journal d'Arnauld d'Andilly tout entier. S quelque jour de nouvelles recherches ou 1 hasard venait à le faire retrouver, je serais heu reux de le donner au public. Telle quelle, je cro que la partie que je publie aujourd'hui méril l'attention de tous ceux qui s'intéressent à 1 science historique. J'ai jointau texte de courte notes biographiques sur la plupart des persor nages cités, pour lesquelles j'ai surtout mis à coj tribution l'inappréciable ouvrage du P. Ai selme et à son défaut les Dictionnaires de More et de Michaud, et des renvois aux différents M< moires du temps; et pour faciliter les rechei