Leurs Majestez arrivent à Bordeaux a
Le 3, l'armée du Roy alla à Fermoustier, le k à la Ferté-Gaucher, et deux jours après à Montmirel, et trois ou quatre jours après à Sézane. Le 12, elle va de Sézane à Barbonne, et le 13 à Nogent-sur-Seine.
1/i. Monsieur le Prince ayant passé l'Aube à Planty, passe la Seine à Méry, et son canon à gué. On dit qu'il contraignit les habitans de Méry de refaire en peu d'heures leur pont qu'ils avoyent rompu auparavant.
Faute de M. de Praslin, lequel, ayant huit cens chevaux et trois mille hommes de pied, ne chargea pas M. du May ne, près de Sézane, qui s'estoit avancé avec cinq cens chevaux et avoit une lieue de retraite par un marais où l'on ne pouvoit passer que trois à trois. En ceste occasion, M. de Longue ville voyant M. du Mayne en danger, alla à luy avec quinze chevaux et se pensa noyer dans le marais3.
1 Voy. Pontchartrain, p. 106 ; Merc. fr., t. iv, p. 250.
* Suivant Pontchartrain, p. 107, l'arrivée à Bordeaux eut lieu le 7. Richelieu, p. 273, donne la môme date que Pontchartrain ; le Merc.fr.^ t. iv, p. 280, de môme.
» Foy.,sur toutes ces affaires, les Mémoires de Fontenay-Mareuil
d'aknauld d'andilly. 121 Pendant que M. du Mayne faisoit ferme avec par- octobre im. tie de la cavalerie, l'infanterie de leur armée s'avançoit vers Méry ; et ils ont depuis fait plusieurs fois semblable chose.
16. Le dessein de Monsieur le Prince estant d'aller à Sens où il avoit grande faction et où il eust esté reçeu, M. le Maréchal de Boisdaufin y envoya devant M. de Fossez avec les gendarmes de la compagnie de la Reyne et le régiment de Navarre, et suivit après. M. de Fossez arriva à Saint-Clément, à demy quart de lieue de Sens, le jeudy à minuit. Envoyé à l'instant deux gentilshommes demander d'estre reçu dans le faubourg d'Yonne qui est une isle forte. Les habitans refusent. M. de la Verrière, gouverneur, prie d'attendre au lendemain. Le lendemain, M. de Fossez va dans la ville avec vingt chevaux, trouve les habitans en rumeur. Enfin, ils accordent qu'il entreroit au faubourg. Les habitans de ce faubourg dient qu'ils ne le recevront point. M. de Fossez , sur cela , dit que tous les serviteurs du Roy se retirassent, et qu'il forceroit le reste. Il approche avec son régiment en bataille. Us se réduisent. Monsieur le Maréchal arrive six heures après. M. de Praslin vint devant avec vingt-cinq chevaux, trouve le pont le vis levé contre M. de Fossez; est reçeu dans la ville. Un habitant luy vint
qui faisait ses premières armes dans cette campagne sous les ordres de M. de Fossez (Font.-Mareuil, p. 295 et suiv.), et les Mémoires do Bassompierre qui avait un commandement dans l'armée du Roi (mémo collection, 2- série, t. 20).
octobre m». ^ire yguloit entrer plus de gens qu'il n'a voit dit. Il répond qu'il ne trouvôit pas bon qu'on luy voulust faire là loy. Cet habitant se retire, fait reprendre les armes à tous. M. de Praslin se retire, et fait le logement de l'armée dans le faubourg. Les habitans ferment leurs portes, paraissent en armes sur les remparts. M. le Maréchal de Boisdaufin, contre l'avis de tous, va coucher dans la ville ; y est reçeu sans sa garde de Suisses. Les habitans font commandement à tous soldats de sortir, sur peine de la vie. Le lendemain , ils s'apprivoisèrent, ouvrirent les portes qu'ils avoyent condamnées., firent peu de garde à toutes , laissèrent entrer librement tous les soldats. Monsieur le Maréchal voulut bailler vingt-deux billets à Vingt-deux factieux pour sortir. Les autres habitans intercédèrent pour eux et furent cause qu'ils demeurèrent. Il les fit tous jurer et crier î Vive le Roy. Le soir inesmê du 16, Monsieur le Prince vint une heure après M. de Boisdaufin, loger à Malay, à un quart de lieue d'un des faubourgs de Sens. Sans la diligence de M. de Boisdaufin, Sens estoit perdu. Le soir qu'il partit de Nogent, les paysans de Grange, où il coucha, se firent tirer quatre coups de canon. Il y en eut un de perdu1.