MM
Samson.
— UenoaLTille {VÉtourdi).
Beauvalleti
— Auguste (Cinna).
Geffroy.
— Alcsste {Le Misanthrope).
Provost.
—• Van Buck (// né faut jurer de rien).
Brindeau.
— Valentin id.
Régnier.
— Scapin {Lés fourberies de Scapin).
Leroux.
— Le marquis de Moncade {L'Éeole des
Bourgeois),
Maillart.
— Didier {Marion de VOrme),
Got.
— Laflèche (L'Avare).
Delaunay.
— Valère {L'École des Maris),
Maubanti
— Cinna {Cinna),
Monrose.
— Cliion {Le Menteur),
ANNÉE l852.
Mirecour,
Fonta.
Chéiy.
Ballande.
Anselme.
Guichard.
Didier.
Deloris.
Noblet.
Brohan (Aug.)>
Denain.
Rebecca.
Nathalie.
Brohan (Madeleine).
Thénard.
Mirecour.
Rimblot.
Bon val.
Allan.
Fix.
Moreau-Sainti.
Théric.
Marque t.
Biron.
Savary.
Marie Dupont.
Favart.
Jouassain.
Oronte (Le Misanthrope).
Euphorbe (Cinna),
Maxime (Cinna),
Sextus [Cinna).
Chrysale {Les Femmes savantes).
Xipharès [Mithridate).
Glocester {Les Enfants <t Edouard).
CMante (Tartufe).
Philaminte {Les Femmes savantes).
M»« de Prie (ii/»»« de Bellelsle).
Philaminte {Les Femmes savantes).
Dona Florinde (Z)o« Juan d'Autriche).
Arsinoé {Le Misanthrope).
Célimène (Le Misanthrope).
M™» Abraham {L'École des Bour^
geois). , Fulvie {Cinna).
Andromaque (A ndromaque).
Mari nette {Le Dépit amoureux).
M»« de Léry {Le Caprice).
Abigail {Le Verre d'eau).
Hermia (Les Caprices de Marianne).
Isabelle (Les Contes de la Reine de
Navarre).
Lucile (Le Bourgeois gentilhomme).
Lisette {Légataire universel).
Cécile (Les Trois époques).
Angélique (L'Épreuve).
Éléonore (Les Contes de la Reine de
Navarre).
Béiise (Les Femmes savantes).
Le répertoire courant se compose alors, comme pièces nouvelles, de Mademoiselle de la Seiglière^, toujours en
I. Comédie en quatre actes et en prose, de M. Jules Sandeau. Première représentation le 4 novembre i85i. Ont créé les rôles :MM. Samson (le
LA COMéDIE-FRANCAISE.
possession de son grand succès de vogue, de 5t///iVan, jolie comédie de Mélesville^, des Droits de VHomme^^ œuvre piquante de M. Jules de Prémaray, que M"« Sarah Félix, Tune des sœurs de Rachel, apporte de TOdéon à la Comédie- Française pour son deuxième débuts. M»»« Rachel, elle-même, se montre avec assez de suite dans ses principaux rôles : Marie-Stuart (7 et 11 décembre) ; Advienne Lecouvrêur (14, 17 et 28 décembre); Phèdre (23 décembre); Athalie (26 décembre). . . etc.
24 décembre. — Première représentation : Le Cœur et la Dot^ comédie en cinq actes, en prose, de M . Féli« cien Mallefille ^.
marquis), Régnier (Djs Tournelles), Delaunay (Raoul à^ Vaubert), Maillait (Bernard Stamply), Mathien (Jasmin), M"" Nathalie (la baronne de Vaubert), Madeleine Brohan (Hélène).
1. Comédie en trois actes, en ptovt. Première représentation le 11 novembre i852. Ont créé les rôles : MM. Provost, Brindeau, Got; M"«* Favart, Thénard, Jouassain. « Grand succès, • dit le registre.
2. Comédie en deux actes, en prose. Première représentation au théâtre de rOdéon, le 6 novembre i83i ; reprise à la Comédie-Française, le 2 novembre i852.
Voici la distribution des rôles dans les deux théâtres ;
Odéon, Thédtre-Françait,
Ducroc MM. Lepeintre(ainé)... MiM. Provost.
Roger de Julianne... Pierron Leroux.
Gaston d'Arthès Néroud Delaunay.
Caroline de Lussan.. M»" Sarah-Félix M»« Sarah-Félix.
Angélique Laurentine-Léon . Rebecca.
Gabrielle Roger Solié...... Fix.
3. Mlle Sarah Félix a eu deux débuts à la Comédie-Française :
ler début, après lequel elle retourne à l'Odéon : 24 mai iSig, le Misan» thrope (Célimène).
2« début, 29 octobre i852 : Tartufe (Elmire) et la Gageure imprévue (la marquise). — Elle est morte le 12 janvier 1877.
4. Ont créé les rôles : MM. Beauvallet (le Dr Domège), Régnier (maître
ANNÉE l852.
C'est la première œuvre donnée à la Cop.icJie' Française par cet écrivain distingué, lequel a, cette fois, rompu avec les traditions du vieux drame qui lui ont valu ses meilleurs succès au boulevard ' ; il est passé soudain du noir au blanc, et jamais dramaturge, aussi enraciné et authentique, n^aurait pu être soupçonné d'avoir à son service tant de ressources de gaieté et de si bon et excellent aloi ). Le Cœur et la Doty c'est réternelle histoire de la chasse au mariage, la lutte entre l'amour et les écus. Deux couples sont ici en présence : d'une part, M">^ Despériers et sa petite-fille, chaste enfant qui rêve l'amour le plus pur, et sans arrière-pensée, et que les questions de dot et d'argent ne préoccupent guère ; d'autre part, le capitaine Baudrille, vieux loup de mer, matamore fanfaron, pourfendeur pour rire qui cherche à caser, quand même, envers et contre tous, sa nièce Athénaïs, vieille fille dont personne n'a jamais voulu, et dont ne voudra jamais
Chavarot), Got (Baudrilie), Ûelaunay (Henri Ûumège); Mn^» Aug. Brohan (Nanon), Nathalie (Athénaïs), Fix (Adèle), Jouassain (M»* Ûespériers).
I. Son premier drame Glenarvon (35 février i835) a été l'un des grands tnccès de l' Ambigu. Puis sont venus les Sept infants de Lara (Porte- Saint-Martin, i836); Le Paysan des Alpes (Gaîté, 1837); Randal {Porte- Saiot-Martin, i838), etc.. Citons à part le beau drame des Mères repen^ tiet postérieur au Cœur et la Dot (Porte-Saint-Martin, i858, et repris au Vaudeville en 1860), et les Sceptiques (théâtre de Ciuny, 1867). — M. Mallefille est mort à la fin de l'année 1868.
3. • Cette comédie a, je l'avoue, un aspect étrange au premier abord ; elle a le rire bruyant, elle n'appartient guère au beau monde des oisifs qui promène incessamment sa paresse à travers les domaines de Tété; son langage est plein d'accent, sa gaieté est pleine d'expansion ; sa parole est haute, sa voix est sonore; elle fait du bruit cette comédie; elle touche à tout, même à la charge; elle va de la raillerie à l'insulte; elle n'est pas sans colère, elle n'est pas sans menace; on y sent le malaise d'un noble cœur... •
(Jules Janin.)
personne. Ces deux groupes intriguent , se démènent et se remuent à qui mieux mieux, pour arriver à leurs fins; tous les moyens leur sont bons, rien ne les effraye ni ne les arrête, mais leurs finesses les plus rusées échouent et Tamour triomphe sans s'être mis à ce point en frais!
Deux types fort curieux ressortenti au premier plan dans cette amusante comédie : Tun est celui de ce capitaine Baudrille, hâbleur émérite, qui, après s'être vanté d'avoir tué tant de monde, est obligé, en fin de compte, de reconnaître qu'il n'a jamais tué personne. Mais ce caractère, vrai d'abord, et d'une grande gaieté, est malheureusement poussé à l'exagération; l'auteur a fait à la longue, de ce Baudrille, un homme trop misérable et trop coquin. On s'était beaucoup amusé de lui, mais la dégradation progressive de son personnage finit par inspirer plus de répugnance et de dégoût que de véritable gaieté. L'autre type est celui de la servante Nanon, qui n'a des soubrettes de l'ancien répertoire que la verve et l'esprit. C'est un caractère tout particulier que celui de cette u chercheuse, » ainsi qu'on l'a surnommée, qui est bien la plus fine mouche du monde , se mêle de tout sans en avoir l'air, furette partout, et débrouille les écheveaux les mieux embrouillés. La pièce lui doit son dénoûment, Baudrille ses déconvenues, et M"" Despériers son bonheur. Je me suis étendu un peu longuement sur cette comé» die si plaisante et dont le mérite littéraire n'est point non plus à dédaigner. Le style en est brillant et incisif, le , dialogue plein de vivacité, les caractères fortement tranchés, les détails charmants, surtout pendant les trois premiers actes. La situation se prolonge, en effet, trop longtemps 1, car l'action ne progresse plus à partir du qua-
}, Voyez la reprise de la pièce à la date du 27 juin 1860.
ANNÉE l852. Q
trième acte. Mais, le jeu des artistes aidant, le Cœur et la Dot a obtenu un très-sérieux succès. M . Got a fait du matamore Baudrille Tune de ses créations les plus originales et les plus amusantes, et M*^^ Augustine Brohan a encore ajouté à Tesprit et à la finesse de Manon, la chercheuse.
^^^^mm ■ ■ w*
I" Janvier. — Rentrée de M"® Judith dans les Femmes savantes (Henriette) ; M**<^ Sarah Félix continue ses débuts par le rôle d'Armande. M"^ Judith avait été tenue assez longtemps éloignée du théâtre par une grave indisposition.
8 Janvier. — L'Empereur assiste * à la représentation de Louise de Lignerolles s. Le personnage de Louise, qu'a créé M"* Mars, est Tun des rôles du répertoire moderne qui conviennent le mieux à M"* Rachel, et aussi Tun
1. Ceât la première fois que Louis-Xapol<îon vient au Théâtre-Français depuis qu'il est empereur. Il y revient une seconde fois, le 20 janvier, et assiste à la représentation du Cœur et la Doty pièce qu'il vient revoir en* core, cette fois avec la nouvelle impératrice, le 1 1 mars suivant.
2. Drame en cinq actes et en prose, de MM. Prosper Dinaux et Ernest Legouvé, joué pour la première au Théâtre-Français, le 6 juin i838.
Distribution des principaux rôles :
Henri de Lignerolles. . . M.. Fiimin M. Maillart.
Louise de Lignerolles... M"* xMars MU« Rachel.
Lagrange M. Joanny M. Maubant. .
Colonel de Gi vry — Geffroy — Geffroy.
Cécile de Givry M"« Noblet M" Rcbecca.
Joséphine M«« Hervey M«« Thénard.
ANNEE l853. Il
de ceux qu'elle préfère. Elle Ta joué pour la première fois, Je 6 mai 1 852, et elle y a toujours produit un grand effet ^. Ce drame, qui n'est pas excellent s, mais qui, toutefois, a de l'intérêt et de l'émotion, donne de fortes recettes ; cependant M"« Rachel ne Ta joué que treize fois à la Comédie-Française. M. Geffroy a repris, a côté d'elle, le rôle du colonel de Givry qu'il a créé. Il est d'ailleurs, dans cette reprise, le seul ariiste qui date de la création de la pièce.
1 1 Janvier. — Le Bonhomme Jadis^ comédie en un acte de M. Henry Murger et la seule qu'il ait donnée à la Comédie-Française, où elle a été représentée pour la première fois le 21 avril i852. Les artistes de la création interprètent encore aujourd'hui cette fine et poétique comédie, toujours demeurée au répertoire. M. Provost joue le Bonhomme Jadis; M. Delaunay, Octave; et M"«Fix, Jacqueline.
1 3 Janvier. — Les Caprices de Marianne^ comédie en
I. Elle y était supérieurement habillée. Elle eut aussi un grand succès
de presse; Jules Janin cependant désapprouva sa tentative : « Tant
elle était avide encore de popularité, tant elle était faible aussi et complaisante, elle consentit à jouer un vieux rôle de MU« Mars et la voilà qui se mit à représenter Loiif^e de Lignerolles. L'étrange idéel..- £t pourquoi faire ? et que pouvait-elle espérer de ces fantômes ?... » [Rachel et la tragédie^ un vol. gr. in-8*, chez Amyot, Paris, iSSp, page 474.}
3. « Ce drame intéresse comme un roman bien raconté et qui touche à des intérêts dont chacun peut être le juge. Ce n'est pas un tableau complet dont le sujet puisse s'embrasser d'un même regard ; l'action ne s'annonce pas, ne se développe pas, ne s'achève pas sur elle-même ; c'est un de ces écrans gracieusement peints sur une longue bande de soie qu'on déroule et qui présentent une suite de scènes élégantes. C'est un récit en action, ce n'est pas une pièce; mais on doit reconnaître que le drame a été traité avec un véritable talent, sinon dans les moyens par lesquels il procède, du moins dans les sentiments qu'il développe. <• (Frédéric Soulié.)
ta . LA COMEDIE'FRANÇAISE.
deux actes en prose d'Alfred de Musset, jouée par les artistes qui ont créé les rôles ^ .
1 5 Janvier. -« Anniversaire de la naissance de Molière. L,e Misanthrope; M. Geffroy joue Alceste,et M"« Madeleine Brohan, Célimène. Le spectacle se termine par le Malade imaginaire avec M. Provost dans le personnage d'Argan. Dans la cérémonie paraissent tous les artistes de la Comé* die. M"" Rachel elle-même, qui ne se montre que trèsrarement en ces circonstances, vient rendre hommage, avec ses camarades, à la mémoire de l'illustre comique.
10 FEVRIER. *- Première représentation de Lady Tar-m tu/e, comédie en cinq actes, en prose, de M^^^ Emile de Girardin.
M"» de Girardin a voulu surtout peindre un caractère dans sa comédie de Lady Tartufe^ mais elle en a trop chargé les couleurs. Sa pièce n'a point d'intrigue ; il est en effet difficile d'appeler de ce nom 'le mince sujet qui en constitue le fonds ; elle a préféré reporter ses efforts sur un seul personnage au détriment de tous les autres et surtout de sa comédie elle-même. L'intérêt en est donc à peu près nul, car il n'existe que dans le seul développement du caractère "de Virginie de Blossac. Lady Tartt^fe n'est, à vrai dire, qu'une étude dramatique, très-louable au point de vue absolument littéraire, mais très-insuffisante comme œuvre théâtrale.
La tartuferie de M"^^ de Blossac a deux objectifs : elle veut
I . Cette comédie, publiée d'abord dans la Revue des Deux Mondes (n* du i3 mai i833), n'était point destinée au théâtre. L'auteur lui fit subir luimême les modifications nécessaires en vue de la scène et elle fut représentée pour la première fois à la Comédie-Française, le 14 juin i83i, avec la distribution suivante : Claudio, Provost; Cœlio, Delaunay; Octave, Brindeau ; Tibia , Got ; Marianne , MU« Madeleine Brohan ; Hermia , M»* Moreau^Sainti.
ANNÉE l853. l3
empêcher le mariage de Jeanne de Clairmont avec Victor de Renneville et assurer le sien avec le maréchal d'Estigny. La calomnie habilement répandue et les insinuations doucereuses, mais perfides, sont les armes, toutes naturelles en pareille occasion, dont elle se sert le plus volontiers. M<>« de Clairmont a été surprise, en pleine nuit, dans une situation compromettante, au bras d'un jeune homme, et cette découverte ignorée de tout le monde, si ce n'est cependant d'un ouvrier jardinier et de M^^* de Blossac ellemême, est le point de départ des tentatives de ce Tartufe en jupons pour faire manquer l'union projetée de la jeune fille. La pièce est là tout entière, et elle tourne, pendant cinq actes, autour de cette révélation adroitement publiée, sans autre incident ni jeu de scène imprévu qui puisse nous en distraire. Cependant l'histoire du rendez-vous s'éclaircit, M**^ de Clairmont est parfaitement innocente, et Mmo de Blossac, dont le passé est loin d'être irréprochable, se trouve en définitive prise, elle-même, et sans retour, au piège qu'elle avait $i longuement médité et tendu.
La comédie de M*"" de Girardin fut cependant sauvée non moins par le style, l'esprit et la délicatesse de ses parties principales que par l'interprétation hors ligne, qu'elle reçut à la Comédie- Française i. Le rôle si long, si compliqué, si difficile de Virginie de Blossac fut un triomphe pour M"® Rachel; elle sut, à force d'habileté et de talent, faire passer les exagérations et les côtés odieux du caractère de son personnage, poussé trop au noir 3;
1. Elle n'eut cependant que 3i représentations; Rachel la joua pour la dernière fois, le 24 mai 1854. (Voir la reprise, le 8 janvier 1837.)
2. On prêtait à Mn« de Girardin le mot suivant, au sujet du caractère an peu outré de Virginie de Blossac : « Ce personnage est un bouquet que j'ai fait des noirceurs de cinq à six femmes de ma connaissance! »
elle y fut merveilleuse de souplesse, de haute froideur et de distinction parfaite ; dans la grande scène du dernier acte, qui doit ruiner ses espérances et la perdre à jamais, elle montra une passion, pleine de mesure, qui décida certainement du succès de la pièce.
M. Régnier joua, avec sa verve, sa gaieté et sa finesse habituelles le rôle du baron des Tourbières, trop proche parent, peut-être, de l'avocat Destournelles de Mademoi^ selle de la Seiglière.
Le rôle charmant de Jeanne de Clairmont servit de début à une fort agréable jeune iille. M'** Emilie Dubois, qui avait obtenu le deuxième prix de comédie aux derniers concours du Conservatoire ^. La grande scène du quatrième acte, où Jeanne de Clairmont raconte, à sa mère et à son futur, sa rencontre nocturne avec Thomme que la calomnie lui donnait pour amant, fut pour la débutante l'occasion d'une véritable ovation. On ne pouvait être plus réellement ingénue ; l'innocence éclatait, en quelque sorte, à travers toutes les paroles qui sortaient de cette bouche souriante ; on n^avait pas assisté, depuis longtemps, à la Comédie-Française, ni sur aucun autre théâtre, à un début plus heureux et qui fût d^un meilleur augure pour l'avenir d'une débutante 3.
Les autres rôles de la comédie de M"'^' de Girardin étaient tenus avec beaucoup de talent et un grand ensemble par MM. Samson (le maréchal d'Estigny), Maillart (Hector de Renneville), Maubant (le jardinier Léonard), Anselme (de Saint Yriex), Deloris (un archi-
1 . Mii« Émilie-Désirée Dubois, qui n'avait pas encore seize ans. sortait de la classe de M. Samson, où elle avait été admise le 8 mai i85o. Elle est morte au mois d'octobre 1871.
2. « Cette soirée est pour MU« Dubois la première page charmante d'un charmant début. » (Hippoltte Rollc.)
ANNÉE l853. l5
tectc), M»»^ Allan (M"»» de Clairmont), Thénard (Mm« Berthollei), Jouassain (M"* Duvernois).
L'assemblée était des plus brillantes ; la nouvelle Impératrice avait accompagné l'Empereur ; elle assistait pour la première fois, depuis son mariage, à une représentation au Théâtre-Français.
2 5 Février. — Première représentation de La Malaria, drame en un acte, en vers, de M. le marquis de Belloy.
Cest la mise à la scène de Tépisode, un peu lugubre, de Pia di Tolomei qu'a illustré Dante. Rien de plus sombre que ce drame, trop resserré d'ailleurs, en un seul acte. Ces longues scènes d'empoisonnement renouvelé, offraient un spectacle assez pénible qui ne fut pas, à ce qu'il paraît^ du goût de l'autorité, car la pièce fut supprimée par ordre, après quelques représentations. L'étude dramatique de M. le marquis de Belloy renferme cependant de très-beaux vers et elle a obtenu ce qu'on est convenu d'appeler un succès d'estime. M. Geffroy jouait, avec une belle horreur, le funèbre personnage de Nello, et M"« Madeleine Brohan montra, dans le rôle de Pia, une résignation pleine de mélancolie et de douceur qui eût attendri tout autre que l'affreux jaloux qu'elle avait pour mari. Les autres rôles étaient remplis par Maubant et M"" Théric.
16 Mars. — Première représentation de Souvenirs de Voyage, comédie en un acte, en prose, de M. Amédée Achard <•
On y retrouve, à pleine dose, l'esprit vif et facile de l'auteur de tant de charmants récits, mais le sujet de sa pièce est absolument invraisemblable et ses dévelop-
I. Ont créé les rôles : MM. Provost (le marquis), Leroax (le comte), Dclaunay (Ernest Simon), Monrose (Jacques); MU« Fix (Lucile de Razày).
l6 LA COMÉDIE-FRANÇAISE.
pements tournent trop au paradoxe. On a ri, cependant, grâce au dialogue lestement mené de ce petit acte, le premier et le seul qu'ait jamais donné M. Amédée Âchard à la Comédie^Française,
I*' Avril. — Première représentation de les Lundis de Madame^ comédie en un acte, en prose, de M. Allard.
Cette petite pièce a une histoire ; son auteur était un homme du monde, employé dans une administration publique et qui composait, â ses moments perdus, des pièces qu'il faisait représenter dans les salons. Le bienveillant public de M. Allard lui persuada de faire une tentative plus sérieuse et il présenta à la Comédie-Française, sous les auspices de M. Léon Gozlan qui remania sa pièce i, la comédie des Lundis de Madame, M. Allard n'eut pas, d'ailleurs, le bonheur de jouir de son succès ; il mourut avant la représentation de sa comédie.
Les Lundis de Madame ne sont guère qu'une spirituelle conversation sans grande intrigue ; on y peut louer beau* coup d'observation et de l'esprit, souvent du plus fin, mais la pièce ne se compose, en somme, que de scènes épisodiques assez inhabilçment liées les unes aux autres. Elle a toutefois réussi, mais plutôt comme œuvre littéraire que comme pièce de théâtre. Elle était d'ailleurs jouée avec beaucoup de verve et d'ensemble par MM. Samson (Duverdier), Leroux (de Beaulieu)-, Got (de Nalpierre), Monrose (M'» de la Touranglade) ; M"«« Noblet (M"« de Poulpiquet), Aug. Brohan (M»« de Fleury), Théric (Valentine de Poulpiquet), Favart (M"* de Nervey), Biron (M"* de FoUencour).
6 Avril. — L'Empereur et l'Impératrice assistent à la représentation du Mariage de Figaro.
I . Léon Gozlan a reconnu le feit dans une lettre rendue publique.
ANNÉE l853. 17
12 ÂTRiL. — Représentation de retraite de M. Samson, doyen des sociétaires, après vingt-sept années de services, La Comédie ne sera cependant pas encore privée du concours de cet éminent comédien qui se borne à jouir du bénéfice, auquel le nombre de ses années de services lui donne droit.
Cette représentation a été tout particulièrement intéressanté ; M"" Rachel y joua dans AndromUque * le rôle d'Hermione, l'un de ceux où le public lui a toujours fait le plus vif et le plus enthousiaste accueil et celui qu'elle a le plus joué à la Comédie-Française 2,
Un intermède de chant réunit ensuite MM. Roger^ Morelli, et Mme de Laborde de l'Opéra ; le célèbre harpiste belge, Félix Godefroy, se fit entendre sur la harpe.
Mais le grand intérêt de la soirée était surtout dans la première réapparition à la Comédie-Française de M»* Arnould-Plessy, illustre enfant prodigue qui l'avait fuie su-
bitement, huit ans plus tôt, en un jour de caprice 3 et qu^ avait voulu concourir au succès du bénéfice de son maître^ par l'attrait de haute curiosité que ne pouvait manquer de produire son retour inattendu. Elle se montra de nouveau, à ce public qui l'avait jadis tant fêtée, et pour cette fois
1. MM. Beauvallet (Oreste), Geflroy (Pyrrhus); Mii« Rimblot (Andro^maque.)
2. Voyez aux appendices le tableau des représentations de MU" Rachel.
3. Le 12 juin 1843, dit le registre, elle quitta • subrepticement » la Comédie. Le Théâtre-Français la fit condamner, le 17 août 1846, à 100,000 fr. de dommages-intérêts; elle fut en outre déchue de ses droits de sociétaire. L'année même de son furtif départ, MU« Plessy épousait l'auteur dramatique Arnould, mort en 1854. Elle avait débuté à la Comédie- Française le 10 mars 1834, dans la Fille d'honneur tX VHôtel-garni.
4. Elle avait été simultanément élève de Michelot et de Samson.
l8 LA COMÉOIE-FRANÇAISE.
seulement^ disait Taffiche, dans le personnage d^Araminte des Fausses Confidences *.
On trouva généralement que son talent avait beaucoup gagné pendant ces huit années d'absence ; il parut plus naturel et moins apprêté ; l'expérience plus complète de la scène et de ses mille difficultés lui était devenue aussi plus familière ; sa voix, d*un timbre si mélodieux et si charmant , avait des inflexions plus niélodieuses et plus charmantes encore ; elle eut un succès très-vif et très-sérieux et les vieux amateurs crurent pouvoir établir, dès lors, plus d'un point de comparaison entre la jolie transfuge, si heureusement réapparue, et la plus grande comédienne du siècle. M"® Mars.
Une sociétaire, retirée Tannée précédente. M"* Desmousseaux 3, tenait à ses côtés, et encore avec beaucoup de verve et d'action, le personnage de M"« Argante.
Les autres rôles des Fausses Confidences étaient remplis par le bénéficiaire (Dubois), que le public accueillit par plusieurs salves d'applaudissements; Régnier (Lubin), Provost (Remy), Maillart (Dorante) 3.
i8 Avril. — L'Empereur et l'Impératrice assistent à la représentation de la Camaraderie.
25 Avril. — Débuts de M. Bâche, dans le personnage de Basile, du Barbier de Séville ^. Son deuxième début a lieu
I . Comédie en trois actes et en prose, de Marivaux, jouée pour la première fois à la Comédie-Italienne^ le i6 mars 1737.
3. Fille du fameux Baptiste (aine) elle avait appartenu trente-sept ans à la Comédie-Française. Elle était née en 1790 et avait épousé l'ancien sucictaire Saillaud, dit Desmousseaux, qui avait quitté le Théâtre-Français en 1840, et qui est mort en 1854.
3. La recette de cette représentation atteignit le chiffre de 16,461 fr.