Interpolations et variantes, § GXII
Durans ces choses fut prins uiig herault d'Angleterre, nommé Scales, qui avoit plusieurs lettres qu'on escripvoit de par le roy Edouart à diverses personnes, lesquelles lettres le roy vid, et dist et certiffia au roy que les Anglois estoient descendus à Calais et que ledit roy Edouart y devoit estre le xxn® jour de ce présent moys de juing, à tout xii ou xiii™ combatans*. Et si luy certiffia oultrexjue ledit de Bourgongne avoit fait sondit accord avec ledit empereur et estoit retourné à Brucelles, dont de tout il n'estoit rien.
Audit lieu d'Escouys fut aussi le roy adverty que mondit seigneur le connestable avoit envoyé à monseigneur le duc de Bourbon son scellé pour suborner et tant faire que mondit seigneur de Bourbon voulsist devenir et estre contre le roy, et de soy alier avecques ledit duc de Bourgongne. De toutes lesquelles choses le roy fut moult esmerveillié^. Et incontinent, par plusieurs et divers messages, fut mandé par le roy mondit seigneur de Bourbon venir à lui, et enfin l'envoya quérir par monseigneur l'evesque de Mande ^,
1. « A Calais a iiii ou v™ Anglois, mais ilz ne bougent et n'en est pas venu ung pour se montrer devant noz gens » (Louis XI à Damraartin, de Groisy-sur-Andelle, 30 juin. Commynes, éd. Dupont, Preuves, III, 301 et suiv. Cf. t. I, 326 et suiv.).
2. Sur ces intrigues qui tendaient à une prise d'armes générale des ennemis de Louis XI, voy. Jacques d'Armagnac, etc., cité, p. 67-70.
3. Le connétable sentait bien qu'un seul homme, le duc de Bourbon, eût mis fin, en se déclarant contre le roi, aux hésitations des anciens confédérés du Bien Public. Il fit tout pour décider Jean II et alla jusqu'à lui proposer de le faire régent du royaume. Mais, sans parler de la répugnance que Bourbon pouvait éprouver à marcher avec les Anglais et des doutes qu'il concevait sur l'issue d'une nouvelle prise d'armes, Louis XI lui avait créé dans le royaume une situation telle qu'il pouvait à peine en
par lequel ledit seigneur de Bourbon avoit envoyé au roy le seellé dudit monseigneur le connestable des choses devantdictes.
Oudit temps, le roy ot nouvelles de mondit seigneur de Bourbon comment les gentilzhommes de ses pays, frans archers et autres que mondit seigneur avoit envolez faire guerre pour le roy ou duchié de Bourgongne, par* laquelle guerre le roy avoit commis mondit seigneur à son lieutenant gênerai, qu'ilz avoient trouvé lesdiz Bourguignons à Guy, près de Ghasteau Chinon, et ilec chargèrent sur iceulx, lesquelz ilz desconfîrent, et y en ot de prins, de mors, et qui s'enfouirent grant quantité^. Entre lesquelz Bourguignons y fut deffait ii"^ lances de Lombardie, dont la pluspart y moururent. Et si y mourut le seigneur de Gouches et autres seigneurs, et y furent prins le conte de
ambitionner une plus grande. Toutefois, il saisit le prétexte d'une attaque de goutte pour demeurer à Moulins jusqu'au mois d'août. — L'évêque de Mende se nommait Jean Petitdé (1474-1478).
1. Lisez pour. — Satisfait de la loyauté du duc de Bourbon, Louis XI le nomma son lieutenant général en Lyonnais, Yivarais, Gévaudan, Haute-Marche, Auvergne, Bourbonnais, Forez et Beaujolais, et plaça ainsi sous sa direction le ban et l'arrière-ban de ces provinces. Le duc s'occupa aussitôt d'organiser la défense de ses domaines du côté de la Bourgogne, posta des troupes sur la Loire vers Roanne pour couvrir le Forez et fit prendre l'offeDsive à un autre corps commandé par le sire de Gombronde (La Mure, ouvrage cité, p. 300 et suiv., note).
2. Tandis qu'un corps d'armée français, uni aux forces du duc de Lorraine, envahissait le duché de Luxembourg, en exécution des traités passés avec l'empereur, le sire de Gombronde, lieutenant du duc de Bourbon, saisissait Bar-sur-Seine, Ghâtillon et Ghamplitte. Le comte de Roussy, Antoine de Luxembourg, fils du connétable de Saint-Pol, maréchal et gouverneur de Bourgogne pour le duc Gharles, tenta vainement de s'opposer aux Français et se fit prendre à Guipy (auj. Nièvre, arr. de Gosne).
Roussy, mareschal de Bourgongne, le sire de Longy, le bailly d'Auxois, le sire de Lisle, l'enseigne du seigneur de Beauchamp, le filz du conte de Saint-Martin, messire Loys de Montmartin, messire Jehan de Digoigne, le seigneur de Rugny, le seigneur de Challigny, les deux filz monseigneur de Viteaux*, dont l'un est conte de Joigny, et autres; et fut ladicte destrousse ainsi faicte le mardi xx® jour de juing mil IIIPLXXV. Oudit moys de juing, nonobstant les lettres ainsi envoiées par mondit seigneur le connestable au roy, le roy ot nouvelles de l'empereur qu'il avoit fait refreschir ceulx de la ville de Nux, et d'icelle avoit mis hors tous les navrez et malades et les avoit avitaillez pour ung an entier et mis gens tous nouveaulx^, et partant mis ledit de Bourgongne à sa croix de par Dieu^ et que avecques ce avoit gaignée grande quantité de son artillerie, sa vaisselle d'argent et autres bagues.
1. Claude de Montagu, chevalier, seigneur de Couches, d'Époisses, etc., chevalier de la Toison, épousa Louise de la Tour; Girard de Longvy, seigneur de Pagny, Givry, etc., épousa Jeanne de Neufchàtel; Jean Damas, seigneur de Digoine, etc., chevalier de la Toison, bailli de Maçonnais, épousa Claudine de Saint- Amour; Guillaume d'Appelvoisin, seigneur de Chaligny, etc., épousa Iseut de Linières. Charles de Ghalon, chevalier, hérita vers 1467 du comté de Joigny, qui appartenait à son oncle Guy de la Trémoille. Son père, Jean de Chalon, frère de Louis II, prince d'Orange, était seigneur de Vitteaux. Il épousa successivement Jeanne de la Trémoille et Marie d'Enghien.