Lisez XVII
4. Le traité conclu à Andernach, le 31 décembre 1474 (il porte la date de 1475 parce qu'en Allemagne l'année commençait à Noël), entre l'empereur et les électeurs, d'une part, et les envoyés de Louis XI, de l'autre, stipulait que l'Empire mettrait sur pied contre le duc de Bourgogne une armée de 30,000 hommes au moins, et que le roi de France enverrait dans le Luxembourg ou sur tout autre point des domaines bourguignons une armée d'égale force dès le dimanche après la Circoncision (8 janvier 1475). La levée éventuelle du siège de Neuss ne devait pas empêcher ce traité d'avoir son effet, et chacune des parties s'engageait à ne pas conclure la paix avec le duc de Bourgogne sans l'assentiment de l'autre (voy. le texte dans Lenglet, III, 459-462). Un traité d'alliance intime et générale, confirmant et étendant toutes les alliances anciennes, fut conclu le même jour entre l'empereur et le roi de France (Ibid., 462 et suiv.), et ce dernier le confirma le 17 avril 1475, à
fut publiée à Paris l'aliance d'entre l'empereur et le roy, et de l'ordonnance du roy fut envoyée publier devant le logis de monseigneur du Mayne, duc de Galabre*, et l'ambaxade de Bretaigne qui estoit en ladicte ville, et après par les carrefours d'icelle ville.
Oudit moys d'avril vint pardevers le roy deux ambassades, l'une de Fleurence et l'autre de l'empereur d'Alemaigne, qui furent moult honnorablement receuz et lestiez, tant du roy que des autres seigneurs d'autour de luy^.
Oudit moys de may, le roy se party de Paris pour aler à Vernon sur Seine ^, auquel lieu l'attendoient
Paris (Ibid., 465-469). Le 25 mars de la même année, à Cologne, l'empereur et les électeurs prorogèrent jusqu'au 24 décembre suivant le délai primitivement fixé au roi de France pour envahir le Luxembourg, et consentirent à ce que le nombre prévu de 30,000 hommes fût réduit à 20,000 (Ibid., 464 et suiv.).
1. Charles II d'Anjou, comte du Maine et duc de Calabre, neveu du roi René, était alors à Paris pour traiter avec Louis XI la question, si menaçante pour la maison d'Anjou, des réclamations que le roi élevait sur une partie des biens des feus roi et reine de Sicile, Louis et Yolande, ses grands-parents maternels (Lenglet, m, 385-392).
2. Interpolations et variantes, § CVII. — Cette ambassade do Florence, envoyée par Laurent de Médicis, fit valoir avec succès des réclamations tendant à faire restituer à des marchands de cette nation la valeur d'environ 30,000 écus de marchandises que Coulon avait saisies sur des galères napolitaines se rendant d'Angleterre dans la Méditerranée (Buser, Die Bcziehungcn dcr Mediceer zu Prankreich. Leipzig, 1879, in-8°, p. 451 et suiv.). — Quant aux Allemands, ils venaient chercher la ratification du traité d'Andernach. Le sceau royal fut apposé sur la lettre du traité le 17 avril 1475 (Ghmel, Monumenta Ilabsburgica , I, 271 et suiv.).
3. L'Itinéraire veut que Louis XI se soit rendu de Paris à Vernon vers le G airil 1475. La suite de la phrase rectifie le lapsus du chroniqueur.
monseigneur l'admirai et les autres cappitaines pour conclurre de la guerre, et ce qui estoit à faire pour la tresve qui failloit le derrenier jour dudit moys d'avril, et puis s'en retourna à Paris, où il arriva le vendredi xiiii^ jour dudit moys. Et, le lundi ^ xxv® jour dudit moys d'avril, s'en parti le roy pour aler à Pons Sainte- Maixence pour illec préparer de son armée, et en amena pour le conduire et estre autour de lui, avecques les gentilzhommes, sa garde et officiers de son hostel, VII'' lances fournies. Et y fut menée et conduicte grant quantité d'artillerie grosse et menue, entre lesquelles y avoit cinq bombardes, dont les quatre avoient nom, c'est assavoir, l'une Londres, l'autre Breban, la tierce Bourg en Bresse et la quarte Saint-Omer. Et oultre, et par dessus la compaignie desdiz de la garde escossoize et françoize et autres gentilzhommes et officiers de l'ostel, y fut et y ala grande compaignie des nobles et frans archers de France et Normandie, et, pour ravitaillement de l'ost, y furent envoiez vivres de toutes pars.
Et , le lundi premier jour de may, le roy se party de l'abbaye de la Victoire^, où il estoit, pour aler audit Pons Saincte-Maixence pour faire ses approuches et ordonner de la guerre, en ce qui estoit à faire sur les Bourguignons, et fut envoyé devant le Tronquoy et Mondidier^. — Et, le mardy ii® may, vint et arriva à Paris monseigneur de Lion de devers le roy, lequel fut estably lieutenant du roy au conseil de Paris.