‹ Journal inédit du règne de Henry iv, 1598-1602, publChapitre 55 sur 68 · Voy. Mémoires de Ph. Hurault, p · texte numérisé non relu

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%, Jean Lbnillier, seigneur d'Oryille, maître des comptes, prévôt des marchands en 4592, fils de Christophe Lhuillier, setgoeur de la Malemaison. Il avait, au péril de sa vie, fiictliié Fenliée de Paris au Roi, le 22 mars i594.

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pense du service qu'il lui avoit fait en la réduction de Paris.

A ceste bonne feste, le Roy estant à Orléans, y toucha les malades, qui se trouyèrent en nombre quatre cens quatre vingts, dont il ni en avoit d'estrangers que quatre Tingt, les autres quatre cens estoient François.

MAY

L^E Vendredi xi** de ce mois fust présentée à la Chambre de l'Edit une petite fille aagée d'environ sept ans, que ses parents conduisoient, demandant justice pour elle d*ung prestre, chés lequel on Tenvoiolt à Tescole, qui l'avoit quelques mois auparavant meschamment yiolée.

Le Lundi xnii** de ce mois fust continuée en la grand Chambre une cause qui avoit tenu Taudiance entière le Jeudi auparavant entre Dom Cœsar Deste, Duc de Modène, et Anne Deste, Duchesse de Nemoux, sa cousine.

Ce dom Caesar, qui estoit estranger et bastard, vouloit exclure ladite Duchesse sous l'ombre qu'Alphonse deuxiesme, duc deFerrare, l'avoit institué son héritier de tous ses biens situés tant en France qu'en Italie. David Arnauld, advocat du Duc, monstroit qu'il estoit Prince Souverain, que le testateur l'avoit voulu, que e'estoient engagemens pour de l'argent que son prédécesseur avoit paie au Roy François premier.

Antoine Arnauld^ son frère, qui plaida d'apparat deux heures durant, soutinst tout le contraire et déduisit une infinité de belles raisons du droit ciyil et des loix d'Estat, pour monstrer comme ces biens ne pouToient en façon quelconque appartenir au Duc, veu sa qualité d*estranger et de bastard. Joint de très dangereuses conséquences, lesquelles s'en pourroient ensuivre, et que lesdits biens de France estans venus de Madame Renée de France, petite flUe du Roy Louis XII% mariée à Hercules Deste, ils dévoient aussi appartenir à Madame la Duchesse de Nemours, leur fille, et non à CsBsar, qui n'estoit que leur nepveu, et encore bastard, quoiqu'institué héritier par testament d'Alphonse n% firère de Madame de Nemours.

Le lendemain Mons'. Servin, avocat du Roy, plaida une heure durant sur ce subject et conclud à la faveur de ladite défenderesse. Les deux avocats frères furent ouïs fort longtemps en répliques. Hais enfin la Cour aiant esté longuement aux opinions, l'arrest fùst prononcé sur le champ par Hons'. le Premier Président, qui pour le regard de l'appellation mist les parties hors de Cour et de procès, et faisant droit sur la requeste, deboutta le demandeur de ses fins et conclusions sans despens.

Madame de Nemours, présente à l'audiance, gangna ainsi sa cause.

Le Vendredi xvui* de ce mois, ung nommé du Coudray fust examiné en la Cour de Parlement, et receu en icelle au nombre des Conseillers, après avoir fort

contenté sesJugeset donné par ses responses ung singulier tesmoingnage de sa suffisance. On lui flst en mesme temps prester le sonnent à ladite Cour^ et tust envoie en la 3"^ Chambre des Enquestes. Il faisoit le cinquiesme des Conseillers de la Religion qu'on avoit receu au Parlement selon TEdit.

Le M^rdî tui'' de ce mois^ une femme de YiUeneufve le Roy ^ près de Sens en Bourgongne^ vinst expressément en ceste ville de Paris donner avis à Hons'. le Chancelier d'un dessein que son mari^ nommé Yvert, avocat de profession^ avoit sur la personne du Roy. Le mauvais mesnage qui estoit entre eux deux à cause des desbauches dudit mari^ qui lui mangeoit tout son bien^ lui flst obtenir une séparation de biens d'avec lui^ depuis lequel temps il se monstra plus hmnain en son endroit^ pour ce qu'il n'avoit autres moiens pour vivre que ceux de sa femme. Au bout de quelques mois^ il se descouvrit à elle de son dessein^ Tasseurant de lui faire bientost porter le chaperon de veloux^ et gangner xx mil escus en peu de temps, qui estoit de tuer le Roy/ et qu'il sçavoit le moien de se sauver après avoir fait le coup^ vomissant paroles outrageuses contre Sa Majesté, dont ceste femme bien estonnée tascha l'en divertir. Mais le voiant résolu et opiniastré, en advertist ses principaux parens et amis , qui lui conseillèrent d'aller à Paris et en advertir le Roy. Ce qu'elle flst, et fust son mari pris au collet par son moien^ et tous deux estans fait venir par devers Mons'. le Chancelier^ après avoir esté interrogés furent envoies prisonniers.

Le Mercredi xx!!!"* de ce mois, l'arrest du Prévost de Bertigni fust prononcé par Mons'. le Président de Thou^ en la Chambre de FEdit^ arrest qui regardoit Mons'. d*£spamon^ qui en faisoit le mal content; encores (qu'au dire de beaucoup) on eust eu plus d'esgard en le donnant^ au grade et qualité dudit Seingneur qu'à la Justice. J'ay entre mes papiers les Factum qui en ont esté imprimés à Paris et publiés d'une part et d'autre.

Le Mercredi xxx"" de ce mois^ Henri de Bourbon, Prince de Ck>ndé, premier Pair de France, accompagné de quelques Mareschaux et d'un bon nombre de no* blesse, alla au-deyant de l'Ambassadeur de Venise et revinst passer par la rue St. Jaques entre les cinq et six heures du soir. Outre la cavalerie, il y avoit environ trente carrosses de suite ^

Cest ambassadeur se nommoit Elphîni, homme fort illustre parmi les siens, tant pour son grand sens et expérience qu'à cause des belles charges qu'il avoit exercées. Quant au subject de sa légation, il y avoit prétextes et causes. Les prétextes estoient son heureux mariage, dont la Seingneurie de Venise se venoit conjouir avec Sa Majesté, et la grossesse de la Roine. Hais les causes estoient autres, à sçavoir de se tenir sur leurs gardes, à cause de l'armée du Roy d'Hespagne qui estoit en Italie il y avoit cinq mois passés, composée de plus de 20 mil hommes, ce qu'il ne pouvoit estre sans dessein, autant préjudiciable possible à TEstat de France

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