‹ Journal (volume 2)Chapitre 133 sur 163 · II était concierge et bailli du Palais · texte numérisé non relu

II était concierge et bailli du Palais

2. Louis XI fut à Paris le 13 juillet et rentra en Touraine vers le 19. Sur Notre-Dame-de-Behuard (auj. Maine-et-Loire, cant. de Saint-Georges), voy. l'article de M. Quicherat dans la Revue d'Anjou, t. U (1853), p. 128-141. — La tour de Nesle se dressait sur la rive gauche de la Seine, en face du Louvre, à la place où est aujourd'hui l'Institut.

3. Louis XI élevait en effet quelques prétentions sur les royaumes de Valence et d'Aragon en sa qualité de petit-fils de Yolande d'Aragon et comme héritier des droits de sa mère Marie d'Anjou. Mais, dans le cas présent, il ne visait en réalité qu'à rétablir son autorité en Roussillon et en Cerdagne. Preuves de l'Hist. de Bourgogne, t. IV, p. cccxxxvn.

4. La forme de ce vœu indique que ce passage a été écrit au moment de l'événement. Les éditions imprimées portent : « dont on disoit que Dieu leur donnast la grâce de..., etc. »

de Parlement par monseigneur le chancellier, nommé maistre Pierre Doriole, du procès fait à l'encontre du duc d'Alençon, qui par avant avoit esté détenu prisonnier au Louvre et audit lieu du Palais. Et, par icelui arrest, fut ramené à fait le cas et crimes à lui imposez et la condemnacion jadis contre lui prononcée à Vendosme, durant la vie du bon roy Charles, dont Dieu ait l'ame, et le pardon -et grâce que de ce lui avoit depuis fait le roy de lui laisser la vie saulve, et que depuis il avoit encores continué de mal en pis, comme ingrat. Et, tout dit et recité publiquement en icelle court, fut ledit duc d'Alençon declairé par arrest estre criminel de crime de lèse majesté, et comme tel condempné à estre décapité et souffrir mort, sauf sur ce le bon plaisir du roy, et toutes ses terres et seigneuries et tous ses biens estre acquises et confisquées au roy. Et lui fut le dictum^ dudit arrest dit à sa bouche par le dit monseigneur le chancelier. Et, bientost après, fut ramené prisonnier à sa première prison dudit Louvre, en la garde et conduicte de sire Denis Hesselin, esleu de Paris ^, et de ses gens pour lui, de sire Jaques Hesselin, son frère, escuier d'escuierie du roy, et de sire Jehan de Herlay, chevalier du guet de nuit de ladicte ville, et autres ordonnez de par le roy à la garde dudit seigneur.

1. On entendait par diclum ou sumptum une sentence rendue sur rapport.

2. Le 21 juin, Denis Hesselin, qui venait de quitter les fonctions de prévôt des marchands, avait été élu par les échevins, conseillers, bourgeois, quarteniers et marchands de la ville de Paris, clerc et receveur tant du domaine (|ue des aides et payeur des œuvres de la ville. Ce choix fut raliUc par le roi le 26 du môme mois (Vitu, la Chronique de Louis XI, p. 42 et suiv.)-

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Après ledit arrest, le roy s'en tira à Angers et ou pays d'environ, et tîst mettre en sa main ladicte ville d'Angers et autres terres et seigneuries qui sont et appartiennent au roy de Cécile, pour aucunes causes qui à ce le meurent, et au gouvernement et administration desdictes seigneuries et terres y fut mis et commis maistre Guillaume de Gerisay, greffier civil de la court de Parlement^.

En après, le roy retourna pardevers le pays de Beausse, à Ghartres, et en Gastinois, au Bois Malesherbes et autres lieux voisins^, où il séjourna par certaine longue espace de temps, en chassant et prenant bestes sauvaiges comme cerfz, sangliers et autres bestes, dont il trouva largement. Et, pour raison de la grant quantité des bestes qui y furent trouvées, ayma fort ledit pays, combien que en autres choses il est maigre pays, sec, inutile et de petite valeur. Et puis s'en parti le roy et s'en ala au pont de Samois, où aussi il demoura par certain temps et jusques au jeudi, VI® jour d'octobre oudit an LXXIIIJ, qu'il s'en parti et ala jusques à Monstereau ou fouit d'Yonne^. Et, audit pont de Samois, demoura monseigneur de Beaujeu, pardevers lequel s'en aloient par chascun

1. Louis XI, ayant découvert que son oncle, le roi de Sicile, était entré en négociations avec le duc de Bourgogne pour lui vendre la succession éventuelle de la Provence, des duchés de Bar et d'Anjou, se présenta devant Angers et s'en fit livrer les portes (fin juillet 1474. Voy. Preuves de l'Hist. de Bourgogne, t. lY, p. cccxlii et suiv.).

2. Bois-Malesherbes (auj. Malesherbes, dép. du Loiret, arr. de Pithiviers) 7 août 1474, Ghartres 15 août, etc. Le roi passa en Beauce et en Gàtinais les mois de septembre et d'octobre.

3. Auj. Montereau-faut- Yonne, Seine-et-Marne, arr. de Fontainebleau, au confluent de l'Yonne et de la Seine.

jour les gens du grant conseil tenir le conseil en l'absence du roy.

En ce temps, le duc de Bourgongne, qui s'en estoit parti de ses pays pour aler faire guerre aux Alemans, ala en Alemaigne tenir et mettre le siège devant la ville de Nux, qui est une bonne ville près de Goulongne sur le Rin, où il séjourna bien longuement, tenant le siège ilec devant avecques toute son armée et artillerie^.

Oudit temps furent envolez en Bretaigne ambasseurs de par le roy, c'est assavoir monseigneur le chancellier, Philippe des Essars^ et autres. Et, au retour de ladicte ambaxade, revint et retourna dudit Bretaigne messire Pierre de Morviller, jadis chancellier, qui s'en estoit aie avecques feu monseigneur de Guienne, et depuis son trespas s'en estoit retrait oudit pays de Bretaigne.

En ce temps, les gens tenans le parti dudit de Bour-

1. L'archevêque de Cologne, Robert de Bavière, parent du duc de Bourgogne, « débouté de sa chaire episcopale et cité métropolitaine, lui remonstra sa doleance et comment ceulx du chapitre dudit Coulongne vouloient avoir archevesque Hermant, lantgrave de Haesse, frère à Henri, lantgrave de Hesse, auquel favorisoit l'empereur, etc. » (Molinet, éd. Buchon, dans Coll. des chron. nationales françaises, Paris, 1827, in-8°, I, 27). — L'armée bourguignonne arriva à la fin de juillet devant Neuss, petite ville située au sud-ouest de Dusseldorf, mais sur la rive gauche et à une petite distance du Rhin. « Elle estoit forte à merveille, dit Molinet, tant d'eaue comme de murailles, adossée d'un lez d'un bras du Rhin qui battoit aux murs, et d'une autre rivière nommée Arne, qui passe par le duché de Julers. »

2. Voy. ci-dessus, p. 312. La trêve avec le duc de Bretagne devait expirer à la fin de novembre, et il y avait un intérêt majeur pour Louis XI à détacher François II des alliances anglaise et bourguignonne.

gongne, nonobstant ladicte tresve, prindrent la cité de Verdun en Lorraine, dont le roy estoit seigneur et gardien, et, pour la ravoir, le roy envoya m*^ lances et un'" frans archers qui estoient acompaignez du seigneur de Graon et autres.

Oudit temps aussi, lesdiz Bourguignons prindrent par emblée une ville ou pays de Nivernois nommée Molins Engibers"^, où pareillement le roy envoya des gens de guerre et de son artillerie. Et ne différa point ledit de Bourgongne que par ses gens et de son party, nonobstant icelle tresve, de tousjours faire maulx et persécuter les gens, serviteurs, villes et subgetz du roy^.

En icellui temps, Edouart, roy d'Angleterre, envoya ses heraulx pardevers le roy le sommer de lui rendre et bailler les duchez de Guienne et de Normandie, qu'il disoit à lui appartenir, ou que en son refus il lui feroit guerre. Ausquelz heraulx fut faicte et rendue response, et par iceulx le roy envoya audit Edouart le plus beau coursier qu'il eust en son escuierie. Et, depuis ce, le roy lui envoya encores par Jehan de Lailler, mareschal de ses logis, ung asne, ung loup et ung sanglier. Et à tant s'en retournèrent lesdiz heraulx en leurdit pays pardevers le roy.

Ou moys de novembre, le roy vint pardevers Paris et fu logié à Ablon sur Seine, depuis au boys de Vinciennes, à Hauberviller et autres lieux, et puis d'ilec se desloga et ala en la France soy loger en ung hostel appartenant à maistre Dreux Budé, audiencier, nommé

1. Auj. Moulins-Engilbert, dép. de la Nièvre, arr. de Ghâteau- Ghinon.

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