CHAPITRE XXIII. — JANVIER
prêche. Salvandy à la tribune : «J'apporte ici les études de toute ma vie.» Effroi de la Chambre.
Mardi 23.
Je rencontre Mme de Liadières sur le pont de la Concorde, et je la reconduis jusqu'à la rue de la Ferme-des- Mathurins. Elle revenait de la Chambre où elle va assidûment depuis quatre jours. Autrefois, à un certain âge, c'était la dévotion qui prenait les femmes. Aujourd'hui, c'est la politique. Mme de Loynes ne quitte plus la Chambre. Mme de Vatry y vient souvent
Mercredi 24.
La Chambre. Un ministre de la marine qui parle bien (1). Vivacité et convenance.
Vendredi 26.
Séance de la Chambre. Reculade de LaRochejaquelein. Subtilités de Berryer sur le serment. Comment réfutées par Duchâtel et par Hébert. Tout allait bien. Guizot parle de Ximmoralitk politique du voyage de Londres. Berryer lui jette à la faœ le voyage de Gand (2). Sa défense.
(1) L'amiral de Mackau.
(2) M. Guizot était parti pour Gand le 27 mai 1815 pour porter à Louis XVIII les conseils des royalistes constitutionnels : c C'est nous, s'écria Berryer, qu'on vient accuser d'avoir trahi les devoirs du citoyen ! Je le demande, si nous étions allés aux portes de la France, devant l'Europe assemblée en armes, porter quoi f
Scène de désordre abominable. Comment M. Guizot en sort, à l'honneur de sa parole. Violences de la gauche Impuissance de Sauzet Réplique de Barrot. Renvoyé à demain.
* Samedi 27.
Le paragraphe passe. Vote de 220 contre 190. Salvandy, Thiers (1) votent contre le paragraphe Les carlistes quittent la Chambre et y reviennent pour voter.
Salvandy. Colère qu'excite son vote. Il l'avait promis à Mme de Vogué, présente à la séance.
«J'aime mieux, disait Guizot, un acte décisif avec une majorité faible qu'une faiblesse avec une majorité forte.» Le roi satisfait du vote.
Dimanche 28.
Soirée chez Duchâtel. Long entretien. Colère contre Salvandy. Secret déplaisir de Duchâtel contre la fausse
des conseils politiques ? aurions-nous manqué à la moralité politique?... Attendais-j e donc des désastres pour faire triompher mes conseils par des liens douloureux?»
€ Ceux qui ont assisté à ce beau spectacle, écrit Doudan, disent que rien ne ressemblait à une meute de chiens de boucher comme Pélite de Popposition hurlant contre M. Guizot. Vraiment il paraît que M. Guizot a été très beau. C'est ce jour-là qu'il lança à ses interrupteurs la parole fameuse : € Quant aux injures, aux « calomnies, aux colères extérieures, on peut les multiplier, les « entasser tant qu'on voudra; on ne les élèvera jamais à la haute teur de mon dédain. »
(1) Thiers, en votant avec les légitimistes, ne songeait qu'à faire échec au cabinet.