INTRODUCTION XXXIII
pôle, de longer, en revenant, les terres australes, et de rentrer par le cap Hom, plan que Kerguélen manquera, pour ainsi dire, <c exprès », et laissera maladroitement Cook exécuter à sa place ! Avant son départ, M. de Croy prépare, avec Taide de MM. de Borda et de Lalande, les instruments astronomiques nécessaires, outre une voiture spéciale pour leur transport à Brest. Il y joint des livres et une trentaine de mémoires manuscrits de sa composition, contribue au choix du personnel des navires, enfin s'apprête à verser, de ses propres deniers, une somme de 15.000 francs qui manque à l'expédition, quand le ministre se décide à la fournir.
Nous avons parlé, ci-dessus, de son Mémoire sur un passage par le Nord. C'est vers cette époque qu'il le commence, mais pour ne le publier que longtemps après, quand il juge utile de mettre le public en garde contre les erreurs des travaux de M. Engel, travaux pourtant défendus, mais à tort, selon lui, par Lalande. Ce mémoire, lu à l'Académie des Sciences, par Gondorcet, qui en fait un extrait pour le « registre » de cette compagnie, est ensuite imprimé sous son privilège (1). Publié en 1782, il ne laisse pas de faire du bruit, dans le monde auquel il s'adresse.
Point de branche de la Science à laquelle M. de Croy ne s'intéresse : construit-on une route ? Il s'empresse d'aller voir Tingénieur, et de lier, avec lui, une conversation qui ne res-
(1 Voici le titre exact de cet opuscule : Mémoire sur le passage par le Sord^ qui contient aussi des réflexions sur les (jlaces^ par le duc de Croy. A Paris, chez Valade, 1782; 23 pp. in-4''.
Extrait du registre de V Académie des Sciences du :ii mars 17Si : n MM. Le- Dionoier et l'abbé Rochon ayant examiné, par ordre de l'Académie, un mémoire de M. le duc de Croy sur le passage parle Nord, et en ayant fait leur rapport, l'Académie a trouvé qu'il résultait des réllexions de M. le duc de Croy, auxquelles on peut joindre celles qu'on trouve dans un mémoire de M. Le Gentil, année 1772, première partie, que ce passage, s'il existe, ne peut être utile ni pour le commerce, ni pour la navigation, et elle a jugé qu'un mémoire sur un objet qui intéresse si essentiellement la navigation ol le commerce devait être imprimé sous son privilège.
» En foi de quoi j'ai signé ce présent certiflcal, le 22 mars 1782.
c Le marquis de Go.ndohcet. »