‹ Journal (volume 2)Chapitre 57 sur 163 · Auj. dans le dép. de l'Eure, cant. de Fleury-sur-Andelle · texte numérisé non relu

Auj. dans le dép. de l'Eure, cant. de Fleury-sur-Andelle

2. Le duc de Bourbon avait envoyé de Dreux à Rouen un message au duc de Normandie pour l'aviser de la mission qu'il avait reçue d'aplanir amiablement toutes les dillicultés qui pouvaient exister entre le roi et son frère, comme entre les ducs de Normandie et de Bretagne. En réponse, Charles de France fixa au duc de Bourbon un rendez-vous à Louviers; il attendit là vainement pendant deux jours son ancien allié, puis rentra à Rouen (Basin, II, 152 et suiv.). '

3. C'est le l*"" décembre au matin que fut célébré à la cathédrale de Rouen le mystère de l'institution du duc de Normandie (Beaurepaire, Notes sur six voyages de Louis XI à Roueti citées, p. 324). La messe fut dite par Louis de Harcourt, patriarche de Jérusalem. Après l'épitre, le duc fit le serment accoutumé ; puis Thomas Basin, évêque de Lisieux, lui mit au doigt l'anneau et l'épousa au nom du duché. Le comte de Tancarville, con-

choses faictes, lui fut dit et remonstré par les gens d'église, les nobles, bourgois et populaire d'icelle ville, qu'ilz se rendoient et demouroient du tout ses vrais et loiaulx subgetz, tous bien délibérez de vivre et mourir pour lui et jusques au derrenier homme. Et puis lui firent lire ung article contenu en une cronique, qui estoit en l'ostel d'icelle ville publiquement devant tous, qui contenoit en effect que jadis y ot ung roy de France qui mourut, et après son trespas demoura deux filz, dont l'un par ainsnéesse succéda à la couronne et à l'autre fut baillé pour son appanage la duchié de Normendie, que depuis ledit roy de France volt ravoir, et en print guerre contre son frère et ceulx de ladicte duchié, qui la tindrent bonne, et oultre pour leurdit duc guerrierent tellement ledit roy de France que par leur puissance d'armes ilz mirent en exil ledit roy de France et firent leurdit duc roy. Et, après ladicte lecture, lui dirent qu'il ne se soussiast de riens et que, de là en avant, ceulx de ladicte ville le fourniroient dedens icelle et dessus leurs murs d'engins et autres choses defensables et de tout ce que neccessité leur seroit d'avoir, tellement que aucun dommage ou esclandre ne leur en viendroit * .

nétable héréditaire, lui ceignit l'épée, et le comte de Harcourt, maréchal, présenta la bannière. — En 1469, lorsque la question de l'apanage de Charles de France fut réglée par l'abandon que Louis XI lui fit du duché de Guyenne, le comte de Saint- Pol fut envoyé à Rouen par le roi avec l'anneau ducal que Charles avait conservé jusque-là. Cet anneau fut solennellement brisé, et les fragments en furent rendus à l'émissaire du roi (Ganel, art. cité, p. 33).

1. L' « article » dont il s'agit ne fut pas, semble-t-il, lu « pubUquement devant tous, » mais le manuscrit de la chronique remis I 12

Et le lundi, penultime jour de décembre, oudit an, le roy, en retournant dudit bas pays de Normendie, vint au Pont Audemer et de là en la champaigne de Neufbourg^ et envoya mondit seigneur de Bourbon devant Louviers-. Et, le mercredi ensuivant, premier jour de janvier, ladicte ville de Louviers fut rendue à

au comte d'Harcourt fut porté au nouveau duc, qui en prit connaissance et le rendit le même jour aux échevins de Rouen (28 décembre 1465). Ce manuscrit existe encore; de la bibliothèque des échevins il a passé, au xvu* siècle, dans celle de Golbert, et il porte actuellement le n° 2623 des mss. français à la Bibliothèque nationale. C'est un superbe volume in-folio, sur vélin, de 115 feuillets, exécuté au xv° siècle et décoré de belles miniatures et d'arabesques (voy. Notice sur l'ancienne bibliothèque des échevins de Rouen, par Ch. Richard, dans Mémoires de l'Académie de RoueJi, 1845). Cette chronique normande s'arrête à la fin du xi« siècle. Les faits rapportés fort inexactement par la Chronique Scandaleuse sont relatés aux folios 19 à 27. Charles le Simple eut un fils, Louis IV d'Outremer, qui monta sur le trône de France après lui (936), et une fille, Gisèle, qui fut donnée en mariage au pirate RoUon, devenu chrétien et duc de Normandie (911). En 943, après la mort du duc Guillaume Longue-Épée, Louis d'Outremer tenta de reprendre le duché ; mais la résistance patriotique des Rouennais le contraignit à en investir le jeune Richard, fils de Guillaume. D'autres tentatives de conquête échouèrent également, et en 945 le roi Louis demeura quelque temps prisonnier à Rouen. Un traité intervint, dans lequel il fut stipulé que le duc de Normandie demeurerait paisible possesseur de son héritage et jouirait aussi de la seigneurie de Bretagne, « à tenir franchement et quittement. » (Nous devons ces indications à l'obUgeance de M. F. Bouquet, vice-président de la Société d'histoire de Normandie.)

1. 26 décembre 1465. Voy. Canel, art. cité p. 124. — Pont-Audemer est auj. un chef-lieu d'arr. du dép. de l'Eure; le Neubourg un chef-lieu de cant. du même dép., dans le petit pays qu'on nomme encore la campagne du Neubourg, à quelques kilomètres au nord d'Évreux.

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