‹ Journal (volume 2)Chapitre 29 sur 163 · Lisez lA'A · texte numérisé non relu

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4. Voy. plus loin, à l'année 1477, la fin tragique de ce personnage.

5. Il s'agit ici de Jacques de Luxembourg, seigneur de Richebourg, mort le 20 août 1487.

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maçon rapporta response desdictes lettres à ladicte femme dudit maistre Odo, qui avoit gaigné par chacun jour qu'il avoit vacqué à aler audit lieu d'Estampes et retourner à Paris ii sous parisis par chacun jour. Pour lequel cas, ledit aide à maçon fut aussi condempné à mourir, et fut noyé au devantdit lieu après les autres dessus nommez. Et, le lendemain, fut fait commandement à icelle femme dudit maistre Odo de wider hors de la ville de Paris, ce qu'elle fîst, et s'en ala à Saint- Anthoine des Champs hors Paris \ où tousjours depuis s'est tenue jusques à ce que l'appoinctement fut fait entre le roy et les princes et seigneurs, qui depuis vindrent à Saint-Mor, Gonflans^ et devant Paris.

Et, après que ladicte rencontre ot ainsi esté faicte audit lieu de Montlehery, lesdiz princes tous ensemble ainsi estans contre le roy, que dit est, furent et demeurèrent ensemble, se mirent audit lieu d'Estampes et s'i tindrent par l'espace de quinze jours ^. Et après se des-

1. Fondée vers la fin du xir siècle, cette célèbre abbaye était située au delà de la porte Saint-Antoine.

2. Auj. Gonflans-l'Archevêque, dép. de la Seine, comm. de Gharenton, au confluent de la Marne et de la Seine.

3. loe 17 juillet, lendemain de la bataille, le comte de Charolais demeura à Montlhéry, où ses gens affamés trouvèrent encore quelques vivres. « Croyez, dit Hennin, que plusieurs d'eulx n'attendoyent point la moustarde! » Les chevaux n'avaient pas été débridés depuis quarante-huit heures! — Le 18, le comte coucha à Châtres (Arpajon) et le lendemain à Étampes, où il reçut des nouvelles des Bretons. Robinet du Ru, écuyer, qui avait la garde de la tour d'Étampes, la rendit à la première sommation, et avec elle une partie des bijoux de Louis XI, qui avaient été déposés là avant la bataille (Hennin, dans ouvr. cité, p. 436, et Mélanges historiques, II, 353). Le 21, les ducs de Berry et de Bretagne apparurent enfin, non sans provoquer les railleries des « Charolais », qui ne se gênaient pas pour dire que leurs alliés eussent

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logèrent et prindrent le chemin par devers Saint-Mathelin de l'Archant, xMoret en Gastinois*, Provins et le pays d'environ. Et, quant le roy en ot oy les nouvelles, il envoya à Meleun, Monstereau et à Sens et autres villes d'environ des gens de guerre et de l'artillerie pour garder lesdiz lieux et pour faire des saillies sur les dessusdiz quant ilz verroient leur avantage^.

Et le samedi, tiers jour d'aoust, oudit an LXV, le roy, aiant singulier désir de faire des biens à sa ville de Paris et aux habitans d'icelle, remist le im® du vin vendu à détail en ladicte ville au \aii®, et voult que tous privilégiez peussent joyr de leurs privilèges tout ainsi qu'ilz avoient fait durant la vie dudit defunct roy Charles. Et, en oultre, ordonna toutes les impositions qui avoient cours en ladicte ville estre abatues, fors et excepté les denrées de six fermes vendues en gros en icelle ville, c'est assavoir les fermes de la busche, du pié fourché, 'le drap vendu en gros, le vin en gros, le poisson de mer et ^. Et, cemesmesjour, ces choses

mieux fait de ne pas venir du tout que d'arriver après la bataille (Hennin, ouvr. cité. Cf. Lenglet, II, 484 et 487). Le 24, François II, duc de Bretagne, confirma et renouvela son alliance avec le comte de Gharolais contre le roi (voy. le texte dans Lenglet, II, 490, et les considérants audacieusement menteurs qui l'accompagnent). Après quinze jours perdus à Étampes (« quae repausatio... non parum damnosa atque incommoda exstitit, » dit Basin, II, 122), les alliés se remirent en route le 31 juillet (Commynes, éd. Lenglet, II, 183; éd. Dupont, I, 58 et suiv.).

1. Saint-Mathurin-de-Larchant est auj. Larchant (Seine-et- Marne, arr. de Fontainebleau). — Moret-sur-Loing (même arr.).

2. Et surtout pour défendre le cours de la Seine, sur lequel ces trois villes sont situées.

3. « Les aides comprenaient essentiellement deux taxes, l'une d'un huitième ou d'un quart sur le prix de vente des vins et autres boissons et l'autre d'un vingtième sur le prix de vente de certains

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furent publiées à son de trompe par les carrefours de Paris, en la présence de sire Denis Hesselin, esleu sur le fait des aides à Paris. Et, incontinent après ledit cry, tout le populaire, oyant icellui, crioient de joye et de bon vouloir Noël. Et en furent faiz les feux parmy les rues^.

Et, le dimenche ensuivant, quart jour d'aoust, Reve-

objets de consommation (bétail à pied fourché, draps, poissons, bois) » (Jacqueton, Documents relatifs à l'administration financière cités, p. vin). L'ordonnance du 3 août 1465, dont le texte est reproduit au tome XVI de la collection des Ordonnances, p. 341 et suiv., détaille encore nombre d'autres denrées sur lesquelles un impôt était perçu au grand déplaisir des Parisiens. — Le blanc laissé par notre auteur est ditiicile à remplir; il faut sans doute n'en pas tenir compte et lire plus haut cinq fermes au lieu de six. — Le 30 juillet, Louis XI avait, suivant Maupoint [Journal, p. 58), restitué aux gens d'Église, Université, nobles et officiers royaux à Paris une franchise qu'il leur avait enlevée en 1461, celle de pouvoir vendre du vin au détail sans payer le quatrième. 1. Maupoint témoigne de la satisfaction avec laquelle on accueillit cette ordonnance, car, dit-il, auparavant il n'y avait pas à Paris moins de soixante-six fermes, dont les habitants de la ville et des faubourgs étaient fort travaillés {Journal cité, p. 60). — Sur la biographie de Denis Hesselin, né vers 1425, mort après 1506, élu sur le fait des aides dès le 3 août 1456 (Arch. nat., LL 729, fol. 163), panetier du roi, puis prévôt des marchands (1470-1474), clerc et receveur de la ville de Paris (1474-1500), il y a peu de chose à ajouter à ce qu'a dit M. Vitu, qui a considéré, à tort selon nous, ce personnage comme l'auteur de la Chronique Scandaleuse (La Chronique de Louis XI, etc., citée. Cf. l'Introduction à la présente édition). Denis Hesselin paraît avoir épousé Jeanne de Torrettes. Une minute de Bourré (Bibl. nat., ms, fr. 20494, fol. 50) nous apprend qu'à une date qui n'est pas précisée, Hesselin rendit à Louis XI « ung balay (rubis) cabochon sur le quarre, à une belle face plate et une grosse fosse d'un des costez, pesant vi^^xui karaz et demy, » que Charles V avait remis jadis à feu Jacques de Lallier, Germain Vivien et autres, pour gage d'un prêt de 5,001 1. Il s. 8 d. t.

rend Père en Dieu maistre Jehan Balue fut sacré à evesque d'Evreux en l'église Notre-Dame de Paris. Et, ce mesmes jour, le roy souppa en l'ostel de son trésorier des finances, maistre Estienne Chevalier.

Et, le mardi ensuivant [6 août], fut exécuté es haies de Paris ung jeune compaignon nommé Pierre Gueroult, natif de Lesignen, et ilec escartelé par la sentence du prevost des mareschaulx, pour occasion de ce qu'il avoit confessé estre venu de Bretaigne à Paris, et ilec envoie de l'ordonnance du duc de Bretaigne pour dire et advertir le roy que plusieurs cappitaines et chefz de guerre de son ordonnance et retenue estoient à lui contraires, pour et afin de mettre dissencion entre le roy et lesdits gens de guerre, et aussi pour accuser aucunes notables personnes de Paris de non estre à lui feaulx; et avecques ce pour espier et regarder quelz gens de guerre et puissance le roy avoit, pour tout ce que dit est le rapporter ausdiz princes et seigneurs au roy contraires, pour mieulx et plus aisieement exécuter contre lui leur dampnée entreprinse. Et, pour ledit cas, fut ainsi exécuté que dit est, ses biens et heritaiges au roy acquis et confisquez.

Oudit temps, lesdiz Bretons et Bourguignons passèrent les rivières de Seine et Yonne par bateaulx qu'ilz trouvèrent à Moret en Gastinois et ailleurs. Et, audit passage faisant se y trouva Salezart et aucuns de la compaignie de Joachin Rouault pour cuider empescher ledit passage, mais ilz n'estoient que peu de gens et sans artillerie, et les ennemis du roy en avoient largement, par quoy les convint reculer et retraire. Et, audit passage, fut tiré par lesdiz Bretons contre lesdiz gens du roy une serpentine, qui d'un cop emporta le

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bras d'un page, et après vint fraper un gentilhomme nommé Painabel, parent dudit Joachin Rouault, tout parmy le petit ventre, et en après en tua trois autres hommes de guerre'^.

Et, le jeudi ensuivant, vm® jour d'aoust, monseigneur de Pressigny, conseiller du roy notre sire et président en sa chambre des Comptes à Paris % et Ghristofle Paillart, aussi conseiller dudit seigneur en sadicte chambre, que le roy a voit envolez pardevers le duc de Calabre, qu'ilz trouvèrent ou pays de l'Auxerrois, pour lui porter lettres de par le roy, s'en retournèrent à Paris pardevers le roy, à toute la response qu'ilz avoient eu dudit de Calabre ^.

1. Suivant Maupoint (Journal, p. 59), les princes tentèrent de traverser la Seine, le 1" août, au pont de Samois, mais les Français avaient rompu le pont et s'opposèrent au passage. C'est le dimanche 4 août que les alliés réussirent à franchir la rivière à Moret (voy. le récit de Gommynes, éd. Dupont, I, 58 et suiv.). L'objectif des princes était de tendre la main au duc de Calabre, qui arrivait de l'est par l'Auxerrois et rejoignit ses alliés le 8 août. Ils demeurèrent à Saint-Mammès, en Brie, jusqu'au samedi 10 (Maupoint, Journal, p. 60).

2. Bertrand de Beauvau, chevalier, seigneur de Précigny, reçut des lettres de provision pour l'office de premier président aux Comptes en date de Chinon, le 6 juin 1462, avec le titre de garde et grand conservateur du domaine royal (Ordonnances, t. XV, p. 492 et suiv.). Il mourut en 1474.

3. Ils avaient apporté aussi à Jean d'Anjou, duc de Calabre et de Lorraine, une lettre que le roi René, son père, lui écrivait pour le détourner de combattre Louis XI (Commynes, édit. Lenglet, U, 423). Maupoint attribue l'aniraosité dont le duc de Calabre ût preuve à l'égard du roi de France au fait que ce dernier avait, au début de son règne, contracté alliance avec le roi Don Juan, compétiteur de Jean d'Anjou au trône d'Aragon (Journal cité, p. 51). Le prétexte paraît léger, étant donné que Louis XI

Et, le samedi ensuivant, x® jour dudit moys, le roy s'en party de Paris pour aler à Rouen, Evreux et autres lieux en Normandie, et ala ce jour à Pontoise. Et, à son parlement de Paris, ordonna plusieurs frans archers qui estoient venus dudit pays de Normandie, et environ iiif lances des compaignies de feu Floquet, du conte de Boulongne, de feu Geoffroy de Saint-Belin, du seigneur de Graon* et du seigneur de la Barde estre et demourer à Paris pour la tuicion et garde de ladicte villes

Et, ledit jour du parlement du roy, se tint et assembla ung grant conseil en l'Ostel de ladicte ville de Paris. Et, en icellui tenant, vint et arriva audit conseil ung gentilhomme de par le roy, nommé le seigneur de Buisset, qui vint dire à tout le conseil ainsi assemblé que le roy leur mandoit de par lui qu'il avoit changié propos, et que le mardi ensuivant il seroit de son retour audit lieu de Paris^.

Et, au regard desdiz frans archers de Normendie,

avait promis à son cousin, pour son fils Nicolas, marquis de Pont, la main d'Anne de France, sa fille, et que le duc avait touché déjà, en tout ou en partie, la dot de 100,000 écus d'or que le roi donnait à sa fille (Bibl. nat., ms. fr. 26088, n* 181. Quittance sur parchemin signée Jehan).

1. Georges de la Trémoille, seigneur de Graon, de Jonvelle, etc., comte de Liguy, chevalier de l'Ordre, mort en 1481, était fils de Georges de la Trémoille et de Catherine de l'Isle-Bouchard et avait épousé Marie de Montauban. — Bertrand VI de la Tour, comte de Boulogne, avait servi vaillamment Charles VU. Il mourut le 26 septembre 1494.

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