La Reyne régente arrive à Paris, descend à
et 291 ; Pontchartrain, p. 142. Voy. surtout le Journal de la Conférence de Loudun par Pontchartrain, qui y joua un grand rôle. (Mém. de Pontchartrain, éd. citée, p. 315.) Le récit en quelque sorte authentique de Pontchartrain confirme entièrement, quant aux dates et aux faits, celui d'Arnauld d'Andilly.
* Voy. Mere. fr., t. rv, p. 80, l'ordonnance du roi pour la pacification des troubles et celle sur la retraite des gens de guerre; Voy. aussi Richelieu, p. 290.
2 Voy. Merc. /h, t. iv, p. 83.
Mn> iei«. Saint- Victor ; de là, va à son bastiment et puis au Louvre. Elle n'avoit point voulu d'entrée ; et néantmoins, il fut quantité de monde et de peuple au devant d'elle. Elle témoignoit un contentement extrême de revenir à Paris. M. de Guise, M. de Schomberg2, M. de Praslin et Monsieur le Grand-Prévost estoyent avec elle.
Monsieur le Chancelier estoit encore à Berny, lorsque la Reyne arriva àParis; en quoy l'on trouve qu'il fit très-grande faute. 11 fut fort visité audit Berny.
1 2. Monsieur le Chancelier vint coucher à Paris, dans un carrosse fermé, et partit le lendemain matin pour aller à Panfou. C'estoit pour prendre les papiers de son cabinet. 11 n'avoit osé entrer à Paris devant l'arrivée de la Reyne, de crainte que Ton dist qu'il ne fist quelque faction.
1 Estant entrée dans Paris par la porte Saint-Victor , elle en sortit par la porte Saint-Germain pour aller voir son superbe bastiment au parc de Luxembourg , où elle fut receûe par une musique de hautsbois que les ouvriers y avoicnt fait venir pour la resjouissance du retour de Sa Majesté, qui fut très aise de voir que ce bastiment n'avoit point esté discontinué pour le trouble. Après qu'elle l'eut visité, elle rentra dans Paris par la porte de Bussy et s'en alla au Louvre, les ruCs estoient pleines d'une multitude de monde, joyeuse de son retour et de la paix. » (Merc. fr.y U îv, p. 83.)
2 Henry de Schomberg, comte de Nanteuil, né en 1575, gouverneur .les Marches, maréchal de camp général des troupes allemandes au service du Roi, lieutenant de Roi eu Limosin en 1608, ambassadeur en Allemagne en 1617, surintendant des finances en 1619, gouverneur de Limosin, Saintonge et Angouinois en 1622, conseiller d'État, maréchal 6o France en 1625, commanda au siège de la Rochelle en 1628, blessé au pas de Suze en 1629, prit Pignerol en 1630, défit et fit prisonnier le duc de Montmorency à Castelnaudary en 1632, gouverneur du Languedoc, mort en 1632.
d'arnauld d'andilly. 165
16. Le Roy et la Reyne sa femme arrivent à ««y . Paris par le faubourg Saint- Jacques. M. de Chevry
(qui s'estoit fait nommer colonel général par Sa Majesté) alla au devant d'eux avec dix mil hommes disposez en neuf bataillons, et avoit fait défences do tirer, sur peine de la vie. Us ne tirèrent point quand le Roy les vid, mais lorsque la Reyne approcha d'eux, ils firent une salve dont elle eut frayeur, et en eut un très-grand vomissement toute la nuit. Sans des gentilshommes qui arrestèrent les mullets de sa litière, ils prenoyent l'épouvante. Leurs M aj estez allèrent droit à Nostre-Dame, où les Cours souveraines les attendoyent en corps. Six muidsde vin que M. de Chevry fit porter furent cause de tout ce désordre '.
Aussitost que le Roy fut dans le Louvre, il envoya quérir M. du Vair, auquel il donna les sceaux. Le Roy scella luy-mesme ses provisions2.
17. M. le président Jeannin et Messieurs les Intendans des finances furent voir M. du Vair qui leur parla très-honnestement.
Monsieur le Garde des sceaux donna au bonhomme M. Combaut la charge de garde des rolles et acquits des parties casuelles, dont il s'estoit défait entre les mains de Renouard. Cette charge dépend du Chancelier ou Garde des sceaux qui entre en charge, le-
1 Voy. Merc. /V., t. iv, p. 8/i, le récit curieux de l'entrée solennelle du roi et de la reine à Paris; Voy. Pontchartrain, p. 143, et Mém. de Math. Molé, p. 111.
* Voy. Fontenay-Mareuil, p. 335; Brienne, p. 312; Richelieu, p. 295; Pontchartrain, p. 1M.
May iei6. quel la peut donner pour le temps qu'il est en charge.
18. Monsieur le Garde des sceaux scelle pour la première fois ; parle fermement aux secrétaires ; leur dit qu'il ne vouloit point qu'on luy présentast que des lettres de justice, et qu'il sauroit bien reconnoistre ceux qui le voudroyent surprendre ; refuse infinies mauvaises lettres.
20. MM. du Mayne, de Buillon et de la Tremoille arrivent à Paris; virent Leurs Majestez en mesme temps, de qui ils furent bien reçus. Ils entrèrent en carrosse dans Paris, suivant ce que le Roy leur avoit mandé, sur ce qu'ils l'avoyent supplié de leur faire savoir sa volonté sur ce sujet. M. de Buillon alla loger chez M. de Laverdin \ à la Place Royale, duquel il a acheté cent dix mil écus la terre de Negrepelisse que M. de Sully avoit marchandée ; ce qui causa de la brouïllerie entre eux 2.
21. M. de Brantes8 revient d'un voyage que le Roy luy avoit envoyé faire vers M. de Longueville.