‹ Journal inédit du règne de Henry iv, 1598-1602, publChapitre 14 sur 68 · PRÉFACE. XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XVII

de Henri III, et qu'il dut détruire lorsqu'il eut arrêté la rédaction définitive du manuscrit tant de fois publié^ que Ton n'y verrait pas les documents insérés^ qui seraient seulement rappelés à la mémoire de récrivain par une simple indication de leur existence dans les cartons.

Plus on examine notre manuscrit^ plus on est con* vaincu de son authenticité. Le style de L'Estoile^la forme de ses réflexions^ sur les hommes et les évâ:iements^ les élans de son cœur indigné^ ses opiniims religieuses^ révèlent l'auteur qui se dénonce même par ses petites manies. L'Estoile^ à partir de l'année 1592, a constaté, à la fin de chaque mois, la température, les variations de l'atmosphère, et le plus souvent leur effet sur la santé générale. Il a fait cette constatation pour tous les mois des années 1 59â et 1593; il ne la fait pas pour 1594, mais il nous la donne pour quatre mois de 1595, deux mois de 1596, deux mois de 1597, quatre mois de 1606, huit mois de 1607, cinq mois de 1608, un mois de 1600, trois mois de 1610. Notre manuscrit continue cette série d'observations, et il contient presque dians les mêmes termes l'exposé des mêmes phénomènes.

xviii PRÉFACE.

Toutes ces preuves multipliées nous ont autorisé à publier comme œuvre de L'Estoile le manuscrit de la Bibliothèque impériale^ intitulé : Mémoires des années 1598 et 1599, inscrit sous le n*" 1644 du Supjdément français. Il avait échappe à tous les éditeurs qui n'ont eu à leur disposition que les manuscrits provenant de Saint-Acheul, auxquels celui-ci n'a jamais été réuni.

On sait avec quel soin L'Estoile cachait ses recueils, ne les communiquant qu'à des amis fidèles. Le caractère de L'Estoile, la sévérité de ses jugements et la crainte de se faire des ennemis expliquent sa conduite. Il fixait pour lui seul (mihi non alUs) ses impressions au moment où il les éprouvait, mais il ne voulait pas les faire connaître. Ses Journaux, parcourus par qudques savants amis, étaient célèbres mais ignorés. Il est probable qu'après sa mort ses enfants se partagèrent ses papiers, mais ils eurent à les cacher plus d'intérêt encore que leur père. L'Estoile mourut dans une situation voisine de la misère , et dans les dernières années, privé de revenu, il vivait sur son capital, vendant pièce par pièce ses livres, ses médailles, ses curiosités amassées avec tant de peine par de longues recherches. Les

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