‹ Journal (volume 2)Chapitre 24 sur 163 · Et chancelier de l'église de Paris · texte numérisé non relu

Et chancelier de l'église de Paris

2. La reine était ou croyait être alors enceinte, comme on l'a vu plus haut.

3. C'est à Saint-Pourçain (AlUer), où il séjourna une douzaine de jours à la fin de mai et au commencement du mois suivant, que Louis XI reçut, non sans répugnance, la -visite de la duchesse de Bourbon sa sœur, et celle de M™« de Bourbon l'aînée, Agnès de Bourgogne (Vaesen, Lettres de Louis XI, II, 312 et suiv.). Ajouta-t-il plus de foi à la sincérité des ouvertures que son ancien favori, Jacques d'Armagnac, et Pierre d'Amboise, seigneur de Ghaumont, lui apportèrent de la part du duc Jean? Oui, sans doute, car il ne leur pardonna pas de l'avoir trompé. Le 29 mai, il croyait encore que Bourbon viendrait en personne à Varennes-sur- Allier apporter sa soumission (Vaesen, Lettres de Louis II, n, 3111; mais la trêve consentie par Louis XI, « en espérance de bon appointement » et à la condition expresse que l'accès du Bourbonnais serait interdit aux Bourguignons, fut aussitôt violée par Jean II, qui hâta la marche du contingent envoyé par le maréchal de Bourgogne et fit ouvrir à ses alliés les portes de Moulins. Dès qu'il fut assuré de leur arrivée, il

Oudit temps, fut ordonné en l'ostel de la ville de Paris que les portes de Saint-Martin, Montmartre, le Temple, Saint-Germain des Prez, Saint-Victor et Saint- Michel seroient toutes murées et qu'on feroit guet de nuit dessus les murs d'icelle ville.

Oudit temps, fut envoyé mettre le siège devant Saint- Morisse, tenu et ocupé par l'adveu dudit conte de Dampmartin^ A tenir lequel siège y estoit le bailly de Sens, nommé messire Charles de Meleun et plusieurs communes^ avecques lui. Et encores y fut de rechef envoyé Anthoine, bailly de Meleun^, qui y mena avecques lui aucuns archers et arbalestriers dudit lieu de Paris. Et, tantost après que ledit de Meleun et iceulx archers et arbalestriers furent ainsi arrivez devant ladicte place, ceulx dudit Saint-Morisse se rendirent par composition et baillèrent ladicte place.

Oudit temps aussi, advint que ung nommé maistre Loys de Tilleres, notaire et secrétaire du roy, et trésorier de Garcassonne et grenetier de Selles en Berry, qui estoit serviteur de messire Anthoine de Ghasteauneuf, seigneur du Lau^, fut tué, par maie fortune, d'un archer

quitta en hâte Varennes et courut à Moulins, qu'il abandonna peu de jours après pour se porter au sud à la rencontre du comte d'Armagnac (Ibid., 317 et suiv.).

1. Voy. Interpolations et variantes, § IX. — Saint-Maurice-sur- Tholon, aujourd'hui dép. de l'Yonne.

2. C'est-à-dire des milices fournies par les communes, des francs-archers,

3. Antoine, frère cadet de Charles de Melun, chevaher, seigneur de la Borde-le-Vicomte après la mort de son père Philippe de Melun.

4. Antoine de Castelnau, chevalier, seigneur du Lau, etc., conseiller et chambellan du roi, grand bouteiller de France, grand sénéchal de Guyenne (1466), fut l'un des principaux favo-

qui essaioit ung arc, duquel il tiroit une flesche contre ung huis qui estoit devant lui, à l'eure que ledit maistre Loys ouvroit, et lui vint passer la flèche tout au travers du corps. Et incontinent s'en ala getter dessus une couchete estant en la chambre, dessus laquelle il rendit l'ame à Dieu incontinent après.

Et, le jour Saint Jehan Baptiste, xxnn® jour de juing, aucuns qui se baignoient à leurs plaisances en la rivière de Seine, par maie fortune, se noierent. Et, pour cause de ce, fut crié par les carrefours de Paris que de là en avant nul ne feust si hardi de soy aler plus baigner en ladicte rivière, et que chascun tenist de jour devant son huis ung seau d'eaue, sur peine de prison et de lx sous parisis d'amende^.

Et, le lendemain, xxv® jour dudit moys de juing, fut ordonné en ladicte ville de Paris que toutes les chaynes des rues de ladicte ville seroient abatues et laissées gésir sur terre es lieux où elles sont ordonnées, pour estre toutes prestes, et regardé là où il y avoit faulte, pour les amender et y pourveoir à les trouver toutes prestes, quant besoing en seroit : ce qui fut fait. Et si fut aussi ordonné et enjoinct à ung chacun de ladicte ville qu'ilz se armassent et eussent provins de Louis XI avant le Bieu-Public. Disgracié pour le rôle louche qu'il joua à cette époque, et arrêté ainsi qu'on le verra plus loin, il réussit à s'échapper. Il rentra en grâce, exerça les fonctions de sénéchal de Beaucaire et de î^îmes et mourut entre le 19 août et le 7 octobre 1484 (Voy. Vaesen, Catalogue du fonds Bourré, p. 167, note).

1. On trouve au Livre rouge vieil du Chàtelet (Arch. nàt., Y^, fol. IX" vm v°) le texte d'un semblable « cry de non baigner en la rivière de Saine et de mettre de l'eaue à l'uys, pour la chaleur du temps » (Premières années du xv« siècle).

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sion d'armeures, chacun selon son estât, pour la garde de ladicte ville et pour estre tous prestz quant mestier en seroit, et ce par cedules envoiées de par ladicte ville à ung chacun particulier.

Oudit temps, tous Bourguignons, Picars et autres nacions, de l'obéissance et soubz la conduite dudit monseigneur de Charrolois, marchèrent tant en France (ju'ilz vindrent et arrivèrent jusques à Pons Saincte- Maixence, qu'ilz trouvèrent moien d'avoir, et que ung nommé Madré, qui en estoit capitaine pour maistre Pierre L'Orfèvre, seigneur d'Ermenonville, leur bailla par composicion et argent qu'il en print dudit seigneur de Charrolois^. Et, à ceste cause, vindrent et passèrent parmy l'isle de France, qui par les dessusdiz fut fort dommagée, non obstant qu'ilz disoient partout où ilz passoient qu'ilz venoient pour affranchir le pays de France et pour le bien publique.

Et, incontinent après ledit passage fait audit Pont Saincte-Maixence, lesdiz Bourguignons orent la place de Beaulieu, qui longuement avoit tenu contre iceulx Bourguignons par aucuns de la charge et compaignie de Joachin Rouault, qui s'en alerent par composition, eulx et leurs biens saufz^.

1. Gharolais, laissant sur sa gauche Noyon occupé par Rouault, parvint le 28 juin, par Ressons, Saint-Remy et Fresnoy, à Pont- Sainte-Maxence, où le sire de Hautbourdin s'était introduit trois jours avant, « ains que ceulx de la ville en sceuissent riens » (Du Glercq, IV, 152).

2. C'est par erreur que le comte de Gharolais annonçait le 7 juin aux magistrats de Malines la prise de Beaulieu, « à deux lieues de Nosles, une belle et forte place » (Gommynes, éd. Dupont, III, 219). Beaulieu se rendit le 24, quand le comte lui-même y eut tenu le siège pendant quatre jours (Gommynes, éd. Lenglet, II, 183). La place appartenait au seigneur de Nesles, A l'approche

Et lesdiz Bourguignons, ainsi venus en ladicte Isle de France, s'espandirent en divers lieux en icelle et y prindrent Dampmartin, NantouUet, Villemonble et autres menues places ^ et puis alerent à Laigny sur Marne, où ilz firent plusieurs explois comme de ardre et brûler tous les papiers qu'ilz trouvèrent sur le fait des aides, et ordonnèrent en ladicte ville que tout y seroit franc. Et si ordonnèrent que le sel qui estoit ou grenier dudit lieu pour le roy feust baillé et distribué à tous ceulx qui en vouldroient avoir, en paiant le droit du marchant seulement^.

Et, le dimenche, derrenier jour dudit moys de juing, oudit an LXV, Joachin Rouault, mareschal de France, à tout cent et dix lances, vindrent et arrivèrent en la ville de Paris pour la garde d'icelle, combien qu'il n'en estoit gueres de mestier, car les habitans d'icelle, qui tous estoient bien unis et loyaulx au roy, estoient assez souffisans pour ladicte garde d'icelle ville ^.

des Bourguignons, les défenseurs du château mirent le feu aux maisons d'alentour « et ardirent le plus beau et le meilleur de la "Ville. » Ils ne se rendirent, vies et bagues sauves, qu'après une forte canonnade (Du Glercq, IV, 152).

1. Interpolations et variantes, § X. — Dammartin-en-Goële et Nantouillet sont auj. dans le dép. de Seine-et-Marne, arr. de Meaux; Villemomble est dans le dép. de la Seine, cant. de Vincannes.

2. A en croire Maupoint {Journal, p. 54), ce serait le 30 juin que Lagny fut livré aux Bourguignons, mais le sire d'Hennin, qui faisait partie de leur avant-garde, dit qu'il quitta cette ville le 25 de ce mois (Barante, Histoire des ducs de Bourgogne, éd. Reiffenberg, t. VI, p. 423). Un nommé Jean Guignon, procureur du roi à Lagny, fut accusé plus tard d'y avoir introduit l'ennemi, mais réussit à établir son innocence (Bibl. nat., ms. fr. 2921, fol. 96).

3. Le maréchal n'avait pu, « parce qu'il avoit peu de gens, »

Oudit temps, le roy, qui estoit oudit pays de Bourbonnoys, mist le siège devant Riom en Auvergne, dedens laquelle y estoient mondit seigneur le duc de Bourbon, le duc de Nemoux, le conte d'Armignac\ le seigneur d'Albret et autres. Et avoit le roy devant ladicte ville la plus belle et noble armée qui onques fut gueres veue, car il y avoit de bonnes gens de guerre et de grant façon xxim™ hommes et mieulx^.

Et, après que ledit siège ot esté ainsi mis devant ladicte ville de Riom, et voiant à Paris que lesdits

arrêter la marche du comte de Gharolais sur Paris (Gommynes, éd. Dupont, I, 21). Maupoint dit qu'il fit entrer dans la capitale 400 hommes d'armes « bien montés et de grant courage » (Journal, p. 93).

1. Jacques d'Armagnac, comte de la Marche et de Castres, duc de Nemours, fils de Bernard, comte de la Marche, et d'Éléonore de Bourbon, naquit vers 1433 et mourut sur l'échafaud le 4 août 1477. Il avait épousé, par contrat du 12 juin 1462, Louise d'Anjou, fille de Charles, comte du Maine (Voy. Jacques d'Armagnac, duc de Nemours..., etc., dans la Revue historique, 1890). — Jean V, comte d'Armagnac, succéda à Jean IV, son père, le 5 septembre 1450 et périt à Lectoure le 6 mars 1473 (Voy. Jean V d'Armagnac, etc., article cité de la Re\)ue historique, 1888). — Charles II, seigneur d'Albret, fils de Charles I" et de Marie de Sully, mourut en 1471.

2. Le 21 juin, les ducs de Bourbon et de Nemours, le comte d'Armagnac et le sire d'Albret avaient tenté d'arrêter la marche de l'armée royale en faisant présenter à Louis XI des propositions d'accommodement qu'il ne jugea pas acceptables. Effrayé par la réponse du roi, Bourbon se déroba encore une fois et s'enfuit de Riom à Thiers et à Moulins. Il n'était donc plus à Riom quand Louis XI concentra ses forces aux environs de cette ville (22 juin). L'effectif attribué ici à l'armée royale doit être exact, car Maupoint (Journal, p. 53) l'estime à 2,000 lances et 18,000 francs archers au début de la campagne, soit une trentaine de mille hommes, dont il faut défalquer les garnisons que Louis XI avait semées dans les nombreuses places qu'il avait occupées chemin faisant.

Bourguignons approuchoient de ladicte ville, fut ordonné et establi en icelle ville de Paris ung grant guet de cheval, qui aloit toutes les nuiz sur les murs et en ladicte ville, depuis l'eure de mienuit jusques au jour apparant, pour la conduite duquel guet y avoit cappitaines ordonnez par icelle par chacune nuit de gens de façon d'icelle. Ouquel guet estoient ordinairement de vm^^ à n<^ chevaulx, aucunes foiz plus et à l'autre foiz moins.

Et, le lundi second^ jour de juillet, oudit an, maistre Jehan Balue, evesque d'Evreux, fist le guet de nuit parmy ladicte ville, et mena avecques lui la compaignie dudit Joachin Rouault, avecques clerons, trompetes et autres instrumens sonnans, par les rues et sur les murs, qui n'estoit pas acoustumé de faire à gens faisans guet.

Et, le mercredi iiii^^ jour dudit moys de juillet, oudit an LXV, le roy, estant devant ledit heu de Riom, escripvy à messire Charles de Meleun, son lieutenant audit heu de Paris^, audit Joachin, et ausdiz habitans de Paris, par sire Jehan de Harlay, son chevalier du guet audit lieu de Paris ^ : par lesquelles

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