Lisez : XIV^ jour d'août
2. Lihons- en -Santerre est aujourd'hui dans le dép. de la Somme, arr. de Péronne.
3. Les Anglais, trompés par le duc de Bourgogne et reçus à coups de canon par le connétable, qu'ils croyaient devoir « sonner les cloches à leur venue et porter la croix et l'eau bénite au devant d'eux », découragés en outre par le mauvais temps et le manque de vivres, accueillirent aisément les propositions d'arrangement de Louis XI. Le 13 août, les ambassadeurs des deux rois se rencontrèrent près d'Amiens et tombèrent d'accord sur les termes d'un traité (Commynes, éd. Dupont, I, 345-356).
4. Louis XI était à Amiens depuis le 25 août. Dès le 19, le duc de Bourgogne étant accouru de Luxembourg à Saint-Ghristsur-Somme pour rompre les négociations qu'il savait entamées entre les Anglais et le roi de France, Edouard IV lui répondit qu'il venait de conclure avec les Français une trêve de sept ans
bon, monseigneur de Lion et autres nobles hommes, cappitaines, gens d'armes et de traict, officiers et autres gens en moult grant et merveilleux nombre, que bien on estimoit estre c™ chevaulx^ pour tous aler à Piquegny^. Auquel lieu le roy Edouart d'Angleterre vint parler au roy, et en amena avecques lui son avant garde et arrière garde, qui demoura en bataille près dudit Piquegny. Et, dessur le pont d'icellui Piquigny, le roy avoit fait dresser deux appendis de bois, l'un devant l'autre, dont l'un estoit fait pour le roy et l'autre pour le roy d'Angleterre. Et entre lesdiz deux appendis y avoit une cloison de bois, dont la moitié par hault estoit treillissée, tellement que chascun des deux roys povoient mettre leur bras par dedens ledit treillis^. Et en l'un desdiz appentis vint et arriva le roy tout le premier, et, incontinent qu'il y fut arrivé, s'en party ung baron d'Angleterre, ilec attendant la venue du roy, qui ala dire audit roy d'Angleterre que le roy estoit ainsi arrivé. Lequel roy
et lui offrit de l'y faire comprendre. — Pendant les trois jours qui précédèrent l'entrevue de Picquigny, Louis XI fit faire grande chère aux Anglais aux portes d'Amiens (Ibid., Preuves, III, 306, et I, 361-363).
1 . Ce chiffre serait fort exagéré, même si l'on comptait toutes les troupes françaises cantonnées en Picardie. Or, Gommynes, présent à l'entrevue de Picquigny, dit que « la quarte partie de l'armée du roi n'y estoit pas » (éd. Dupont, I, 373).
2. « A trois lieues d'Amyens, ung fort chasteau qui est au vidasme d'Amyens, combien qu'il avoit esté bruslé par led. duc de Bourgongne. La ville est basse et y passe la rivière de Somme, laquelle n'est point gueable et en ce lieu n'est point large » (Ibid., I, 368).
3. Un fort treillis en bois « comme l'on faict aux caiges de cea lions » (Ibid., I, 369).
d'Angleterre, qui estoit en son parc, loing d'une bonne lieue dudit Piquigny, acompaigné de xx"" Anglois bien artillez dedens sondit parc, s'en vint incontinent audit lieu de Piquigny audit apentis, qui lui estoit appareillé, et amena seulenaent avecques lui, pour l'atendre au joignant d'icellui appentis, vint des lances de sadicte compaignie, qui ilec furent et demeurèrent dedens l'eaue à costé dudit pont par tout le temps que le roy fut et demoura en icellui appentiz^. Durant lequel temps vint moult grande et merveilleuse pluye, qui fist moult de mal et perte aux seigneurs et gentilzhommes du roy, à cause des belles housseures et nobles habillemens qu'ilz avoient préparez pour la venue dudit roy Edouart d'Angleterre 2. Et lequel roy d'Angleterre, quant il vit et apperceut le roy, il se gecta à ung genoil à terre, et depuis par deux foiz se y gecta avant que arriver au roy, lequel le receut bien benignement et le fîst lever ^ ; et parlèrent bien ung quart de heure ensemble, es présences de mesdiz seigneurs de Bourbon, Lion, et autres seigneurs et gens des finances que le roy avoit fait ilecques venir jusques au nombre de cent^. Et puis, après ce qu'ilz orent parlé
1. Interpolations et variantes, § GXVI. — Il avait été convenu que chacun des deux rois n'aurait avec lui que douze personnes sur le pont.