‹ Journal intime de Cuvillier-FleuryChapitre 18 sur 271 · CHAPITRE XIII. — JUILLET · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. — JUILLET

pour passer à table; la princesse Louise donne le bras à son père; toute la famille se met à table sur un rang, Léopold entre le roi et la reine; près de cent couverts, tout le monde en uniforme, sauf quelques personnes de la ville; éclat du service. — Salon; affabilité et prévenances de Léopold; il s'entretient quelque temps avec Boismilon; le roi Louis-Philippe toute la soirée avec M. Van de Veyer.

Mardi 7.

Réception chez le roi Léopold; il nous parle quelque temps avec bonne grâce.

Promenade dans la forêt de Compiègne; on s'arrête à Saint- Jean et à Saint-Pierre, où sont les ruines élégantes d'une église et d'une abbaye de Célestins. Aspect de la forêt; effet du cortège royal défilant dans ces vastes et pittoresques solitudes.

Le soir, grand concert, arrivée de Sébastiani, de Pasquier. Bal après dîner.

La princesse Louise plus gaie; elle s'entretient avec Léopold en calèche.

Mercredi 8.

Revue de la garde nationale et de la ligne; la garde nationale peu nombreuse.

Le soir, dîner de cent trente couverts.

J'étais en face de Girod de l'Ain et de Sébastiani, le matin, à table. Voilà donc les soutiens de ma patrie !

Opinion de Marbot sur l'alliance belge; il dit qu'on sème du sang.

Arrivée des témoins français, Dupin, Delessert, etc. La ville s'attend à des fête 3; le roi n'en veut pas donner, mais cette grande réunion de monde au château donne à la ville un air de fête et lui procure des occasions de vente qui valent bien des fusées et des pétards.

Jeudi 9.

Réception de la cour royale. Le roi répond avec émotion et des larmes l'interrompent; il parle du reste avec netteté. Il passe en revue des gardes nationales de Grandvil liers, venues de vingt lieues pour le voir.

Dîner de la famille royale à part Le nôtre de soixante couverts.

A 9 heures, lecture du contrat dans le salon du Conseil ; scène imposante. Toute la famille royale rangée devant la table; attitude de la princesse Louise; tremblement de sa tcte chargée de diamants et de fleurs; les très hauts, très puissants princes répétés dans ce contrat à satiété. Léopold prononce le oui; la princesse consulte son père pour répondre et fait un signe de tête; elle paraît accablée; tout le monde est très visiblement triste.

Cérémonie catholique, foule dans les antichambres qui contraste avec la solitude du dîner. L'évêque de Meaux parle avec une certaine emphase, mais l'emphase n'était pas de trop pour louer la princesse Louise. — Même réponse de la princesse Louise par un geste. On la mène ensuite devant l'autel protestant; scène burlesque; le mi-

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